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| | | Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation | |
| | Auteur | Message |
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Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Sam 14 Avr - 21:31 | |
| Je compte écrire l'histoire de mon personnage dans le cadre du jeu Fondation, et je vous donnerai ici les étapes de ma progression. N'hésitez pas à commenter mes textes en HRP, vos avis me seront précieux  . _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Sam 14 Avr - 21:45 | |
| L’Arkhonte Anudar Bruseis se laissait aller parfois à des moments d’introspection où les épisodes essentiels de sa jeunesse, si lointaine à présent, lui apportaient les éléments d’une compréhension nouvelle ; l’un des souvenirs les plus vivaces qu’il ait conservé de son jeune âge était celui de son départ pour l’université de Sterling, sur Trantor. La décadence de l’Empire, bien qu’alors encore peu visible, avait été perçue depuis près de deux cents ans par ceux de l’Ellada, qui en avaient tiré parti en rassemblant les descendants des sept nations sur Théra. Bien que soumise au contrôle d’un gouverneur de l’Empire, Théra était en peu d’années devenue un monde elladique ; et en dehors des enclaves impériales, la langue ancienne supplantait le standard.« Je ne souhaite pas aller sur Trantor, fit Anudar. Sa mère eut un soupir et son père détourna le regard.« Je veux étudier les sciences du vivant, continuait-il, et vous savez comme moi que les meilleures universités, en la matière, sont ici-même sur Théra. Pourquoi devrais-je aller apprendre la science inférieure de l’Empire ?_ Mon fils, dit son père, tu connais comme nous les raisons qui nous poussent à te faire partir… A quinze ans, tu n’es plus un enfant et tu peux comprendre ce qui nous motive. » Anudar secoua la tête. La science thérakienne faisait la preuve depuis cent cinquante ans de sa supériorité dans l’étude du vivant.« Nos ximmaques sont les seuls à savoir synthétiser l’hormèse, dit-il. Nul en Extérieur ne comprend les équations biomathématiques qui animent nos machines mimétiques, grâce auxquelles nous fabriquons ce précieux élixir de longévité… La Galaxie toute entière en réclame. Nous comprenons les secrets du vivant mieux que nul autre ne l’a fait avant nous… Trantor n’a rien à m’apporter._ Notre science biomathématique surpasse celle de l’Empire, c’est un fait, approuva sa mère. Cependant, il ne s’agit pas d’un avantage décisif pour notre peuple… Il faut apprendre la science impériale tant que c’est possible, si nous voulons que nos ximmaques, plus tard, soient à même de construire de nouveaux pentacontres, et entretenir nos centrales atomiques : pour le moment, nous sommes tributaires de l’Empire pour notre défense ainsi que, ce qui est plus grave, notre approvisionnement énergétique._ S’il me faut apprendre la science physique de l’Empire, fit Anudar, je peux aller le faire sur cette planète dont l’holovision a parlé il y a quelques temps… Cette Terminus est bien plus proche de Théra que Trantor. » Ses parents observèrent un long silence et il fronça les sourcils…« Mon fils, reprit sa mère, nous aimerions nous aussi t’envoyer au plus près, cependant… Il ne serait pas sûr pour nous de t’envoyer sur Terminus._ Mais pourquoi ?_ Il n’y a pas de liaison directe entre notre secteur de Persée et celui d’Anacréon où Terminus se situe, lui expliqua son père. A partir de Terminus, il faut prendre la route de Comporellon, où il est possible de prendre la route commerciale de Trantor à Santanni qui dessert Théra. Donc, malgré la proximité entre Terminus et Théra en termes de parsecs, le chemin vers Trantor est moins long._ Mais cela n’a pas de sens ! protesta l’adolescent. Père, nous avons notre propre cosmonef ! Le voyage direct vers Terminus, sans emprunter les couloirs de navigation impériaux, ne prendrait pas plus de quarante sauts hyperspatiaux. Quatre jours de voyage ! » Il éclata de rire.« Vous pourriez venir me chercher aux vacances ! Huit jours aller-retour pour vous, quatre pour moi, contre dix au moins vers Trantor !_ Le problème, mon fils, répliqua son père, c’est que le voyage direct n’est possible qu’en situation de calme diplomatique. Or, et c’est là ce que tu refuses de comprendre, il se pourrait bien que dans les années à venir, les secteurs à traverser pour joindre Terminus à Théra se changent en champs de bataille. » Anudar haussa les sourcils et entrouvrit la bouche en stupéfaction.« L’Empire fait respecter la paix, dit-il. _ L’Empire n’est pas éternel, fit sa mère. Tu n’es pas le seul à regarder l’holovision et, à ce qu’il nous semble, nous voyons des choses qui t’échappent dans les nouvelles du monde extérieur. _ Le secteur d’Anacréon connaît des temps troublés, ajouta le père. Une rivalité toujours plus grande oppose le préfet d’Anacréon avec ses sous-préfets de Smyrno, Konom et Daribow. Nous pensons, et nous ne sommes pas les seuls, que tôt ou tard l’un ou l’autre, ou plusieurs d’entre eux, déclareront leur indépendance vis-à-vis de l’Empire._ Jamais l’Empire ne l’accepterait, fit aussitôt Anudar. _ L’Empire s’affaiblit, et s’affaiblira encore, lui dit sa mère d’une voix douce. Je te rappelle que nous y comptons afin de pouvoir, un jour, nous libérer du pouvoir des gouverneurs impériaux. _ Lorsque le préfet d’Anacréon se révoltera, il sera sans doute imité aussitôt par ses sous-préfets… Ou bien ceux-ci, restés fidèles à l’Empire, tenteront d’intervenir contre lui, reprit son père. Dans tous les cas, il sera dangereux de circuler dans le voisinage d’Anacréon et donc, de Terminus. Nous avons certes un cosmonef familial mais il ne s’agit pas d’un bâtiment de guerre. Il sera bien trop risqué de voyager dans ces régions. » Ce fut au tour d’Anudar de soupirer.« Alors donc, j’irai étudier à Trantor, dit-il avec lenteur. _ La route entre Théra et Trantor restera sûre bien plus longtemps, approuva sa mère en lui souriant. Nous n’attendons pas de troubles politiques dans le secteur de Persée dans l’immédiat. » Quelques semaines plus tard, Anudar fut conduit au cosmoport de la Cité de Lyon, capitale elladique de Théra – la capitale planétaire où résidait le gouverneur impérial était, quant à elle, située sur un autre continent, dans la Cité de Néa-Antipolis. Un immense cosmonef de croisière thérakien assurait le transport des voyageurs sur la ligne Trantor-Santanni et les parents d’Anudar l’avaient sélectionné pour le voyage de leur fils. Pendant des millénaires, ceux de l’Ellada étaient restés dispersés dans la grande Galaxie, sans chercher à s’établir d’une façon durable sur les mondes de l’Empire, préférant la relative liberté des voyageurs de l’espace. Face à un Empire qui s’était imposé comme la seule grande puissance politique à même de gouverner l’ensemble des mondes de la Galaxie, et qui pour cela nécessitait des flux de transports interstellaires continus, des sociétés de transports spatiaux s’étaient constituées, se partageant le marché des lignes régulières en se livrant de véritables guerres économiques. Ceux de l’Ellada, pendant leurs longs millénaires d’errance, avaient conduit nombre de vaisseaux de transport désarmés – l’Empire se souvenait encore trop bien du génie stratégique des nations elladiques pour permettre à l’un d’entre eux de se constituer ne serait-ce que l’embryon d’une flotte de guerre. Au fil du temps, certains de ces capitaines étaient devenus dirigeants de certaines sociétés de transport interstellaire et, lorsque l’heure du rassemblement avait sonné pour l’Ellada, ces sociétés s’étaient fondues en une seule, l’Union des Libres Transporteurs Elladiques. Un demi-siècle après le Grand Rassemblement sur Théra, l’ULTE avait acquis un contrat portant sur le tiers du tonnage des échanges sur la ligne Trantor-Santanni, assurant ainsi une confortable prospérité à l’Ellada.« Mon fils, fit le père d’Anudar sans chercher à masquer son émotion, tu pars pour un monde que les nôtres ont toujours trouvé dangereux. Trantor est une dévoreuse d’êtres, qu’elle absorbe pour les changer à sa façon ; ne te laisse pas consumer par son éclat comme tant d’autres le font. Ses charmes ne sont pas empoisonnés mais ils t’attireront vers un autre avenir que celui porté par tes espoirs. » Anudar déglutit. C’était la première fois qu’il quittait son monde natal, son foyer, laissant sa famille derrière lui. Pour la première fois, il allait vivre isolé dans une culture qui ne serait pas la sienne. Pour la première fois, il aurait à écrire, parler et penser en standard plutôt qu’en elladique. Il embrassa ses parents puis souleva le sac de voyage rempli des quelques possessions qu’il ne pourrait acquérir sur place… en particulier, la petite idole kykladique remise par sa mère au terme de sa seconde désignation, quelques jours plus tôt. La cérémonie pendant laquelle il avait reçu le droit d’utiliser son nom patrilinéaire, Bruséis, avait été aussi solennelle que grave ; il avait eu de la peine à retenir ses larmes lorsque sa mère lui avait offert l’idole prise à l’autel familial : selon la tradition, l’objet de bronze issu de la plus haute antiquité représentait un avatar de la Verte Divinité, celle que les Anciens appelaient Gaïa.« Anudar ! l’appela sa mère cependant qu’il passait le seuil du couloir vers le cosmonef. Il tourna la tête, s’appuyant contre le montant de la porte pour équilibrer la lourdeur de son bagage, la regardant avec indécision.« Ne regrette rien, lui dit-elle au bout d’un moment. Ne rêve pas. _ Que le destin vous soit favorable, répondit-il. [HRP]N'hésitez pas à commenter  ![/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
Dernière édition par le Dim 15 Avr - 19:48, édité 3 fois |
|  | | Invité Invité

 | |  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Sam 14 Avr - 22:34 | |
| Merci, merci... La suite dans le courant de la semaine  . Pour les amateurs, n'hésitez pas à lire aussi les RPs écrits sur le forum de Fondation, voici l'adresse : http://www.forumfondation.free.fr/viewtopic.php?t=593Bonne lecture  ! _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 15 Avr - 19:47 | |
| Les rideaux se soulevèrent avec une lenteur empreinte de majesté, démasquant un spectacle qui arracha des soupirs aux voyageurs. Trantor, la capitale des vingt-cinq millions de mondes de l'Empire, bien qu'encore très éloignée, se livrait à leurs yeux dans toute sa gloire métallique. Anudar contempla le spectacle, bouche bée. Théra n'était plus guère le petit monde colonial voué à l'agriculture et aux espaces sauvages qu'elle avait été avant l'arrivée de ceux de l'Ellada, qui lui avaient donné son nouveau nom, et pourtant, il se rendait compte à présent qu'elle était bien loin d'égaler l'aspect puissant et redoutable de la planète-capitale.« Anudar ? l'appela quelqu'un. Il se retourna et vit s'approcher l'un des membres de l'équipage.« Ce soir, lui dit-il à voix basse. Anudar hocha la tête. L'autre lui avait parlé en elladique et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Ce soir, le partage serait célébré une fois de plus.Le capitaine du vaisseau de ligne l'avait pris en affection dès le premier saut.« Mon fils, lui avait-il dit, ma table est la tienne. Mon épouse et moi-même, nous aurons à coeur de te donner autant d'Ellada que nous le pourrons d'ici à Trantor. » Anudar avait ainsi partagé tous les repas du capitaine. La femme et l'homme faisaient partie de ceux qui gardaient encore les habitudes d'errance qui avaient marqué l'Ellada au fil des siècles ; âgés à présent, et sans enfants, ils s'attachaient vite à ceux qui venaient de la chère planète où avaient pris fin les millénaires de voyages sans fin. Le capitaine lui avait expliqué que le personnel elladique accomplissait la coutume ancienne la dernière nuit avant Trantor. Anudar réalisa une toilette minutieuse dans sa cabine, éliminant la moindre cellule morte de sa peau à l'aide de savon et d'une pierre ponce, avant d'aller s'allonger sur sa couchette, et d'attendre. Il entendit soudain un grattement à sa porte : c'était le signal promis par le capitaine. Il attendit quelques instants puis alla chercher le paquet abandonné devant son seuil avant de refermer sa porte ; il drapa enfin la longue tenue blanche autour de son corps puis se chaussa des sandales de bois qui avaient été enveloppées dans le tissu immaculé. Quelques instants plus tard, il y eut un deuxième grattement à sa porte et il sortit. Le capitaine, son épouse ainsi que quelques membres d'équipage, vêtus comme lui, l'attendaient en silence. Ils empruntèrent des couloirs de visite, hors de la vue des passagers noctambules, et gagnèrent ainsi la serre de renouvellement où se rassemblaient les autres. Là, au milieu de l'assemblée silencieuse, il y avait un autel de marbre dont le socle s'enfonçait dans le sol. A ses pieds, se trouvaient deux vases, l'un vide et l'autre rempli d'eau pure, ainsi qu'une corbeille pleine de grains d'orge. Les têtes se tournèrent cependant que le groupe d'Anudar s'approchait de l'autel, car à l'autre bout de la serre, deux officiants traînaient par une laisse un taureau blanc. Dans un silence absolu, le capitaine parvenu au plus près de l'autel enflamma un tison qu'il plongea dans l'eau du premier vase, puis il le secoua dans les quatre directions, aspergeant ainsi l'assemblée. Son épouse prit alors la parole.« Au nom du Nom, Et au nom de l'Être, Et au nom de la Verte Divinité, Nous gardons le souvenir des temps anciens. » Le capitaine souleva le vase d'eau et le renversa sur l'échine du taureau.« Il a frémi, certifia l'un des cinq assistants. Alors, le capitaine plongea la main parmi les grains d'orge, et en sortit un couteau de bois galba, dur comme le diamant, et au fil aussi affûté que l'acier.Plus tard, lorsque les os du taureau se furent consumés, que le sang recueilli dans le vase vide ait été déversé sur l'autel et que les viscères de l'animal aient été triées, puis embrochées pour être rôties, la viande fut mise à cuire cependant que l'assemblée dressait une table de banquet, à laquelle tous prirent place.« Ce soir, fit le capitaine du cosmonef, nous rejouons le partage de Prométhée pour célébrer l'un des nôtres. » Il tendit la main vers Anudar.« Ce garçon ira étudier sur Trantor. A présent qu'il atteint l'âge où les enfants cessent d'être des enfants, il peut prêter le Serment. » Anudar se leva de sa chaise et prit une inspiration profonde. Le capitaine lui avait révélé au milieu du voyage l'existence de la société secrète dont les origines se perdaient dans un passé millénaire. Il avait été stupéfait d'apprendre l'existence d'une telle organisation derrière le paravent de l'ULTE. Jamais ses parents n'avaient évoqué quoi que ce soit à ce sujet, pourtant, à présent que l'épouse du capitaine lui avait expliqué les fondements philosophiques du mouvement caché, il en percevait la marque à travers l'éducation qu'il avait reçue. Ses parents étaient des activistes qui se tenaient prêts pour le jour où l'Ellada prendrait les armes afin d'arracher son indépendance à l'Empire, et il ne l'avait jamais soupçonné.« Anudar Bruséis, énonça l'épouse du capitaine après s'être elle-même levée, souhaites-tu prêter le Serment Elladique ?_ Oui, je le souhaite, dit-il. Son regard s'éleva de telle sorte que son visage fut visible de toute l'assemblée qui l'observait en silence.« Je prête devant l'Ellada représentée par cette assemblée le serment qui unit tous les miens._ Ah-houm ! s'écria l'assemblée. _ Je jure de vouer ma vie à nos chères lois, et d'assurer leur retour de tout mon talent._ Ah-houm !_ Je jure de porter assistance à celui des miens qui réclamerait mon aide face à l'Empire ou toute autre force, en contrepartie de l'aide que les miens m'apportent._ Ah-houm !_ Je jure de considérer comme l'un des miens celui qui connaîtra les mots de la langue ancienne, femme, homme, enfant, adulte ou vieillard._ Pour obéir aux lois ! conclut l'assistance. Revenu dans sa cabine, Anudar défit sa tenue cérémonielle avec lenteur. Puis il plongea sa main dans son sac de voyage, pour en sortir la précieuse idole kykladique remise par sa mère. Il la regarda un long moment avant de sourire à son énigmatique visage en forme de trapèze.« Ce soir, lui dit-il, je suis devenu Initié du Serment de l'Ellada... A présent, je comprends l'héritage que j'emmène sur Trantor. Ô toi, Verte Divinité, malgré ton indifférence pour les affaires de l'Homme, veuille m'accorder ta protection dans ce monde de métal où je me rends demain. » Il toucha de ses lèvres la petite idole avant de la remettre à sa place puis de s'allonger sur sa couchette. La nuit promettait d'être courte, à présent. Et Trantor, le monde d'acier, l'attendait le lendemain.
[HRP]Le "Ah-houm !" est le péan, c'est-à-dire un chant de guerre que les Grecs entonnaient lorsqu'ils avançaient en phalanges, afin de conserver le rythme de leur marche ainsi que la bonne cohésion de leur armée. J'ai considéré qu'il ferait un cri de ralliement tout à fait acceptable. Pardonnez-moi pour la petitesse de l'image d'accompagnement, j'en mettrai une meilleure dès que je le pourrai. Il s'agit d'une idole cycladique, qui est selon les interprétations actuelles une représentation de la divinité-mère (donc, la Terre en tant que puissance primordiale, c'est-à-dire, Gaïa). Au passage, merci pour Ionah qui a bien voulu modifier l'image d'accompagnement du passage précédent  . Comme toujours, n'hésitez pas à donner votre avis  .[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
Dernière édition par Anudar le Sam 14 Juin - 20:39, édité 3 fois |
|  | | Hannibal de Giscon Stratège


Nombre de messages: 897 Age: 19 Date d'inscription: 10/11/2006
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 15 Avr - 20:43 | |
| j'aime bien j'attend la suite avec impatiente _________________ Nous gagnerions plus à nous laisser voir tels que nous sommes, plutôt que d'essayer de paraître tel ce que nous ne sommes pas.  |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 16 Avr - 14:07 | |
| A travers les hublots de la navette de descente, l'ombre métallique de Trantor grandissait peu à peu. Tout en contemplant le paysage, Anudar récapitulait les derniers événements de la matinée. Il avait quitté quelques heures plus tôt le cosmonef de l'ULTE. Le capitaine lui avait demandé de le rejoindre une dernière fois, afin de lui remettre quelques ultimes conseils :" Mon garçon, ta navette de descente va te débarquer dans le Secteur des Ambassades. Rends-toi aussitôt à la Tour de l'ULTE afin d'y retirer le mandat laissé par tes parents. La plupart du personnel de la Tour parle la langue ancienne._ D'accord, avait fait Anudar en comprenant le sens caché des mots du capitaine._ Je voulais aussi te remettre ceci..." Il lui avait offert une petite boîte qui avait révélé, une fois ouverte, une chevalière d'argent marquée d'un emblème familier aux yeux d'Anudar." Le casque de hoplite est l'emblème du Serment Elladique, avait expliqué le capitaine. Seuls ceux qui ont prêté le Serment portent ce motif : tu devras t'entraîner à le reconnaître. Cette chevalière te permettra de t'identifier auprès des nôtres._ Et si elle m'était volée ? avait voulu savoir Anudar cependant qu'il passait l'emblème à son doigt._ Il existe des signes de reconnaissance, que tu connais déjà pour la plupart. Le plus répandu, toutefois, est celui-ci." Le capitaine lui avait tendu la main et Anudar avait compris qu'il attendait l'échange d'une poignée de mains. Il s'était exécuté, intrigué, mais au moment où leurs mains s'étaient séparées, il avait senti que son interlocuteur pressait dans sa paume son index, son majeur et son annulaire en un geste furtif et discret." Le signe de la Triade, lui avait alors expliqué l'adulte. Maintenant que tu es prévenu, une simple poignée de mains te permettra de reconnaître ceux du Serment... et tu pourras toi aussi te faire reconnaître d'eux._ Je comprends, avait dit Anudar. Il avait hoché la tête, et soufflé en conclusion :" Merci pour tout." Perdu dans ses pensées, il somnola pendant le reste du voyage jusqu'au sol.Le Secteur des Ambassades avait été, aux temps lointains de l'époque pré-impériale, l'endroit où les délégations des Etats galactiques non encore soumis à Trantor avaient tenu leurs représentations diplomatiques. Avec le passage des siècles et la constitution de l'Empire, il y avait eu de moins en moins d'ambassades sur Trantor, et le Secteur des Ambassades était devenu peu à peu une friche que les urbanistes avaient souhaité combler de nouveaux immeubles. Pourtant, la Pax Trantorica une fois bien établie, les Empereurs avaient compris que les peuples soumis auraient besoin d'un exutoire pour les frustrations politiques cristallisées dans la conquête. Il se racontait que c'était à l'Empereur Annémétik le Grand que la Galaxie devait la reconnaissance en tant que puissances associées à l'Empire des grandes guildes de transporteurs spatiaux. L'espace interstellaire avait été ainsi défini comme une zone neutre où le pouvoir impérial n'était qu'une force parmi d'autres, celle des guildes. L'accord plus ou moins tacite entre l'Empire et les guildes stipulait qu'aucune d'entre elle ne pouvait acquérir plus d'astronefs militarisés que le centième de la flotte impériale - et pour atteindre ce chiffre, il eut fallu les revenus de centaines de milliers de mondes : seul l'Empire avait donc les moyens, légaux et financiers, pour constituer une flotte de guerre. En contrepartie, les guildes disposaient d'un pouvoir presque illimité sur les grandes lignes de transport entre les mondes de l'Empire dont elles avaient la gestion. Leurs accords et leurs conflits ne concernaient pas l'Empire dès lors que leurs missions étaient remplies, et si elles ne l'étaient pas, la flotte impériale était en mesure de jouer le rôle d'arbitre. Ainsi, les guildes étaient-elles devenues un refuge pour ceux qui n'acceptaient pas le centralisme de l'Empire : il était possible d'y jouer un rôle politique sans passer par la hiérarchie nobiliaire des Hauts. Le système était loin d'être sans défauts, car la concurrence entre les guildes avait parfois été féroce, allant parfois jusqu'à la guerre ouverte ; il avait pourtant joué son rôle d'une façon assez satisfaisante pendant des milliers d'années. Anudar le savait, à l'époque actuelle dix grandes guildes tenaient le haut du pavé du Secteur des Ambassades, parmi une centaines d'autres de moindre importance. Huit d'entre elles étaient dirigées par des Trantoriens, un record jamais atteint jusqu'alors ; l'ULTE était l'une des deux dernières, et à voir l'aspect imposant de la tour frappée de son emblème - un rameau d'olivier - elle se situait loin de la base du système de pouvoir.Il mit plusieurs heures à trouver son chemin dans le Secteur des Ambassades avant de parvenir enfin à l'entrée de la Tour de l'ULTE, à une heure de l'après-midi. Il fut accueilli dans un box de transactions par une employée très avenante :" Bienvenue à la Banque de l'ULTE, lui dit-elle avec un grand sourire. Que puis-je faire pour vous ?_ Je viens prendre possession de ce mandat, fit-il en lui tendant le bloc de données gros comme le pouce offert par son père. Elle l'inséra dans sa console et lui tendit la plaque d'identification digitale, sur laquelle il appuya son index. " Tout est en ordre, approuva-t-elle en hochant la tête. Ce mandat vous accorde mille crédits impériaux. Souhaitez-vous ouvrir un compte ici ou bien préférez-vous emporter la somme en espèces ?" Anudar se laissa convaincre d'ouvrir un compte à l'ULTE. Il lui indiqua l'adresse de l'Université de Stirling et elle lui fit un grand sourire. Lorsque les renseignements nécessaires furent entrés dans son ordinateur, elle lui remit un bracelet de données - compatibles avec tous les terminaux de paiement universels - et à sa demande lui imprima dix billets de dix crédits, indispensables pour payer les vendeurs ambulants si nombreux sur Trantor. Il adressa un très long regard aux billets souples frappés du rameau d'olivier de l'ULTE et dont le filigrane représentait le profil de l'Empereur." L'Empereur autorise les dix grandes guildes à battre monnaie, lui expliqua-t-elle en remarquant sa perplexité, en gage de sa reconnaissance à leur égard ; nous jouons un rôle non négligeable dans la création de richesse au sein de l'Empire depuis bien des années. Ces billets sont utilisables partout sur Trantor et dans l'Empire, au même titre que toute autre monnaie impériale ou guildéenne._ Je vois, fit Anudar. Quelque chose le perturbait dans ce qu'il venait d'apprendre. Il secoua la tête et la regarda en face." Je voulais vous demander autre chose, dit-il. Je souhaite rallier l'Université de Stirling avant 17 heures ce soir, heure locale, de quels moyens de transport puis-je disposer ?" Elle consulta son écran et fit la grimace :" Il n'y a plus de tramways à grande vitesse qui vous permettrait de rejoindre le campus universitaire à temps." L'employée jeta un coup d'oeil à sa mine qui se décomposait et elle eut un sourire." Ne vous inquiétez pas, lui dit-elle. Allez tout de suite au quinzième étage de la Tour. Je vais faire le nécessaire pour qu'un ornithoptère vous conduise au Secteur de Stirling dans les temps." Il bondit sur ses pieds et souleva son sac de voyage." Euh, combien vais-je devoir payer ?_ Rien du tout, lui dit-elle en se levant à son tour et en lui tendant la main. L'ULTE fait passer la satisfaction de ses clients avant toute autre considération." Il bredouilla des remerciements... qui moururent dans sa gorge lorsqu'il sentit le discret signe de la Triade dessiné dans sa paume. Alors, il se tut et imita son geste. Elle eut un clin d'oeil lorsqu'il lui sourit.L'ornithoptère frappé du rameau d'olivier mit deux heures à traverser le ciel trantorien gris. Anudar somnola encore pendant le monotone voyage. Il n'avait pas eu le temps de manger avant le décollage et sa gorge était sèche. Le pilote était peu bavard et il se lassa bien vite de regarder le paysage uniforme, sombrant peu à peu dans une étrange apathie, dont il ne sortit que lorsque son silencieux compagnon lui dit soudain :" Le Dôme de Stirling !" Ils passèrent le sas du Dôme sans encombre et survolèrent bientôt les rues du Secteur. Anudar se pencha pour mieux contempler le spectacle à travers les hublots de l'ornithoptère. L'agencement de ce Secteur différait beaucoup de celui des Ambassades : il y avait moins d'immeubles, plus d'espaces verts ; et dans le lointain, la masse des bâtiments bas du campus universitaire bouchait l'horizon, vers lequel ils se rapprochaient en perdant de l'altitude." Qu'est-ce que c'est ? demanda soudain Anudar. Le pilote eut un rapide regard vers le bas, en direction de la petite foule qui brandissait des étendarts." Des manifestants du PED, dit-il, le Parti d'Eto Demerzel. _ Demerzel, le Premier Ministre ? Mais il est mort il y a quatre-vingts ans au moins !_ Ces militants se réclament de sa philosophie politique de fermeté. En pratique, ce sont des nationalistes trantoriens." Anudar se leva de son siège pour mieux regarder par la baie arrière. Un homme vêtu d'un uniforme d'opérette harangait la foule depuis un pupitre frappé d'un cercle compliqué par trois flèches centrifuges." Que signifie ce symbole ? voulut savoir Anudar en se retournant. _ Le disque représente Trantor, et les trois flèches les trois dimensions de l'espace dans lesquelles s'exerce le pouvoir de l'Empire." Anudar garda un silence pensif pendant la fin du voyage. L'ornithoptère se posa enfin devant le portail d'accès du campus universitaire." Vous voici arrivé, fit le pilote en ouvrant la porte coulissante du flanc de l'appareil._ Merci, lui dit Anudar en sautant à terre. Le pilote sembla hésiter et ils échangèrent un long regard. " Faites attention aux miliciens du PED, lui dit-il enfin. Ils n'aiment guère les Exos, les citoyens de l'Empire venus d'autres mondes, et avec les troubles dans le Secteur d'Anacréon, ils sont devenus enragés. Prenez garde, nombre d'entre eux possèdent des armes blanches et ils savent s'en servir." Anudar hocha la tête et il pensa au couteau galba qu'il portait dissimulé dans sa manche. Il n'était pas permis de faire entrer des armes sur Trantor, mais les douanes ne cherchaient que les objets métalliques dangereux : son couteau de bois était passé comme une lettre à la poste." Merci, dit-il encore au pilote. Celui-ci le salua et lui sourit avant de refermer la porte de l'ornithoptère. Les moteurs aussitôt relancés l'arrachèrent au sol et Anudar le regarda s'éloigner. Lorsqu'il l'eut perdu dans le lointain, il eut un soupir, souleva son sac de voyage et se dirigea d'un pas résolu vers le portail du campus. Il lui restait trois quart d'heures pour arriver à l'heure au rendez-vous.[HRP]Comme d'habitude, vos avis sont attendus  .[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 16 Avr - 19:01 | |
| Anudar se perdit dans les allées du campus et finit, en désespoir de cause, par demander son chemin à des gens qui faisaient du footing, pour se rendre compte que la conciergerie où il devait se rendre était à deux cents mètres de l'endroit où il se trouvait. Il prit son élan et parvint sur les lieux à cinq heures moins dix. Il trouva enfin l'accueil du grand bâtiment et sonna ; quelques instants plus tard, la plaque d'un guichet à guillotine se soulevait, révélant le visage chauve, glabre, rond et rougeaud d'un homme qui l'interpella en ces termes :" C'est pour quoi ?_ Anudar Bruseis, lui dit-il en s'approchant. J'ai ici une convocation en bonne et due forme..." Le concierge jeta un bref regard au document à en-tête de l'Université, se pencha de l'autre côté de son guichet et lui remit une malette." Tenez, dit-il. Tout est là-dedans. Les examens commencent après-demain. Si vous le souhaitez, le service social de l'Université propose un hébergement et des repas pour les étudiants sans moyens. Tout vous sera expliqué à la réunion qui se tient dans une heure au restaurant universitaire Bailey." Le guichet s'abaissa et Anudar s'écria :" Hé ! De quels examens parlez-vous ?" Le guichet se releva et l'apparition lui dit :" Les examens d'entrée à l'Université, bien entendu ! Cette convocation vous est envoyée parce que votre dossier a été présélectionné parmi les millions que l'Université reçoit tous les ans._ Mais il n'a jamais été question de... Bon sang, j'ai une recommandation de mes professeurs qui..._ Les autres aussi ont des recommandations, l'interrompit le concierge d'une voix indifférente. Sans recommandation valable, votre dossier n'aurait même pas été examiné._ Les autres ? fit Anudar, interloqué. Mais, il y en a combien ?_ Dix mille, lui dit le concierge. Moins un, à savoir, vous. Il n'y en aura que mille qui seront retenus à la fin._ C'est insensé ! Je viens du secteur de Persée... J'ai fait un voyage de dix jours pour entrer à l'Université de Stirling._ Ah oui ? répliqua l'autre sur un ton plein d'une fausse compassion. Figurez-vous qu'il y a encore cinq minutes, j'ai reçu un étudiant qui vient d'Anacréon. Ce qui est amusant, c'est que ça fait trois fois qu'il échoue à l'examen d'entrée. A chaque fois, il tombe sur moi parmi tous les concierges de l'Université. Je commence à le connaître, voyez-vous ?" Le guichet se referma peu à peu." Eh ! Oh ! Je veux parler à un responsable !" A cet instant, cinq coups sonnèrent à un lointain carillon." Ah, c'est l'heure, lui dit le concierge. Le guichet claqua, et Anudar eut beau sonner, cogner dessus, s'époumonner et jurer en elladique comme en standard, le concierge ne se manifesta plus.Deux heures plus tard, il ruminait encore sa colère impuissante devant son premier repas consistant de la journée. La première chose qu'il avait faite, après avoir épuisé sa rage contre le guichet de l'insupportable concierge, avait été de relire sa convocation. Il s'était rendu compte que tout ce que l'autre lui avait raconté tenait du fait : si le recto de sa convocation mentionnait bien que son dossier avait été retenu par les services d'admission du département scientifique de l'Université, on trouvait au verso une multitude de lignes en petits caractères où toute l'imposture était révélée. Il avait découvert, avec horreur, qu'il allait devoir participer à des examens qu'il n'avait pas préparés. L'Université lui signalait cependant qu'en cas d'échec, il pourrait tenter à nouveau les examens d'entrée à la session suivante - un an plus tard - ou bien, à défaut, présenter les examens d'entrée des universités trantoriennes partenaires de Stirling. Comme assommé, il était allé au RU Bailey, espérant y trouver plus d'explications. Il y avait découvert une véritable foule d'un millier d'étudiants : tous des Exos dont les dossiers avaient été retenus pour les concours - les Trantoriens désargentés ne relevant pas des services sociaux de l'Université. Anudar s'était rendu compte que la plupart étaient plus âgés que lui, et que certains avaient déjà tenté une ou deux fois les examens d'entrée de Stirling. Tous lui semblaient de véritables géants : jamais la petite taille caractéristique de son peuple ne l'avait fait se sentir aussi vulnérable auparavant. En définitive, il s'était assis seul au bout d'une longue table, mangeant avec lenteur un gruau insipide dans lequel flottaient des morceaux de légumes trop durs, se demandant s'il ne ferait pas mieux de reprendre aussitôt la route de Théra." Salut, lui dit une voix à l'accent musical. Il leva les yeux et découvrit un jeune homme à peine plus âgé que lui, dont les traits fins, le teint d'ivoire et les yeux en amande révélaient son ascendance d'Oriental. L'autre tenait un plateau chargé d'un bol identique au sien." Je peux me mettre là ? lui demanda le nouvel arrivant, en désignant du menton la chaise en face d'Anudar. Il n'y a de place nulle part ailleurs. _ Oui, oui, bien sûr, lui répondit-il. L'Oriental s'installa et lui sourit." Tanaka Isumi, d'Oshanko, secteur de Seychelle. J'ai seize ans. Et toi ?" Anudar s'ébroua. Il n'avait jamais entendu parler d'Oshanko mais il estima qu'il n'aurait guère été poli de le laisser transparaître. Du reste, le secteur de Seychelle se trouvait au Nord galactique de Comporellon : Oshanko devait donc être à quelque cinquante sauts hyperspatiaux de Théra." Anudar Bruséis, de Théra, secteur de Persée. Quinze ans._ Théra... marmonna Tanaka. Je pense avoir déjà entendu ce nom." Anudar attendit que vienne la question qui, en général, survenait à ce stade d'une conversation entre un Thérakien et un citoyen d'un autre monde. Mais le jeune Oriental ne donna pas l'impression de chercher à en savoir plus et il se mit à puiser son gruau à l'aide de sa cuillère." Pas très bon, jugea-t-il en grimaçant. _ Tu savais, toi, qu'il y avait des examens d'entrée à l'Université de Stirling ? ne put s'empêcher d'interroger Anudar, posant enfin la question qui le torturait depuis deux heures. _ Euh... oui, je savais, répondit Tanaka, l'air surpris. Mais je n'ai rien préparé. Tu sais, j'ai regardé les sujets des années précédentes et ça n'est pas si difficile que ça." Il sembla s'étonner encore plus de la moue que fit Anudar, que cette dernière déclaration désespéra un peu plus." Quelque chose ne va pas ? lui demanda-t-il. _ Je viens d'apprendre que j'allais devoir participer à ces examens dans deux jours, répondit Anudar. Je ne me sens pas prêt. Je ne comprends pas comment j'ai pu ignorer ceci jusqu'à maintenant..._ Etrange, fit Tanaka en fronçant les sourcils. Tes parents n'ont pas lu ta convocation ?_ Eh bien... Si, mais ils ne m'ont..." Il s'interrompit et garda la bouche ouverte un instant cependant que ses yeux se plissaient. Ses parents n'avaient pu ignorer qu'il allait devoir présenter un examen avant d'accéder à l'Université de Stirling. Donc, s'ils ne le lui avaient pas dit, c'était pour provoquer chez lui la crise qu'il connaissait depuis cette découverte. Ils l'avaient en toute connaissance de cause jeté dans l'arène sans préparation. Mais dans quel but ? L'illumination lui vint soudain, cependant qu'il repensait aux cruelles coutumes de la nation spartiate. Les Spartiates, qui avaient été les guerriers les plus redoutés de l'Antiquité galactique, élevaient leurs enfants selon des lois d'une exceptionnelle dureté. Les règles de Lykurgos exigeaient de tout être qu'il soit capable de faire face à l'adversité sans jamais laisser la peur maîtriser sa raison. C'était ainsi que les pentacontres spartiates avaient toujours tenu leurs lignes, dans toutes les batailles spatiales qu'ils avaient livré. A leur façon, ses parents le mettaient à l'épreuve. Or, si son dossier avait été sélectionné par l'Université, c'est qu'il avait une chance. Sa rêverie n'avait pas duré plus d'une minute.
" Merci, dit-il à Tanaka. _ Hein ? lui dit celui-ci, levant les yeux de son gruau de légumes. _ Merci. Grâce à toi, j'ai compris quelque chose d'essentiel." Il lui sourit et l'autre, surpris, sourit à son tour." Demain, nous en saurons plus sur l'organisation des examens, fit Tanaka. Mais d'ici là, il faut aller dormir. L'Université met des dortoirs à notre disposition. Si tu veux, nous pouvons nous installer à proximité l'un de l'autre._ Oui, répondit Anudar. Tu me parleras de ton monde sur lequel je ne sais que si peu de choses." _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Hannibal de Giscon Stratège


Nombre de messages: 897 Age: 19 Date d'inscription: 10/11/2006
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 16 Avr - 19:19 | |
| SUITE SUITE _________________ Nous gagnerions plus à nous laisser voir tels que nous sommes, plutôt que d'essayer de paraître tel ce que nous ne sommes pas.  |
|  | | Anudar Orateur


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 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 17 Avr - 9:48 | |
| Les douze jours de la session d'examens d'entrée s'écoulèrent pour Anudar à une vitesse inouïe. Le premier jour, les dix mille candidats s'étaient rassemblés dans l'immense amphithéâtre des conférences. Il leur avait été expliqué que l'Université allait tester leur niveau deux fois dans chacune des trois matières principales - mathématiques, biologie et physique - et une fois dans les trois matières secondaires - astronomie, chimie et planétologie - à travers neuf jours d'examens répartis en trois périodes de trois jours séparées par une journée de repos. Le matin, tous les candidats seraient confrontés à un écrit commun de quatre heures. L'après-midi, chaque candidat serait convoqué pour un oral d'une demi-heure. Au soir, les résultats de la journée seraient rassemblés, cumulés à ceux des journées précédentes, et les mille candidats les moins bons seraient invités à rentrer chez eux. De la sorte, au terme des neuf jours d'épreuves, l'Université ne retiendrait pas plus de mille candidats." La crème de la crème, avait dit Tanaka en se penchant vers Anudar. Il avait tendu la main vers l'estrade professorale où les personnels enseignants de l'Université attendaient que les administratifs aient terminé leur tâche." Regarde, là, avait-il ajouté à voix basse. Tu vois cette femme ? C'est la directrice du Sous-Département de Mathématiques, le Professeur Cassandra Palver." Anudar ne devait garder presque aucun souvenir de la première semaine d'examens. Lorsque le lendemain de la journée de présentation avait été distribué le sujet de la première composition - celle de mathématiques - un calme surnaturel s'était établi dans l'amphithéâtre. Quant à lui, à la lecture des premières lignes du problème, il avait aussitôt perçu le réveil du talent qui avait incité ses professeurs thérakiens à lui accorder leur recommandation pour l'Université de Stirling. Un petit nombre de candidats avait quitté la salle sitôt le sujet remis. Anudar ne leur avait prêté qu'une attention vague, tout à la résolution du problème - mais une part de lui-même avait noté cependant qu'il ne voyait aucune raison de baisser les bras. L'après-midi, vers trois heures, il avait été convoqué pour son oral de physique. Il en avait été moins satisfait que pour l'épreuve du matin - mais le soir, il avait eu le bonheur de ne pas se voir éliminé. Au sortir des trois premiers jours, alors que la plupart des candidats avaient affirmé n'en plus pouvoir, il avait touché l'idole kykladique dans son sac de voyage et, en réfléchissant, estimé qu'il n'avait pas entamé le quart de son potentiel. La deuxième période avait concerné les trois matières secondaires. Ni l'astronomie - qu'il n'avait pas étudiée sur Théra, mais à laquelle il s'était intéressé de près - ni la chimie ne lui avaient posé de problème majeur. La planétologie, venue en dernier pour lui, tant pour l'épreuve écrite que pour l'épreuve orale, lui avait laissé une véritable angoisse - et pourtant, au soir du dernier jour de la deuxième période, il avait été retenu parmi les quatre mille derniers candidats. Les deux tiers des examens s'étaient écoulés, et à présent, la grande majorité de ceux qui restaient semblaient à bout de nerfs. C'était logique : plus le temps avançait et plus la compétition serait cruelle entre des étudiants toujours plus brillants mais aussi plus fatigués. Anudar avait eu avec Tanaka une longue discussion : le jeune homme d'Oshanko, lui aussi retenu pour la dernière période des examens, semblait moins épuisé que les autres mais sa voix était à présent baignée de lassitude. Ils avaient décidé de se rendre le lendemain à la Bibliothèque Universitaire afin d'en voir les précieux ouvrages sur lesquels ils espéraient tant pouvoir travailler bientôt"Combien y a-t-il de livres ici ? souffla Tanaka dans le grand silence de la salle de lecture._ Des millions, sans doute, répondit Anudar. Peut-être un milliard. La BU de Stirling, d'après la tradition, contient au moins une copie de tout document publié dans l'Histoire humaine." Ils circulèrent avec lenteur parmi les immenses rayonnages du quartier scientifique. Anudar s'approcha du sous-quartier des sciences du vivant et rechercha la quote des biomathématiques dans l'index. A sa surprise, si la référence existait, elle n'était pas riche de plus de quelques dizaines de titres dont la plupart étaient vieux de plusieurs siècles - et jamais réédité depuis. Il n'y avait là aucun texte récent - alors que depuis deux cents ans, les ximmaques thérakiens avaient fait connaître à cette science un développement fulgurant." L'index de la BU n'est pas à jour, dit-il à Tanaka. Ils cherchèrent alors dans d'autres rayonnages. Le cas extrême des biomathématiques ne se reproduisait pas, mais pourtant, les documents récents manquaient souvent à l'appel." D'un autre côté, fit Tanaka, ça n'est pas vraiment surprenant. Les bibliothécaires doivent classer des centaines de milliers de documents tous les ans. Comment pourraient-ils faire entrer dans leur base de données des documents nouveaux en temps réel ?_ C'est vrai, dit Anudar. Il existait cependant une autre possibilité : à savoir, que les bibliothécaires ne voyaient plus l'intérêt de présenter de nouveaux documents - surtout si ceux-ci n'apportaient que peu de choses par rapport aux anciens. Toutefois, cela n'expliquait pas l'absence de représentation des biomathématiques de l'Ellada dans la base de données de la BU." Viens, sortons, dit-il enfin à Tanaka. L'immense bâtiment de la BU, refait à neuf quelques décennies plus tôt, exerçait une présence ambiguë sur l'ensemble du campus. Ses toits étaient inclinés, comme pour laisser écouler l'eau de pluie - là où la plupart des toits trantoriens étaient en terrasse, les précipitations sous les dômes étant inexistantes. Ses issues étaient obturées par de véritables sas d'entrée lui donnant l'aspect extérieur d'un bunker : on avait l'impression que les bibliothécaires se tenaient sur le pied de guerre, prêts à défendre leur trésor. D'après la rumeur, seul le Palais Impérial était plus autonome et mieux défendu que la BU de Stirling." Allons manger, proposa Tanaka. Anudar lui emboîta le pas mais au bout de plusieurs centaines de mètres, il s'arrêta pour observer de nouveau le bâtiment de la BU. Son aspect avait quelque chose de choquant, comme s'il n'était pas à sa place. Anudar lui jeta un très long regard." Allez, viens !" Il secoua la tête et courut pour rattraper Tanaka.Ils mangèrent dans une cafétéria située à l'extérieur du campus, puis ils discutèrent un long moment assis à la terrasse d'un bistro, nimbés d'une lumière solaire artificielle. Tanaka parlait volontiers d'Oshanko." C'est un monde ethniquement isolé dans le Secteur de Seychelle, dit-il. Avant l'Empire, mes ancêtres ont souvent eu maille à partir aux Seychellois plus nombreux qu'eux... Ils ont dû se défendre souvent contre leurs tentatives de conquête. Finalement, la Pax Trantorica est le meilleur atout d'Oshanko." Il éclata de rire." On dit, ailleurs dans le Secteur de Seychelle, que les citoyens d'Oshanko sont plus impériaux que l'Empereur lui-même !" Anudar sourit à son tour, saisissant toute la différence entre la culture de son ami et la sienne. Oshanko n'avait guère eu à se plaindre de la domination de l'Empire, là où l'Ellada, bien au contraire, avait été contrainte de quitter ses mondes centraux après les siècles de luttes sans fin contre l'Empire en gestation. Ceux d'Oshanko avaient toujours vécu sur leur monde ancestral quant ceux de l'Ellada, vers la même époque, avaient dû choisir entre conserver leur culture et leurs chères Cités : ils avaient alors choisi une errance de dix mille ans. Ils se promenèrent un moment dans un espace vert du secteur de Stirling, en bordure du campus, puis arpentèrent une rue marchande pendant le reste de l'après-midi. Marcher sans penser à rien, en discutant de choses sans importance, était si reposant qu'ils ne voyaient guère passer le temps." Regarde ! l'interpella Tanaka en lui montrant une enseigne présentant un motif incompréhensible. Des sôba !_ Qu'est-ce que c'est ?_ Un plat traditionnel d'Oshanko... J'ignorais qu'on pourrait en trouver ici !" Anudar haussa les épaules." On dit que Trantor est le creuset des cultures, dit-il avec une certaine tristesse._ Attends, je vais en acheter." Tanaka se rua dans la petite échoppe et, à travers la vitrine, Anudar le vit s'insérer dans une queue de clients. Il s'adossa contre un mur et se mit à patienter. Il mit un certain temps à remarquer que les gens lui accordaient toujours un bref regard. Sa blouse grise et son pantalon à poches, l'une des quatre tenues qu'il avait amenées de Théra, semblaient attirer une certaine désapprobation de la part des passants. Il haussa les épaules et se dit, en souriant, qu'il lui faudrait sans doute faire l'acquisition de costumes plus trantoriens afin de se fondre dans la foule. Avec un temps de retard, il se rendait compte que Tanaka lui-même portait un sweat pelucheux et un pantalon bleu qui le rendaient invisible dans la masse." Hé, toi !" Surpris, Anudar se redressa et tourna la tête dans la direction d'où provenait l'appel. Il reconnut quatre des candidats aux examens d'entrée à l'Université. C'étaient quatre jeunes hommes sans doute Trantoriens, qui le dépassaient d'au moins deux têtes. L'un d'entre eux portait déjà l'ombre d'une barbe fine." On peut discuter ? lui dit l'un d'entre eux, qui portait une casquette dont la visière était tordue en U inversé._ Bien sûr, fit Anudar, étonné. Les autres se mirent en marche et il se rendit compte qu'ils l'encadraient de telle sorte qu'ils le pilotaient jusqu'à une impasse entre deux immeubles, à quelque distance de l'échoppe où Tanaka faisait toujours la queue." Euh, on peut rester là ? J'attends quelqu'un, dit-il. Sans ménagement, Casquette le poussa dans le renfoncement coudé. Le dos d'Anudar heurta le mur et, avec retard, il maudit sa confiance excessive. Les autres lui bouchaient à présent le passage dans cet endroit isolé de la rue : tout ce qu'il voyait était le mur d'en face, couvert de graffitis. Personne, dans la rue, ne se rendait compte sans doute de sa présence en ces lieux." Alors c'est toi, le petit génie Exo qui n'a rien révisé ? lui demanda Casquette. De quelle planète pourrie tu viens ?" Anudar fronça les sourcils. Bien sûr, il avait mentionné lors des repas qu'ils avaient tous pris en commun qu'il n'avait rien révisé avant de venir, mais... en quoi cela pourrait-il poser problème à qui que ce soit ? Au pire, s'il échouait, les autres pourraient toujours dire qu'il avait bénéficié d'une chance insolente jusqu'à la fin." Théra n'est pas une planète pourrie, dit-il en laissant transpirer juste assez de colère dans sa voix. Les autres éclatèrent de rire." On ne sait même pas où c'est ! fit Casquette. Ecoute bien, merdeux : on ne veut pas de toi sur Trantor. C'est clair ?_ J'ai ma place ici autant que vous, répondit Anudar qui commençait à s'énerver. Mon peuple paye l'impôt impérial et Trantor est le bien commun des citoyens de..._ Non, faux, l'interrompit l'un des quatre candidats. Trantor appartient à notre seigneur l'Empereur, et l'Empereur est Trantorien. Les Exos n'ont pas leur place ici." La compréhension se fit alors dans l'esprit d'Anudar, et il eut un sourire." Dites surtout qu'à vos yeux, les Exos n'ont pas le droit de se montrer plus brillants que les Trantoriens..." Les quatre autres observèrent un instant de silence interloqué avant que Casquette ne se resaisisse." D'accord, souffla-t-il, blanc de rage. Vous autres, brisez-lui les poignets... On verra bien comme ça s'il parvient à se maintenir demain !" Les deux sbires que Casquette avait désignés s'avancèrent avec un sourire mauvais. Anudar, vif comme un félin, sortit son couteau galba de l'étui dans sa manche. Il avait été formé au duel au couteau ainsi qu'à l'art martial traditionnel de l'andaque, mais ils étaient plus forts que lui, et bien trop nombreux. Peut-être suffirait-il de les impressionner pour qu'ils renoncent... Il se rendait bien compte que s'il était obligé de blesser, voire de tuer l'un d'entre eux, les autres ne le laisseraient pas sortir vivant de cette impasse. Et dans tous les cas, ce serait sans aucun doute la fin de ses études à l'Université de Stirling. Comment avait-il pu se mettre en si peu de temps dans une situation aussi insensée ? Les deux mauvais garçons avaient observé un temps d'arrêt lorsqu'ils avaient vu jaillir le fil vert sombre du couteau galba entre ses doigts." C'est quoi, ça ? demanda l'un d'entre eux. _ Avance, c'est qu'un gosse, ordonna Casquette. Les deux autres firent mine de s'avancer, et Anudar comprit qu'il allait devoir faire usage de son couteau s'il voulait se tirer d'affaire." Laissez-le !" Surpris, les quatre se retournèrent. Tanaka se tenait là, le regard féroce, accompagné d'une Orientale adulte vêtue de blanc, coiffée d'une toque de cuisinier - et armée d'un fouet neuronique réglé à l'intensité maximale." On se retrouvera, fit Casquette en jetant un dernier regard à Anudar. Lui et ses sbires déguerpirent, crachant au sol devant Tanaka et l'Orientale. Anudar ferma les yeux et eut un soupir." Tout va bien ? lui demanda Tanaka qui s'était précipité vers lui. _ Oui, répondit Anudar en rouvrant les yeux et en rangeant son couteau galba.Le jeune Oriental regarda son manège avec intérêt, mais Anudar ne lui laissa pas le temps de lui poser une question :" Merci à vous deux. Merci... beaucoup._ De rien, fit l'Orientale en souriant. Je viens d'Oshanko, moi aussi. Ces petits salopards se croient tout permis et ils pensent être plus intelligents que tout le monde - alors que c'est au moins la deuxième fois qu'ils présentent l'examen d'entrée à l'Université !" Elle désactiva son fouet neuronique et le rangea dans le holster qu'elle portait à la ceinture." L'année dernière déjà, dit-elle, ils ont coincé un étudiant de Comporellon au même endroit. Le pauvre, si une patrouille de la Garde Impériale n'était pas passée par là juste à ce moment précis..." Elle haussa les épaules." Allez, leur dit-elle enfin. Retournez au campus à présent. Et soyez prudents... Tant que les examens ne seront pas terminés, ils pourraient tenter quelque chsoe contre vous." _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
Dernière édition par le Mar 17 Avr - 11:14, édité 1 fois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 17 Avr - 9:49 | |
| La troisième période s'ouvrit le lendemain. La première épreuve fut celle de physique et le hasard voulut que l'oral d'Anudar fut, l'après-midi, dans la même matière. Dès lors, une fois qu'il eut appris qu'il était sélectionné pour les épreuves de la journée suivante, il n'avait presque plus le moindre doute d'être accepté en définitive. Le deuxième jour, il passa le matin l'épreuve de biologie qui ne lui inspira aucune difficulté. Conscient d'avoir une large avance, il se rendit à quatre heures de l'après-midi à son oral de mathématiques." Par ici, mon garçon, lui dit une voix de femme à son arrivée dans le centre d'examens des bâtiments du Sous-Département des Mathématiques.Avec une certaine surprise, il reconnut celle que Tanaka lui avait présentée comme la directrice du SDM, le Professeur Palvert. C'était une grande femme qui devait avoir entre trente et quarante ans. Elle le conduisit jusqu'à son bureau - sur la porte duquel une plaque en or proclamait son nom et son titre. Il y avait là, dans une pièce assez petite, une impressionnante bibliothèque ancienne, derrière les vitres de laquelle on distinguait d'innombrables ouvrages reliés. Le bureau lui-même était d'une essence précieuse. La seule touche de modernisme que le Professeur Palvert semblait accepter était celle d'un ordinateur à écran holographique - éteint pour le moment." Le tableau est ici, lui dit-elle en s'asseyant sur un fauteuil de cuir.Il regarda l'archaïque tableau noir, s'en approcha, saisit une craie et attendit des instructions." Commencez donc par résoudre ce système différentiel, dit-elle. Sur un geste qu'elle fit, l'ordinateur projeta contre le mur, en caractères scintillants, une série d'équations différentielles rassemblées par une accolade." Bien, fit-elle lorsqu'il en eut terminé. A présent, démontrez-moi le théorème de Hahn-Banach, s'il vous plaît." Il fronça les sourcils et fouilla sa mémoire. Il énonça le théorème puis se mit en tâche de le démontrer." Pas très orthodoxe, dit-elle en faisant la moue. Le théorème de Lax-Milgram, s'il vous plaît ?" Le tableau était déjà plein et il dut l'effacer pour écrire ses nouvelles lignes de démonstration." Vous semblez ne pas apprécier beaucoup l'analyse, d it-elle en souriant. Passons à un peu d'algèbre, par conséquent. Parlez-moi donc du théorème de Burnside-Frobenius." Anudar effaça de nouveau le tableau et se mit à détailler sa démonstration, qu'il maîtrisait beaucoup mieux que les précédentes. Le résultat lui semblait presque aussi scintillant que les équations émises par l'ordinateur du Professeur lorsqu'il en eut terminé." Démontrez, et donnez un exemple concret d'application du théorème des restes chinois." L'oral se déroula ainsi, sous un flux ininterrompu de questions de la part du Professeur Palvert, auxquelles il répondait de son mieux. En définitive, elle regarda sa montre et lui dit :" Bien, je vois que j'ai dépassé de beaucoup le temps qui m'était imparti... C'est sans importance." Elle lui sourit et il s'enhardit au point de lui demander :" Euh... Quelle heure est-il, Professeur Palvert ?_ Six heures et quart, monsieur Bruséis. Votre oral d'une demi-heure s'est changé en oral de deux heures et quart. Votre endurance intellectuelle est impressionnante..." Il se rendit compte à quel point il était assoiffé. Il attendit qu'elle le congédie mais elle le regardait avec insistance, si bien qu'il resta immobile et attendit qu'elle s'exprime." J'ai entendu parler de l'incident malheureux qui vous est arrivé hier, dit-elle soudain._ Pardon ? Mais comment..._ Je mange moi-même des sôba, répondit-elle pour toute explication. Les autres candidats ont détecté en vous un compétiteur dangereux, monsieur Bruséis._ A vrai dire, je n'avais pas conscience moi-même d'en être un, fit-il avec un certain malaise. Elle ne cessait de le regarder, conservant un visage inexpressif." Et vous n'avez que quinze ans... Surprenant, vraiment." Ses doigts tambourinèrent sur le bois précieux de son bureau et elle eut un sourire abrupt." Je n'ai pas le droit de vous confier ce que je vais vous confier, dit-elle. Si le Doyen de l'Université apprenait que je vous ai dit ce que je vais vous dire, il me dégraderait certainement... Mais je ne vois aucune raison qu'il l'apprenne. En voyez-vous une, quant à vous ?_ Non, Professeur, fit Anudar qui avait fort bien compris l'allusion. _ J'ai eu accès aux résultats des trois matières principales, souffla-t-elle. Jusqu'à maintenant, vous êtes dans le tiers, voire même dans le quart supérieur des candidats pour ce qui est des mathématiques. Si, en physique, vous êtes au début de la moitié inférieure, en biologie en revanche, vous êtes - et de loin - au-dessus de tout le lot des candidats." Anudar déglutit et elle hocha la tête." Demain est votre dernière journée, dit-elle encore. Un candidat sur deux sera éliminé. Si vous avez pensé jusqu'alors que la compétition était féroce, cette fois-ci, vous allez vous rendre compte que vous n'aviez encore rien vu... Mais je pense que vous avez la ressource nécessaire pour réussir." Elle lui sourit." Ne me décevez pas, monsieur Bruséis. J'escompte bien vous retrouver pour le gala de remise des titres d'admission après-demain..." Le lendemain soir, les résultats définitifs furent publiés. Les mille candidats recalés s'épuisèrent en sanglots et en cris de déception. Certains s'éclipsèrent aussitôt les résultats parus - les épreuves des examens d'entrée aux autres Universités de Trantor commençant quelques jours plus tard. D'autres préférèrent noyer leur chagrin dans l'alcool des buvettes improvisées ouvertes par les étudiants des années précédentes. Anudar et Tanaka s'étaient qualifiés. Ils allèrent fêter leur réussite au bar à sôba tenu par Méï - tel était en effet le nom de l'Orientale dont le fouet neuronique avait tiré Anudar d'un mauvais pas. Casquette avait été reçu. C'était la deuxième fois qu'il présentait l'examen d'entrée. Au soir de la victoire, Anudar écrivit un courrier à l'attention de ses parents, le premier depuis son arrivée sur Trantor." Ma mère, mon père,
Je suis à présent étudiant à l'Université de Stirling. Les prochaines vacances universitaires de longue durée ont lieu dans quatre mois. J'aurai deux mois pour revenir sur Théra. Ce sera le premier de mes retours sur le Sol pendant mes dix années d'études. Puisse le Destin nous être favorables à tous.
Pour obéir aux lois,
Anudar Bruséis. Etudiant de première année à l'Université de Stirling." [HRP]Le passage est en deux morceaux suite à sa grande longueur. Merci de donner vos avis et de les détailler si possible  ![/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mer 18 Avr - 11:22 | |
| Le gala de remise s'ouvrait à dix heures le lendemain dans le grand amphithéâtre des conférences. Après que le Doyen de l'Université ait offert ses félicitations les plus chaudes à tous les nouveaux étudiants, il se mit à la tâche d'appeler les lauréats selon leur ordre de classement. L'un des Directeurs des six Sous-Départements leur remettait alors le titre officiel qu'ils avaient eu tant de peine à décrocher." Première : Saar, Vania ! déclara le Doyen. Une jeune fille rougissante descendit les marches de l'amphithéâtre sous les applaudissements nourris des autres étudiants." Second : Tisalver, Kaspal !_ Je me demande quel est notre classement, fit Tanaka en se penchant vers Anudar. _ On finira bien par le savoir, répondit-il. Le titre était remis sans plus de cérémonie - le temps manquait pour qu'il puisse y en avoir, dans la mesure où il y avait mille étudiants à faire défiler." Cent cinquante-et-unième : Mérodak, Bel !_ Regarde, c'est Casquette ! fit Anudar. L'autre descendit les marches en levant les poings vers le plafond. Lorsqu'il eut reçu son titre, il regagna sa place en jetant un regard supérieur vers Anudar. Celui-ci, l'air de rien, lui montra le chiffre "deux" avec ses doigts., puis éleva le pouce avant de le poser sur sa propre poitrine. Mérodak s'empourpra mais n'osa pas manifester sa rage en public." Tu ne devrais pas le provoquer, murmura Tanaka qui avait remarqué son manège. Ce n'est pas très malin de ta part. _ Je sais... Mais après tout, aucun de ses sbires n'a été reçu... Et maintenant que nous sommes reçus, il n'y a plus de compétition entre nous tous, donc qu'est-ce que je risque ?" Tanaka haussa les épaules." Deux cent quatorzième : Bruséis, Anudar !" Il se leva sous les applaudissements et descendit les marches en quelques bonds. Ce fut le Professeur Palver qui lui remit son titre." Venez me trouver dans mon bureau aujourd'hui à quatre heures, s'il vous plaît, lui dit-elle à voix basse. Je veux discuter avec vous." Anudar hocha la tête, intrigué, puis regagna sa place. La cérémonie de l'appel dura près de trois heures. Tanaka fut appelé au rang de cinq cent quatre-vingt-seizième. Enfin, à une heure de l'après-midi, le millième et dernier lauréat reçut son titre officiel. Alors, le Doyen renouvela ses félicitations et indiqua que les habitants de secteurs lointains et les Exos pourraient se rendre dès le lendemain aux services sociaux de l'Université pour avoir accès aux logements du campus." Encore des avantages pour les Exos ! marmonna quelqu'un à quelques rangs du siège d'Anudar. Celui-ci échangea un regard avec Tanaka qui haussa les épaules à nouveau." Mon père m'avait prévenu, lui dit le jeune homme d'Oshanko. Trantor n'est plus aussi tolérante qu'il y a quelques décennies..." Affamés, ils se précipitèrent au RU Bailey dès que le Doyen eut terminé son discours de clôture.PROFESSEUR C. PALVER Directrice du Sous-Département de Mathématiques
Anudar relut la plaque dorée qui ornait la porte du bureau dans lequel il avait passé son avant-dernier oral, deux jours plus tôt, puis il frappa trois coups ; aussitôt, la voix du Professeur permit d'entrer. Le Professeur Palver semblait l'attendre, car son ordinateur était éteint et un certain nombre de documents présents sur son bureau l'avant-veille avaient été empilés dans un coin de la pièce. Le Professeur elle-même était une femme dont la haute taille frappait même lorsqu'elle était assise : Anudar avait pu remarquer que sa tête était à la même hauteur que celle du Professeur assise à son fauteuil. Elle se leva et tira pour lui d'un placard une chaise en rotin sur laquelle il reçut l'autorisation de s'asseoir. Puis elle lui tendit une tasse chauffante de thé." Bien, fit-elle en s'asseyant à nouveau et en retirant l'opercule de sa propre tasse. Tout d'abord, mes félicitations pour votre belle réussite, Anudar. _ Merci, Professeur, lui dit-il. Il enleva l'opercule de sa tasse et le thé à l'intérieur se mit à fumer, aussitôt porté à bonne température. Elle ouvrit une de métal peint qu'elle mit à sa portée sur son bureau : elle était remplie de biscuits." Professeur, si je puis me permettre... A quoi dois-je cette invitation ?_ Vous êtes de Théra, n'est-ce pas ?" Il hocha la tête et absorba une gorgée de son thé, détaillant son profil altier. Elle avait des cheveux ondulés retenus au-dessus de son front par un mince serre-tête de tissu." Est-il exact que vous allez vivre mille ans ? lui demanda-t-elle avec une certaine avidité dans son regard. Anudar manqua s'étrangler tant la question lui semblait incongrue dans la bouche d'une personne cultivée. L'immense majorité des Agrioï - ce qui, en langue elladique, signifiait les "Farouches" et désignait ceux qui n'étaient pas de l'Ellada - croyaient que le soin de longévité synthétisé par les ximmaques thérakiens allongeait sans fin l'espérance de vie. C'était pourquoi, dès lors qu'un Thérakien révélait son origine, il s'attirait la plupart du temps cette question grotesque. Le fait qu'en raison de son instabilité l'hormèse ne pouvait pas être commercialisée très loin de ses sites de production n'arrangeait rien à cette croyance : la seule base de biochimie industrielle qui en synthétisait se trouvait sur Théra, si bien que les Agrioï se méprenaient en permanence sur sa nature et ses propriétés." Euh... Non, Professeur. Selon nos ximmaques, l'hormèse ne peut pas allonger la vie au-delà de six siècles. Et si vous tenez à connaître mon avis, il s'agit sans doute d'une surestimation - personne, jusqu'à présent, n'est allé jusque là, pour la bonne et simple raison que l'hormèse n'existe que depuis cent cinquante ans..._ Ah, je vois, dit-elle. Il n'empêche... Vous vivrez encore quand moi je ne serai plus que poussière." Anudar fit la moue." L'hormèse ne supprime pas les morts par causes accidentelles, tempéra-t-il. Je peux mourir avant l'heure dans un accident - ou bien, on peut me tuer._ En avez-vous déjà pris ?_ Non... On n'en prend pas avant l'âge de vingt ans. D'après les équations biomathématiques, la prise avant la puberté peut générer de graves conséquences sur la stabilité du réseau neural supérieur. Les sujets développeraient une intelligence d'exception mais elle serait accompagnée de pathologies mentales - telles que la psychopathie, une paranoïa morbide, le dédoublement de la personnalité ainsi qu'un hubris dangereux._ Hubris ? demanda le Professeur en fronçant les sourcils.Anudar saisit un biscuit dans la boîte et le mâcha, se donnant ainsi le temps de la réflexion." Ce mot désigne dans notre langue l'ambition démesurée de l'homme qui souhaite surpasser le divin, dit-il. Dans notre culture, l'hubris est considéré comme le sentiment humain le plus néfaste, devant même la haine irrationnelle... Il conduit à des aberrations politiques ainsi qu'à des souffrances inouïes pour l'individu." Il lui expliqua ensuite le mythe antique de Salmonée - qui avait prétendu pouvoir surpasser Zeus lui-même, le roi des anciens dieux, lequel l'avait puni en le frappant de sa foudre véritable, et annéantissant dans le même temps la cité qu'il venait de fonder." Je comprends, fit-elle. Mais pour en revenir à l'hormèse... Ne ressentez-vous aucune excitation à vous dire que vous allez connaître un pan de l'avenir que nul autre ici ne connaîtra ?" Anudar hésita. Puis il eut un sourire." Professeur, l'avenir n'est jamais que ce qui suit le présent. Or, mon présent prendra fin en même temps que ma vie : l'avenir m'est donc tout aussi inconnaissable qu'il l'est pour vous... Peu importe si je vis un siècle, un an ou une seconde de plus que vous. L'avenir n'est pas écrit pour qu'on puisse le découvrir." Elle inclina la tête." Ne croyez-vous pas au Destin ? demanda-t-elle encore. Cette fois-ci, Anudar fronça les sourcils. Bien qu'elle ait employé le mot standard, il avait eu le sentiment qu'elle entendait lui adjoindre une majuscule ; or, une telle désignation le renvoyait à une notion très elladique, celle du Destin qui dominait jusqu'à la volonté des anciens dieux. Selon la doctrine du Nom, le Destin représentait la volonté indifférente de la Sainte Triade et c'était pourquoi il avait pu agir à des niveaux d'influence supérieurs à ceux des dieux olympiens - qui s'étaient trouvés parfois réduits, selon la légende, à soupeser les destins de certains mortels pour savoir comment agir, en faveur ou en défaveur de l'un ou l'autre d'entre eux." Je ne suis pas sûr que nous parlions de la même chose, Professeur, dit-il enfin en déposant sa tasse vide sur le bureau. Pour nous, le Destin est une force indifférente aux affaires humaines. Il s'agit d'un flux de l'histoire impossible à dévier._ Ma conception, en la matière, n'est pas très éloignée de la vôtre, fit le Professeur Palver. Enfin, je pense bien entendu que les actions de groupe peuvent parfois changer le cours de l'Histoire..._ J'ai entendu dire, mentionna-t-il, qu'un homme a jadis démontré la possibilité de décrire le Destin en équations mathématiques." Elle lui accorda un regard souriant." Oui, dit-elle. Vous faites allusion à la théorie psychohistorique de Hari Seldon. Hélas, Seldon n'a publié qu'un seul article en la matière - il y a près d'un siècle, à présent. Il a développé vers la fin de sa vie des prédictions, basées selon lui sur la psychohistoire, et qui ont épouvanté l'Empire au point d'exiger l'exil de ses fidèles vers le monde le plus éloigné de Trantor - la planète Terminus._ J'ignorais que Terminus avait été fondée par des Trantoriens, fit Anudar, très étonné. _ Terminus fait partie du domaine impérial, bien qu'aucun Empereur n'y ait posé le pied - jusqu'à présent._ Donc d'après vous, la psychohistoire permet de connaître ce que le Destin réserve à l'être humain ?" Le Professeur Palver secoua la tête." Non, dit-elle. Dans sa seule et unique publication, démontre que la psychohistoire ne peut s'appliquer qu'à de grands échantillons d'individus, afin que la loi des grands nombres l'emporte sur les déviations individuelles. Par conséquent, la théorie psychohistorique décrirait plutôt ce que le Destin peut réserver à l'ensemble de l'espèce humaine._ Et... Où en sont les recherches actuelles en la matière ?_ Au point mort, fit le Professeur en éclatant de rire. Seldon n'a plus rien publié après son article préliminaire et l'Empire a déclaré l'interdit sur la psychohistoire il y a cinquante ans." Anudar s'agita. A quoi bon interdire la recherche scientifique ? D'après lui, la science n'était ni bonne ni mauvaise en elle-même. Les biomathématiques permettaient aussi bien, en théorie, de développer des machines médicales miraculeuses que de générer des germes pathogènes mortels. Souvent, les mêmes équations servaient à décrire des phénomènes dont les conséquences pouvaient être bénéfiques ou redoutables, en fonction de l'utilisation qui en était faite. En la matière, rien ne pouvait remplacer la réflexion politique - et ceux de l'Ellada, s'ils étaient bien connus pour être les meilleurs biologistes de la Galaxie, étaient aussi réputés pour l'intensité intellectuelle de leurs débats politiques." Vous voici donc étudiant à Stirling, reprit le Professeur. Vous allez connaître dix années d'études indispensables à votre élévation scientifique... Le Conseil des Départements vous recommande de sélectionner pour le premier de vos quatre cycles les deux majeures de mathématiques et de physique - votre niveau de biologie relevant déjà du deuxième cycle. Vous aurez ensuite à choisir quatre mineures, dont deux devront obligatoirement être de nature scientifique... mais vous avez la possibilité de choisir deux mineures parmi les autres matières enseignées à l'Université. Celle-ci vous y encourage d'ailleurs._ J'ai parcouru le dépliant officiel tout à l'heure, dit-il. Je pense sélectionner la chimie et la planétologie... ainsi que l'histoire et la sociologie._ Des choix intéressants... Vous vous intéressez donc aux sciences humaines." Il prit une inspiration." Oui, Professeur. Selon les traditions de l'Ellada, nous devons être des esprits complets - à même de comprendre l'ensemble des éléments qui peuvent intervenir dans la réflexion politique. Nous sommes les inventeurs de l'hormèse, mais nous sommes aussi ceux qui ont formalisé le débat politique._ Ah oui ? s'étonna le Professeur. _ Oui, confirma-t-il. Le terme 'politique' est un mot elladique passé en standard, Professeur." Cette fois-ci, elle manifesta une surprise teintée de compréhension." Très bien, Anudar, dit-elle enfin. J'ai été contente de discuter avec vous..." Elle se leva et il l'imita, comprenant que l'entretien était à présent terminé. Elle le reconduisit à sa porte." N'hésitez pas à venir me trouver si vous rencontrez une difficulté, lui dit-elle encore en lui tendant la main sur le pas de la porte.Anudar contempla la main qui lui était offerte et une idée lui vint. Le nom de 'Cassandre' était celui d'une femme citée dans la mythologie antique... Une femme dotée du pouvoir de prophétie... Devait-il y voir un lien avec leur conversation sur le Destin ? Etait-ce de la part du Professeur une allusion masquée à... Il fallait en avoir le coeur net. Il leva les yeux vers elle, lui serra la main et, en un geste souple et bref, dessina dans sa paume le signe de la Triade." Passez une bonne fin d'après-midi, Anudar, dit-elle encore. Nous nous reverrons bientôt pour les premiers cours de mathématiques : je les assure moi-même." Anudar masqua sa déception. Elle n'avait pas montré la moindre réaction à son contact discret." Oui, Professeur, lui dit-il d'une voix mesurée. J'ai hâte de me mettre aux études." Elle referma sa porte et il haussa les épaules." Le Destin doit être fait de coïncidences, dit-il en elladique tout en s'éloignant.[HRP]Voilà, il s'agit de la fin de la première moitié de la nouvelle. L'image représente le visage d'Hypatie, une mathématicienne grecque de la fin de l'Antiquité. Je vous renvoie à son article sur Wikipedia si vous souhaitez en savoir plus : Hypatie d'AlexandrieComme toujours, vos avis sont attendus  . La suite ne viendra pas avant la semaine prochaine, au plus tôt  .[/HRP] |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 29 Avr - 15:27 | |
| Mésiarche.Les années passèrent pour Anudar, entraînant avec elles les derniers feux de son enfance et les premiers de son âge adulte. Il apprit à se fondre dans l'essaim trantorien, creuset de toute l'humanité, dont il visita autant des huit cents secteurs qu'il le put, et il vit que Trantor, malgré sa minérale et stérile saveur, était belle ainsi qu'un chef-d'oeuvre ciselé. Il se rendit à la pointe des tours de la Couverture, où il découvrit la gloire du ciel nocturne de la capitale de l'Empire, et il se rendit au fond des abîmes, où il vit des vies humaines vendues pour quelques crédits ; il y eut un jour où Tanaka et lui durent courir pour leurs vies dans les couloirs des bas-fonds, et il y eut celui où ils assistèrent au couronnement de l'Impératrice, au coeur du Secteur Impérial. A la lumière des anciens mythes, Anudar comprit peu à peu que démesure, grandeur, effroi et splendeur se confondaient sur Trantor - ainsi que l'humain et l'inhumain se confondent en tout être. Il revint sur Théra toutes les fois qu'il le put, retrouvant avec émotion le seul monde véritable qu'il ait jamais connu - celui où l'Homme connaissait la saveur d'une existence pensée selon des lois destinées à élever sa propre dignité - celui où les Cités, loin de meurtrir le corps de la terre afin de s'y enfouir, s'ouvraient au vent, à la lumière des astres, à la pluie et aux odeurs du monde. Et sur ce monde qu'il découvrait, changeant et changé, à chacun de ses retours, Anudar retrouvait l'univers secret où le discret signe de la Triade dessiné sur la paume d'une main et où quelques mots prononcés en langues anciennes ouvraient des portes toujours closes, celles de la société du Serment Elladique, dont les origines se perdaient dans les brumes du passé. Il apprit que la société secrète exerçait son influence sur plus d'un monde, et même sur plus de mille mondes ; elle avait suivi ceux de l'Ellada sur tous les mondes qu'ils avaient visités au cours des millénaires qui avaient suivi la victoire de l'Empire et, même si désormais les sept nations s'étaient rassemblées sur un seul d'entre eux, certains étaient restés en arrière, conservant ainsi toute sa solidité à la toile tissée comme arme de contre-pouvoir face au pouvoir des Empereurs. Sur Théra, une personne sur dix avait prêté le Serment, et par l'intermédiaire des réseaux de socialisation et des clubs culturels, celui-ci touchait en fait les trois quarts de la population. Anudar s'éleva dans la hiérarchie de la société : de simple initié, il devint acolyte, puis compagnon ; les preuves brillantes de sa réussite sur Trantor le firent monter plus haut encore, jusqu'au jour où il devint mésiarche - le titre caché le plus haut dont il ait eu connaissance. Ainsi s'étaient passées dix années. Ainsi s'écoulèrent aussi dix années pour l'ensemble de la Galaxie, y compris sur un monde que ses habitants nommaient -
Star's End !" Les tensions approchent de leur point de rupture, selon tous les modèles, fit l'Oratrice, ouvrant ainsi la réunion. Les quatre autres Orateurs autour de la Table approuvèrent d'un signe de tête. Le Plan prévoyait que la Table des Orateurs, dans les siècles à venir, rassemblerait l'élite mentaliste de la Seconde Fondation ; il prédisait qu'une fois l'équilibre atteint, au moment de la Chute, la Table accueillerait en moyenne une dizaine d'Orateurs. Bien entendu, à ce stade précoce de la réalisation du Plan, il n'y avait - ne pouvait - pas y avoir autant d'Orateurs autour de la Table. La première génération des mentalistes de la Seconde Fondation avait été dirigée par trois Orateurs, la seconde en comptait déjà cinq." Alors, fit un autre Orateur, c'est ici que tout commence. _ Plus exactement, dit la Première Oratrice, c'est ici que tout deviendra visible. Notre organisation exerce son influence depuis cinquante ans maintenant, et pour le moment, le danger était ici ; désormais, il sera là-haut, sur Terminus, et il en sera ainsi pour... Troisième Orateur ?_ Selon les chiffres, deux siècles et demi avant que nos existences physiques ne soient à nouveau menacées, compléta celui qu'elle avait interpelé.Les hochements de tête se répétèrent autour de la Table." Récapitulons, reprit la Première Oratrice. Nous entrons dans une nouvelle phase de la décadence de l'Empire. Bien tout ait commencé il y a plus de mille ans, tout va s'accélérer nettement dans les décennies à venir..." Des équations se dessinèrent sur les murs qui encadraient la Table et la Première Oratrice pointa une zone sur l'entrelacs serré des symboles mathématiques." Selon le calcul de Seldon, c'est dans le secteur d'Anacréon que les choses sérieuses démarreront ; bien évidemment, le choix de Terminus fut déterminé par cette raison. Depuis un siècle environ, le pouvoir des forces armées progresse dans l'Empire - à la mort de Cléon Ier, un pronunciamento a dressé durablement la Galaxie contre Trantor. Le retour des Empereurs n'a rien réglé même si la situation a semblé s'améliorer... La mort du Vieil Empereur Vadim IV, qui a laissé le pouvoir à sa fille Malvina, ne fait qu'accélérer les événements : l'Impératrice est accablée d'une réputation de frivolité qui ne lui laisse guère de marge de manoeuvre politique. En face d'elle, la puissance et l'ambition du Maréchal Nas Cobol ne laisse de place qu'à deux possibilités : ou bien Malvina s'allie à lui d'une façon ou d'une autre, ou bien elle s'expose à être renversée tôt ou tard... Dans tous les cas, le pouvoir politique va glisser un peu plus dans les mains des forces armées..." Le pointeur se déplaça sur une autre zone." Ce déséquilibre précipitera l'arrivée du point de rupture dans la Périphérie. Les désordres politiques sur Trantor conduiront aux premières prises d'indépendance dans le Secteur d'Anacréon... Suivies sans doute presque aussitôt d'autres sécessions dans le Secteur Siwennien ainsi qu'ailleurs dans la Périphérie lointaine, voire dans la Périphérie moyenne... L'Empire ne pourra pas faire face simultanément à tous les dangers et les désordres internes seront résolus par une progression du centralisme." Elle eut un sourire sans joie." Ainsi, conclut-elle, et paradoxalement, le pouvoir impérial bien que déclinant n'aura jamais été aussi puissant dans le passé qu'il ne le sera pendant cent cinquante ans désormais._ Nous avons pu constater ici, intervint le Second Orateur en pointant une sous-section du pan d'équations désigné en premier par la Première Oratrice, qu'il existe une éventualité de résolution du conflit entre les politiques et les militaires à faible probabilité de réalisation..." La Première Oratrice contempla les équations et eut un soupir." Oui, bien entendu. Les deux éventualités favorables reviennent au même, évidemment : soit Malvina s'allie au Maréchal, soit il la renverse ; mais il existe effectivement une autre possibilité... Trantor elle-même représente un pouvoir considérable au sein de l'Empire. Le peuple trantorien sait qu'en certaines circonstances, dans le passé, il a pu dicter sa politique aux Empereurs et aux Maréchaux d'Empire ; et en ce moment de telles forces sont en action sur Trantor." Sur un geste qu'elle fit, les équations disparurent des murs de la pièce et les Orateurs la regardèrent avec attention." Nous devrons maintenir notre surveillance psychohistorique sur le PED. De tous les mouvements qui noyautent la politique trantorienne, c'est de lui, et de lui seul, que pourra venir un élément nouveau._ La nature éventuelle de cet élément n’est pas sans nous faire frémir, remarqua le Troisième Orateur d’une voix neutre.Il y eut un long silence. A cette remarque énoncée d’une voix posée, la fracture au sein de la Table apparaissait plus palpable encore… Le Troisième et le Quatrième Orateur étaient en désaccord avec leurs trois collègues sur l’opportunité de réaliser certains choix psychohistoriques qui, selon eux, entraient en contradiction avec l’esprit, sinon la forme, du Plan. Seldon n’avait-il pas après tout prévu de réduire l’ère de barbarie ouverte par la décadence de l’Empire ? La philosophie dominante, autour de la Table, postulait que le contrôle psychohistorique devait être maintenu à son plus bas niveau possible. L’espèce humaine n’avait jamais rien connu de semblable à la Seconde Fondation et elle n’était pas prête à tolérer un contrôle psychohistorique en toute connaissance de cause. Pas encore.« Nous frémissons tous lorsque nous voyons ce qui risque d’arriver, reprit la Première Oratrice. Cependant, toute intervention de notre part risquerait de nous démasquer mille ans trop tôt… Le Plan n’y survivrait pas et c’est la seule certitude qui doit guider notre action. » Les Orateurs hochèrent la tête une dernière fois, sinon convaincus, du moins conscients de l’intérêt plus élevé du Plan._________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 29 Avr - 15:29 | |
| « Toujours ce problème ? » Anudar s’ébroua. Il s’était endormi, avachi sur les contrôles de son ordinateur holographique dont l’écran projetait des équations biomathématiques autour de sa tête. Levant les yeux vers sa mère, il lui sourit.« Toujours, confirma-t-il. Je ne savais pas que tu savais lire mes équations…_ Je ne sais pas les lire, mais je sais reconnaître une série de symboles identiques lorsqu’ils sont proposés à ma vue plusieurs fois, dit-elle en s’approchant. Peux-tu m’expliquer de quoi il s’agit ? » Il eut un soupir et s’écarta de la projection holographique.« Comme tu le sais, dit-il, j’ai passé mes neuf années et six mois sur Trantor à perfectionner mes mathématiques et à étudier divers problèmes biomathématiques. Depuis plusieurs années, je m’intéresse à la théorie des champs…_ Et grâce à cet intérêt, nous te devons ces médaillons si utiles à notre Serment… dit-elle avec un sourire.Anudar hocha la tête. Deux ans plus tôt, il était parvenu à construire un communicateur à impulsions gravitiques. L’objet pouvait émettre et recevoir des flux rythmés de gravitons ; un interpréteur couplé à l’impulseur permettait d’y lier de l’information. L’objet était peu efficace : l’impulseur consommait une quantité considérable d’énergie, et la vitesse des gravitons le rendait moins rapide que les holotransmetteurs impériaux. Cependant, il disposait de deux avantages sur ceux-ci : sa petite taille permettait d’en faire des relais d’appel d’urgence, et surtout, l’Empire en ignorait l’existence. Le Serment Elladique avait accueilli le médaillon gravitique avec bonheur, en lançant presque aussitôt la production en série ; Anudar y avait gagné son titre de Mésiarche.« J’ai compris l’année dernière que les flux génétiques au sein d’une espèce représentent un objet d’étude auquel la théorie des champs est applicable, reprit-il. A Stirling, nous disposons d’une puissance de calcul inégalée – hormis, bien entendu, au sein de la Flotte Impériale – et j’ai voulu tester des outils théoriques de ma conception. J’ai sélectionné divers modèles biologiques… Des espèces bien connues, présentes sur la plupart des mondes de l’Empire, et sur lesquelles on trouve une abondante documentation._ Lesquelles ?_ Une mouche de laboratoire, entre autres, qui porte un nom elladique : la Drosophile… Mais j’ai aussi choisi d’étudier l’être humain : nous sommes une espèce ubiquiste dans la Galaxie et nous constituons donc un bon modèle. Et c’est là que j’ai remarqué quelque chose d’anormal. » Il réfléchit un long moment, cherchant ses mots, et finit par affirmer :« La théorie des champs me donne accès au potentiel évolutif d’une espèce vivante, ainsi qu’au degré d’utilisation de ce potentiel à un instant donné… Il m’est possible, par ailleurs, de prédire ce degré à partir de données biologiques fondées… J’ai fait les deux calculs et j’ai pu constater qu’ils coïncident bien pour tous mes modèles, la Drosophile, le Poisson-zèbre et la Souris… sauf pour l’être humain, dont le degré d’utilisation du potentiel évolutif réel est très inférieur au théorique._ Ce qui signifie ?_ Qu’il existe une force, une pression, qui contraint l’évolution de l’être humain. Selon les calculs que j’ai réalisés, la divergence génétique entre une Drosophile capturée il y a cinquante siècles et une autre capturée de nos jours équivaut à celle qui sépare deux espèces distinctes. Il n’en est rien pour l’être humain : d’après mon modèle, il faudrait remonter à vingt mille ans dans le passé pour commencer à s’approcher du taux de divergence entre deux espèces… » Sa mère hocha la tête et demanda :« Mais ne penses-tu pas que la différence pourrait provenir de la rapidité plus grande des générations chez la Drosophile ?_ C’est pour cette raison que j’ai tenté d’appliquer mon modèle à d’autres espèces, dit-il. Les éléphants par exemple, dont le temps de génération est comparable à celui de l’être humain. Le chiffre reste comparable : en quelques dizaines de siècles, les divergences réalisent des espèces distinctes… sauf pour l’être humain._ Et quelle est cette force dont tu observes l’influence dans tes équations ? » Anudar tourna la tête vers son ordinateur et soupira.« J’aimerais bien le savoir, dit-il enfin. Je ne suis certain que d’une chose : ce n’est pas bon pour l’humanité…_ Bien des choses sont mauvaises pour notre espèce, soupira sa mère, à son tour. Anudar, je suis inquiète de ces nouvelles qui nous parviennent d’Anacréon… » Il haussa les épaules et fit la moue.« L’agitation dans ce Secteur n’est pas nouvelle…_ Anudar, je suis sociologue, et je perçois une tendance dangereuse aux troubles politiques et sociaux là-bas, dans la Périphérie lointaine. Nous avons toujours attendu un affaiblissement de l’Empire… mais je ne pensais pas qu’il puisse se produire si vite… et surtout qu’il s’annonce si violent, alors que nous n’avons pour le moment aucun projet alternatif à même d’assurer la survie de notre chère Ellada en ces temps troublés qui s’annoncent._ Mère, dit-il, l’Empire a tenu dix mille ans. Nous vivons plus vieux que tous ceux de cette Galaxie et c’est pourquoi nos calculs à long terme dépassent ceux des autres, et pourtant, cette durée reste trop longue pour que nous puissions l’envisager. Notre Ellada existait avant l’Empire et elle s’est maintenue, malgré lui, elle survivra quoi qu’il advienne de l’Empire, je n’en doute pas._ Au prix des vies de combien des nôtres ? s’interrogea sa mère.Anudar eut une grimace et il éteignit son ordinateur.« Je suis sérieuse, dit-elle encore. Pendant ces dix dernières années, la situation s’est dégradée un peu partout… Ici même, sur Théra, nous percevons le durcissement du pouvoir impérial, et nous entendons les nouvelles alarmantes de la montée de ce mouvement de fanatiques sur Trantor. Anudar, je m’inquiète pour ta sécurité. » Il se leva et la prit par les épaules. A présent, il était aussi grand qu’elle, et comme elle consommait de l’hormèse, elle semblait à peine plus âgée que lui. Avec l’éloignement entre lui et sa famille, et son ascension au sein du Serment Elladique, il avait peu à peu compris qu’il perdait ses parents pour gagner une grande sœur et un grand frère. Et pourtant, le vieil instinct parental s’exprimait toujours, malgré les forces conjuguées de la coutume et de l’habitude.« Ne sois pas inquiète, dit-il d’une voix rassurante et en souriant. Je connais bien Trantor, et par ailleurs, aucun des nôtres n’est seul là-bas… Ceux qui ont prêté le Serment ne peuvent l’être. » Elle hocha la tête et sourit avant de le laisser seul. Lorsque ce fut fait, le sourire d’Anudar disparut et il se retourna vers son ordinateur à présent éteint, soucieux à nouveau. Une chose le tracassait dont il n’avait pas encore osé à qui que ce soit, une chose si folle qu’il se demandait parfois s’il ne s’abusait pas lui-même. Dans le cadre de ses recherches, il avait eu accès à certains registres génomiques réalisés dans les hôpitaux trantoriens. Les marqueurs génétiques portés par la molécule d’ADN héritable se fossilisaient de génération en génération, si bien qu’il était possible de reconstituer leur répartition statistique au fil du temps en se basant sur des modèles qu’il avait améliorés lui-même. Ses calculs résultaient d’hypothèses raisonnables et il les avait nourris de son talent, domestiqué maintenant par ses professeurs de mathématiques de Stirling ; et pourtant, ils montraient que le potentiel évolutif de l’espèce humaine, s’il avait toujours été bas, ne l’avait jamais été autant que depuis deux générations. Une force était à l’œuvre qui perturbait la réalisation du potentiel évolutif de l’espèce humaine… Et cette force, depuis cinq décennies, avait accentué son emprise, au moins sur Trantor.
 [HRP]Voici donc le retour d'Anudar  . J'ai ajouté un titre ("Etudiant") à la première moitié. La deuxième s'intitule "Mésiarche", et la signification de ce mot apparaîtra dans les passages à venir. Merci de suivre cette nouvelle et n'hésitez pas à donner votre avis  ! Passage coupé en deux pour raison de grande longueur.[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 1 Mai - 10:02 | |
| Ce fut pendant le cours de physique du Professeur Kim Yok que tout commença. Le vieux Professeur était en train de leur rappeler les équations fondatrices du voyage hyperspatial lorsque la porte de l'amphithéâtre s'ouvrit avec violence, laissant entrer quatre hommes en uniforme de la Garde Impériale, frappés à la poitrine de l'emblème à l'étoile et à l'astronef. Le Professeur Yok s'interrompit au cours de sa phrase et les regarda s'approcher, l'air éberlué, cependant que toutes les têtes se tournaient vers les nouveaux arrivants." Le nommé de Godrig Haut Minerva est-il présent ici ?" Toutes les têtes se tournèrent vers Haut Minerva qui s'était levé, le teint devenu soudain très blanc. C'était un Haut de l'aristocratie d'Anacréon, un garçon plutôt sympathique avec lequel Anudar discutait de temps en temps." Godrig Haut Minerva, fit l'officier qui avait parlé plus tôt, vous êtes en état d'arrestation._ Qu'est-ce que ça veut dire ? s'insurgea le Professeur Yok. Le privilège de Stirling interdit à la Garde Impériale de venir arrêter nos étudiants, c'est à la police du Secteur de..._ Le règlement entre l'Empire et l'Université n'est plus valable en situation d'urgence, l'interrompit l'officier d'un ton froid. Puis, se désintéressant du Professeur : Godrig Haut Minerva, nous avons l'autorisation de recourir à nos fouets neuroniques si vous résistez." Et sur ces mots, les trois soldats qui l'accompagnaient dégainèrent leurs fouets. Des clameurs d'indignation s'élevèrent dans l'amphithéâtre." Silence ! s'écria le Professeur Yok qui soudain semblait inquiet pour la sécurité de ses étudiants. Ne bougez pas ! J'en réfèrerai au Doyen, officier !_ Je n'obéis qu'à notre souveraine l'Impératrice, trancha l'autre cependant que Haut Minerva, stupéfait, arrivait au niveau des soldats de l'Empire qui l'encadrèrent aussitôt._ Puis-je savoir pourquoi vous m'arrêtez, officier ? voulut-il savoir.L'autre lui adressa un regard inexpressif." Vous devez être mis au secret, dit-il, parce que vous êtes ressortissant d'un monde renégat à l'Empire depuis ce matin." " Regarde ça ! souffla Tanaka en désignant l'écran de l'holovision. Les cours étaient suspendus depuis la veille, en mesure de protestation face aux arrestations sommaires qui avaient frappé tous les étudiants du secteur d'Anacréon. L'Université unanime avait aussitôt choisi de montrer son désaccord par la grève, et à présent, Anudar se trouvait dans sa chambre universitaire, cloué devant les terrifiantes images venues d'Anacréon. Certaines unités de la Flotte Impériale s'étaient en partie ralliées à la rébellion dirigée par les Hauts et les combats faisaient rage, dans l'espace mais aussi au sol de certains des mondes du secteur, en une explosion de violence inouïe. Les troupes fidèles à l'Empire, bien que plus nombreuses, se trouvaient dans une posture fâcheuse car privées d'un commandement efficace ainsi que d'un soutien rapide de la part du Centre." Le Maréchal Cobol a déclaré, mentionna le commentateur, que des renforts vont être envoyés de Siwenna sur Anacréon. L'Impératrice Malvina Ière, sur les conseils éclairés du Maréchal, a donné son autorisation à l'utilisation d'armes de destruction massive..._ Ils sont fous ! s'exclama Tanaka.Anudar éteignit son écran d'holovision, écoeuré." Oui, dit-il. Je pense qu'ils ont perdu la raison." Un tumulte se fit entendre à l'extérieur, des gens qui couraient dans les couloirs, frappant à toutes les portes et beuglant :" Assemblée générale ! Assemblée générale !_ Encore ? soupira Tanaka._ Allez, viens, dit Anudar. Cela vaut mieux que de rester ici à regarder ces nouvelles déprimantes." Toutefois, à peine eurent-ils mis la tête dans le couloir qu'Anudar détecta quelque chose d'anormal. Les fenêtres avaient été closes, ainsi que toutes les issues de secours." C'est un piège, dit-il à l'oreille de Tanaka. On ne doit pas sortir d'ici._ Qu'est-ce que tu racontes ?" Sans autre forme de procès, Anudar le prit par l'épaule et l'attira dans sa chambre dont il referma la porte ; dans le désordre qui régnait dans le couloir, personne ne remarqua leur mouvement de recul. Figés l'un face à l'autre dans la chambre silencieuse, ils attendirent. Des clameurs assourdies provenaient du grand hall, quatre étages plus bas." Vas-tu me dire... commença Tanaka. _ Silence ! l'interrompit Anudar. Des pas se faisaient entendre dans le couloir... une, deux... cinq personnes qui s'arrêtèrent devant la porte de sa chambre. Anudar porta sa main sous sa manche. Les yeux de Tanaka s'arrondirent. Des pieds bottés s'abattirent sur la serrure, l'arrachant à la porte de bois qui s'ouvrit en claquant, laissant voir cinq jeunes hommes qui portaient un uniforme kaki, frappé du cercle trifléché du PED." Les voilà, dit l'un d'entre eux. Ils sortirent des couteaux à cran d'arrêt. Alors, Anudar se lança sur eux en dégainant son couteau galba. Sa vitesse les surprit ; l'un d'entre eux reçut les doigts rigidifiés de sa main gauche sous le nez dont le cartilage émit un craquement sinistre, un autre coincé dans l'ouverture étroite de la porte eut son épaule ouverte par le fil du couteau galba. Anudar s'avança cependant que le premier s'effondrait, le regard vide et le menton recouvert de liquide céphalo-rachidien, et il donna un coup de talon dans l'estomac du deuxième pour l'empêcher de hurler. Les trois autres agresseurs eurent un mouvement de recul dans le couloir, puis deux d'entre eux firent claquer leurs lames et les pointèrent vers Anudar ; le premier voulut lui tomber dessus pour tirer parti de sa haute taille et Anudar se ramassa au sol, élevant puis abaissant son bras armé en direction de la cuisse de l'autre ; il se releva tandis que le quatrième tentait de le contourner, projeta le tranchant de sa main sur le côté, frappant ainsi la tempe fragile - au même instant où un cri bref l'informait que le troisième venait de toucher le sol, et que sa cuisse tranchée venait de céder sous lui. Le cinquième prit peur et voulut s'enfuir : Anudar lança son couteau galba qui, planté à l'arrière du genou du fuyard, interrompit sa course ; une manchette sur la nuque acheva de l'assommer." Par les neiges du Mont Fuji, souffla Tanaka en sortant de la chambre. Anudar récupéra son couteau galba qu'il essuya sur l'uniforme de sa dernière victime avant de le rengainer. Il sécha son front et dit à Tanaka :" Récupère tes affaires les plus précieuses. Il faut sortir d'ici. Je ne pense pas que je pourrais venir à bout d'un nombre plus grand d'entre eux." Ils avaient pu sortir de la résidence universitaire sans attirer l'attention quelques minutes plus tard. La période diurne prenait fin et l'éclairage public s'allumait peu à peu. Anudar renifla l'air et regarda autour de lui. Le campus émettait des sons anormaux : des clameurs lointaines s'élevaient de temps à autres, des cris, des bruits de vitres cassées." Mais qu'est-ce qui se passe ? voulut savoir Tanaka._ Un pogrom, dit Anudar. Et, voyant que son ami ne comprenait pas :" Les militants du PED ont saisi l'occasion de la rébellion d'Anacréon pour se livrer enfin à ce qu'ils rêvent de faire depuis des décennies. Ils vont attaquer les Exos présents sur Trantor... et en tuer s'ils le peuvent._ Mais... balbutia l'autre. Il y a plus de cent millions d'Exos sur Trantor ! Ils ne peuvent pas... l'Impératrice n'accepterait pas..." Anudar haussa les épaules. Ils marchaient en dehors des allées illuminées, espérant ainsi éviter de se faire repérer trop vite." Par les dieux, Anudar, qu'est-ce qu'on va faire ?_ Je ne sais pas, dit-il. Nous abriter quelque part pour commencer... le temps de réfléchir à la suite des événements..." Ils contournaient le SDM lorsqu'ils tombèrent sur un fort parti de militants du PED." Oh non, souffla Tanaka. _ Tiens, tiens, tiens, tiens, qui voilà, émit quelqu'un._ Mérodak, fit Anudar. Il saisit par l'épaule Tanaka pétrifié et le fit s'élancer. Derrière eux, les autres se mirent à courir, en éclatant de rire." On est fichus ! s'écria Tanaka. Ils se trouvaient devant la porte du SDM, vitrée... ainsi que fermée. Anudar saisit son couteau galba et le cogna de toutes ses forces contre la vitre qui cassa ; de quelques coups de pied, il dégagea l'accès." Suis-moi ! dit-il en plongeant dans l'ouverture béante._ Dégradation de matériel universitaire ! brailla Mérodak. Le Doyen ne sera pas content, petits Exos !" Anudar grimpa deux à deux le premier escalier qui se présenta. Il le savait, il ne lui serait pas aussi facile d'ouvrir les autres issues du SDM. Le mince espoir qu'il lui restait était de forcer les autres à s'engager dans le bâtiment et à les contourner en changeant d'étage avec astuce." Tu vas pouvoir courir longtemps ? demanda-t-il à Tanaka._ Tant que j'ai des jambes et qu'ils me poursuivent, oui, répondit l'autre.Anudar eut un sourire... qui mourut sur lorsqu'il découvrit avec horreur que leurs poursuivants avaient pensé à la même chose que lui... Car en face d'eux, une dizaine de sbires du PED leur barraient le passage, cependant que Mérodak accompagné d'une autre dizaine de fanatiques se rapprochait de leurs arrières." Tanaka, je suis désolé, dit Anudar en arrêtant sa course. Cette fois-ci, je pense que nous y avons droit." [HRP]L'image se passe de commentaire, à mon avis, compte tenu de ce qui est décrit dans le passage. Comme toujours, vos avis sont les bienvenus.[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mer 2 Mai - 20:28 | |
| Anudar avait dégainé son couteau galba, mais c'était par réflexe plus que par conviction. Les autres étaient vingt et un holster de fouet neuronique pendait à la ceinture de Mérodak. Il n'y avait aucune ouverture tactique à sa portée et son seul espoir résidait donc dans l'intimidation." Tu as encore ton joujou ? ricana Mérodak. C'est avec ça que tu as massacré les cinq que j'avais envoyés pour prendre soin de toi ?_ Il y en a au moins un, parmi eux, dont les soins devront durer des mois s'il veut s'en remettre, fit Anudar, et encore... A condition que vous l'ayez secouru à temps." A la grimace que firent certains des fanatiques en face d'eux, il saisit que la gravité des blessures de sa première victime en avait impressionné plus d'un." Toi et tes sbires, vous êtes prévenus, dit-il encore. Tu as un fouet neuronique, c'est vrai, mais je suis rapide, et cette fois-ci, je frapperai pour tuer. Trois d'entre vous au moins ne sortiront pas vivants d'ici pour que les autres puissent venir à bout de moi." Son regard tranquille pesa sur les autres et il perçut l'angoisse qu'irradiait Tanaka." Alors ? Par qui je commence ?" Pour toute réponse, Mérodak eut un mauvais sourire et dégaina son fouet neuronique." Si tu lèves ton arme, tu seras ma première victime, le prévint Anudar._ On va voir ça, lança l'autre. Tanaka porta la main à sa bouche cependant qu'Anudar se raidissait, surveillant la main armée de son adversaire." Je ne pensais pas que vous iriez jusqu'à porter la violence en ces lieux, Mérodak, intervint une nouvelle voix. Toutes les têtes se tournèrent vers la haute femme qui s'était approchée d'eux en silence." Professeur Palver, émit Mérodak, nous avons reçu des ordres qui..._ Ce que vous faites ici est illégal, l'interrompit le Professeur. Seuls les ordres de l'Impératrice peuvent transcender ceux du Doyen en ces lieux - Doyen dont je suis la représentante. A ce titre, je vous ordonne de quitter ce bâtiment - et de laisser ces deux individus._ Désolé, Professeur, fit Mérodak dont la superbe revenait. Nos ordres proviennent directement du Mar..._ Tu parles trop, Bel, lança un des sbires.Anudar le regarda et remarqua aussitôt qu'il ne s'agissait pas d'un simple militant du PED. Ses traits et son accent étaient caractéristiques d'un habitant du Secteur Impérial. De plus, il portait à la ceinture un holster d'une taille plus impressionnante que celui de Mérodak." Tu parles trop, répéta le nouvel intervenant. C'est pour cela que c'est moi qui porte l'éclateur, et pas toi. Professeur, je vous prie d'excuser mon compagnon pour cette... regrettable situation à laquelle vous avez été mêlée. Les deux Exos resteront sous votre protection aussi longtemps que vous le jugerez nécessaire. A présent, nous allons quitter les lieux." Il posa sa main sur son holster et Mérodak comprit aussitôt l'allusion. Pinçant les lèvres et rouge de colère rentrée, il inclina la tête en direction du Professeur Palver et tourna bride le dernier, non sans avoir adressé un ultime regard mortel à son adversaire. Anudar ne le quitta pas des yeux avant qu'il ait passé le couloir." Professeur Palver, dit Tanaka, je ne sais pas comment vous remercier..._ En entrant là-dedans, fit-elle en déverrouillant une porte. Anudar rengaina son couteau galba, suivit Tanaka dans la pièce et déposa enfin son sac à dos sur le sol carrelé, aussitôt imité par son ami. Le Professeur referma la porte derrière elle." Vous l'avez échappé belle, commença-t-elle._ Mérodak a presque avoué l'implication du Maréchal Cobol dans cette horreur, s'indigna Tanaka._ J'ai entendu. Et croyez-moi, il n'y a rien à faire à ce sujet. Ces événements seront occultés dans l'avenir : les jours où les Exos auront été massacrés et renvoyés de Trantor ne seront mentionnés dans aucun livre d'Histoire impérial. Ne vous attendez donc pas à pouvoir déposer plainte auprès de la justice impériale. Vous m'avez bien compris, Isumi ?" Les épaules de Tanaka s'afaissèrent, et il regarda les ordinateurs de la salle de travaux pratiques dans laquelle ils se trouvaient." Oui, Professeur, dit-il d'une voix pleine de colère rentrée._ Et vous, Anudar, qu'avez-vous à dire ?_ Je vous suis reconnaissant de nous avoir tiré d'affaire, dit-il en étudiant son visage avec attention. C'est une chance pour nous que vous soyez restée si tard en ces lieux..." Elle hocha la tête et leur adressa un bref sourire." Pour le moment, le plus urgent est d'assurer votre protection à tous les deux, leur confia-t-elle. J'aimerais vous abriter dans la BU, où à ce que j'ai compris pas mal d'Exos ont trouvé refuge._ Que font les vigiles de l'Université ? voulut savoir Anudar._ Les vigiles ? Claquemurés dans leurs guérites ! cracha-t-elle. Seuls les bibliothécaires maintiennent la sécurité des étudiants désormais... Mais encore faut-il pouvoir vous y conduire. Pour le moment, le PED considère le campus comme un terrain conquis et cela risque de durer plusieurs jours encore, et je pense donc qu'il vaut mieux pour vous rester dans ce bâtiment pendant au moins vingt-quatre heures. Dans la mesure du possible, ne sortez pas de cette pièce. Il y a un local technique à côté, où vous trouverez de quoi vous désaltérer ainsi que vous soulager, mais vous devrez jeûner jusqu'à ce que je parvienne à vous envoyer assez de bibliothécaires pour vous conduire en sécurité." Anudar fronça les sourcils puis il inclina la tête." Je vous remercie pour votre aide, Professeur, dit-il enfin._ Oh, c'est bien naturel, sourit-elle. Ce serait un scandale si je laissais ces fanatiques tuer mes étudiants - surtout lorsque je connais leur excellent potentiel." Elle eut un clin d'oeil et ouvrit la porte." Et n'oubliez pas, dit-elle. Ne sortez pas d'ici. Ne vous laissez pas voir. Je vous envoie des gens demain." Anudar regarda la porte qui se refermait sur le Professeur sans parvenir à se défaire d'une impression désagréable. Tanaka se laissa tomber sur une chaise et soupira, d'un long soupir qui dura plusieurs secondes." Dieux ! dit-il en riant. Quelle femme, cette Palver ! Tu as vu comment elle a réussi à nous tirer d'affaire ? Je croyais déjà que nous allions être écharpés..._ Oui, moi aussi, fit Anudar sur un ton distrait._ Au fait, murmura Tanaka en se penchant dans sa direction, tu m'avais caché que tu étais un parfait petit tueur." Anudar fit la moue et secoua la tête. L'un de ses maîtres de combat au couteau lui avait dit un jour : "Tuer sera toujours un constat d'échec de ta part. Toutefois, mieux vaut pour toi échouer en vivant, qu'échouer en mourant, et c'est pourquoi je dois t'enseigner l'art de la mise à mort."" Cette fois-là, lors de nos examens d'entrée à l'Université... poursuivit Tanaka... tu aurais pu t'en tirer seul, non ? Ils n'étaient que quatre, après tout..._ Non, dit Anudar sur un ton raide. J'avais quinze ans et je n'avais pas encore ce talent. Ils m'auraient eu si tu n'avais pas été là ainsi que Méï..." Il réfléchit un instant et ajouta :" Quelle chance pour elle, d'ailleurs, d'avoir pris ses congés sur Oshanko il y a un mois..._ Oui, approuva Tanaka.Il se leva et se rapprocha de la fenêtre, tentant d'observer la situation à l'extérieur par les vitres sans tain." Le campus est anormalement sombre, dit-il. J'espère que les gens que le Professeur Palver a promis de nous envoyer viendront plus vite que prévu." Anudar prit sa décision. Il ouvrit son sac à dos et en tira le médaillon gravitique frappé du casque de hoplite qu'il y avait rangé, sans y penser, à son départ de Théra." Qu'est-ce que tu fais ? voulut savoir Tanaka qui s'était approché. Sans répondre, Anudar ouvrit son médaillon et actionna un contrôle. L'objet se mit à émettre une sourde vibration : il espéra qu'il y avait quelqu'un à l'écoute de la résonance de son propre médaillon, quelque part sur Trantor..." Oui, fit soudain une voix de femme à travers le minuscule haut-parleur du médaillon. Le premier sourire de la soirée apparut sur les lèvres d'Anudar : la voix parlait en sa langue." Serment Elladique, dit-il. Intrigué, Tanaka fronça les sourcils et se pencha sur le médaillon. Il sembla sur le point de dire quelque chose mais Anudar lui fit signe de garder le silence. La femme ne répondit pas pendant un instant, puis elle fit :" Je vous localise. Vous êtes en difficulté ?_ Nous sommes retenus sur le Campus. La situation ici est très dangereuse._ Elle l'est partout sur Trantor, lui dit la femme.Anudar haussa les sourcils. Il avait compté sur le fait que certains secteurs auraient protégé les Exos mieux que d'autres." Nous sommes deux, fit-il. Pensez-vous pouvoir nous évacuer ?_ Oui, répondit-elle. Nous arriverons demain, aux premières heures de l'aube." Il la remercia puis referma le médaillon." Qu'est-ce qui se passe ? demanda Tanaka. Avec qui parlais-tu ?_ Tanaka, lui répondit Anudar, j'ai contacté des amis à moi qui vont venir nous chercher pour nous mettre en sécurité._ Mais... Le Professeur Palver va envoyer quelqu'un qui..._ Je me méfie du Professeur Palver, l'interrompit-il. Les autres ont eu la défaite trop facile face à elle..._ Elle avait raison, protesta son ami. Il est plus sûr de rester ici que de tenter l'aventure de sortir sur le campus..." Anudar secoua la tête et le regarda en face :" Par la Sainte Triade, elle était seule, ils étaient armés ainsi qu'énervés ! A l'instant d'avant, ils étaient prêts à nous écharper, et d'un seul coup les voici changés en petits garçons qui s'en vont pour éviter d'être grondés..._ Enfin, Anudar, leur meneur les a fait partir..._ Il avait un éclateur. Il aurait pu tuer le Professeur ou la contraindre à se tenir à l'écart pendant qu'ils nous réglaient notre compte. Je te rappelle qu'ils étaient venus pour nous, comment une femme seule, même se parant de la légalité, aurait pu les faire changer d'avis ?" Mal à l'aise, Tanaka dansa d'un pied sur l'autre." Ce que je sais, c'est qu'il se passe ici des choses anormales, poursuivit Anudar, et que nous devons partir d'ici au plus vite. Je n'ai pas envie de connaître les véritables raisons pour lesquelles le Professeur Palver se trouvait ici, au bon moment, et pour quelles raisons le meneur de cette bande s'est rangé à son avis." Plusieurs heures plus tard, cependant que la lumière du jour commençait à poindre dans le secteur de Stirling, la porte de la salle de travaux pratiques s'ouvrit à nouveau, et Anudar en se levant découvrit une femme accompagnée de trois hommes - tous les quatre vêtus des uniformes kaki des militants du PED. Il eut un mouvement de recul mais la femme l'interpella dans une langue qui le rassura aussitôt :" Serment Elladique." Il ferma les yeux et sourit." Serment Elladique, dit-il à son tour en s'avançant vers elle et en lui présentant sa chevalière ornée du casque de hoplite. Elle tira sur son col d'uniforme, révélant celui de sa chemise, sur lequel il reconnut le même emblème." Mon nom est Saïfaé Okhrana, lui dit-elle en elladique. C'est moi qui ai reçu votre communication, tout à l'heure. Mes Drômons et moi, nous allons vous faire sortir d'ici." [HRP]Ainsi qu'à l'accoutumée, merci de me proposer vos commentaires  ![/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Essaim Vivant Basileus


Nombre de messages: 1207 Age: 58 Date d'inscription: 16/11/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mer 2 Mai - 21:07 | |
| Super RP !!!!!! Je suis à fond dedans  Vivement la suite  _________________  |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 8 Mai - 13:58 | |
| Anudar, qui avait déjà eu l'occasion de fréquenter à travers le Professeur Palver une femme dont la seule présence exerçait un magnétisme intense sur son entourage, reconnut aussitôt en Saïfaé Okhrana un être d'exception. Ses mots comme ses gestes étaient précis, son regard perçant, sa voix et son attitude maîtrisées. Elle n'était pas très grande, n'atteignant pas tout à fait sa propre taille ; elle avait porté ses yeux sur Tanaka, qui avait gardé le silence pendant qu'ils échangeaient leurs mots précédents." Celui-là, dit-elle, n'est pas de l'Ellada._ Il est avec moi pourtant, fit Anudar, aussi dois-je vous demander de lui accorder à lui aussi votre protection._ Soit. " Passant au standard, elle dit à Tanaka :" Vous avez un ami précieux, qui tient à votre sûreté..._ J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte, marmonna le jeune homme d'Oshanko. Anudar eut un sourire." Où avez-vous trouvé ces costumes du PED ? demanda-t-il à Okhrana._ Nous n'avons guère le temps de discuter, fit-elle. Nous sommes venus du Secteur des Ambassades en ornithoptère et il est impératif que nous retournions là-bas, où les combats font rage. Venez ! " Sur ces mots, elle tourna bride, les Drômons s'écartant pour la laisser passer ; Anudar la suivit et Tanaka lui emboîta le pas." Qu'est-ce qu'elle a dit ? murmura Tanaka cependant qu'ils quittaient le SDM. Des combats jusque dans le Secteur des Ambassades ? Il est pourtant sous la protection de la Garde Impériale !_ C'est logique, pourtant, répondit Anudar. L à-bas, les Exos sont plus nombreux que partout ailleurs sur Trantor... mais surtout, les guildes sont les seuls forces concurrentes de l'Empire là-haut, dans l'espace. " Il jeta un regard aigu à son ami." L'Empire manipule désormais le PED pour éliminer le pouvoir des guildes, qu'il perçoit à présent comme gênant ; je ne serais pas surpris d'apprendre que nombre des combattants du PED sont en fait des soldats de l'Empire déguisés..._ Mais comment les guildes peuvent-elles gêner l'Empire ? s'insurgea encore Tanaka. Elles oeuvrent pour le bien commun... " Anudar secoua la tête. Les Drômons les avaient encadrés comme s'ils les conduisaient sous bonne garde vers un lieu de détention. Le Campus de Stirling, d'ordinaire toujours animé même au petit matin, semblait vide et glacé autour d'eux." Les guildes oeuvrent pour leur bien propre. Le pari de l'Empereur Annémétik, lorsqu'il a reconnu leur existence il y a de cela des milliers d'années, était que les guildes, à terme, en se livrant bataille, rendraient à l'Empire des services qu'il lui eut été trop coûteux de se rendre à lui-même. A présent, le pouvoir des guildes est devenu trop grand et trop menaçant pour les Empereurs : les grandes guildes peuvent battre monnaie ! Elles créent des richesses sur lesquelles l'Empire n'a que peu de droits ! Bientôt, peut-être, songeront-elles à s'affranchir une bonne fois pour toutes de la tutelle impériale. L'Empire sait qu'en ces temps troublés où son pouvoir s'effiloche dans la Périphérie lointaine, les guildes représentent peut-être le plus dangereux de ses ennemis... La richesse des grandes guildes rivalise avec celle de l'Empire... Elles peuvent entraîner des armées de mercenaires... Elles sont présentes là, sur Trantor, attendant sans doute leur heure pour passer à l'assaut. Voici ce que voient l'Impératrice et le Maréchal : dans leur vision, les guildes représentent désormais un ennemi en puissance à éliminer avant même qu'il ait pris conscience de sa force... " Tanaka secoua la tête. Ils s'apprêtaient à traverser la grande pelouse centrale du Campus, transpercée d'une longue allée sablée ; sur l'une des deux étendues herbeuses se tenait un grand rassemblement d'uniformes kaki marqués du cercle trifléché." Oh merde, fit Tanaka qui sembla ralentir._ Ne vous arrêtez pas, sous aucun prétexte, murmura Okhrana. Plus un mot. " Et, conduisant sa petite troupe, elle s'engagea sur la longue allée. Anudar donna une bourrade à Tanaka et appuya ses deux mains sur sa tête, cependant que deux des Drômons d'Okhrana tiraient des fouets neuroniques de leurs holsters pour les braquer sur ceux qu'ils encadraient : Tanaka comprit et l'imita. Ils affectèrent une expression abattue, et ainsi, traversèrent-ils les trois quarts de la pelouse." Hé, vous ! " Anudar tourna un peu la tête mais un claquement de langue agacé de la part du Drômon qui le tenait en joue lui reprendre une posture conforme à celle d'un prisonnier." Où emmenez-vous ces deux Exos ? fit une voix rauque. Un homme en uniforme du PED s'était avancé à la hauteur d'Okhrana qui n'avait pas cessé sa marche." Ordre du Maréchal, dit-elle en standard, et sans aucun accent. Ces Exos appartiennent à une organisation subversive et détiennent des informations essentielles. Nous les emmenons au Secteur Impérial pour un interrogatoire approfondi._ C'est étonnant, fit l'autre. Okhrana s'arrêta au niveau d'une de ces grandes poubelles à couvercle basculant que l'Université disposait à proximité des espaces verts du Campus." Nous avons nos ordres, dit-elle d'un ton sec, et guère de temps à perdre._ J'ai les miens, fit l'homme qui semblait devenir soupçonneux. Dois-je appeler des gens pour une vérification ? " Anudar perçut la menace cachée. Il jeta un coup d'œil aux autres fanatiques rassemblés sur la pelouse à cent mètres de là : si cet homme appelait à l'aide, ils se trouvaient encore trop loin de l'endroit où Okhrana et ses Drômons avaient posé leur ornithoptère pour espérer le rallier à temps." Ce ne sera pas nécessaire, déclara Okhrana. Anudar remarqua que le Drômon qui se trouvait le plus près de la poubelle semblait mâcher quelque chose, comme s'il mangeait une confiserie." Je n'ai pas de temps à vous accorder, continuait Okhrana, mais je vais toutefois vous montrer mes ordres... " Elle sortit de sa poche un objet cylindrique, long comme l'index, d'une couleur foncée : une capsule-message, qu'elle tenait entre index et majeur d'une part, et pouce de l'autre." Merci, fit l'autre en tendant la main. Le Drômon porta la main à sa bouche comme pour recracher ce qu'il mâchait et souleva le couvercle de la poubelle. Anudar se rendit compte que l'homme du PED se trouvait de la sorte dissimulé aux regards du groupe rassemblé sur la pelouse." De rien, dit Okhrana. Elle eut un geste rapide, portant la capsule-message sous le nez de l'autre qui amorça un mouvement de recul ; d'un geste précis du pouce, Okhrana brisa la capsule et une vapeur argentée en sortit, enveloppant le visage de l'homme dont les yeux chavirèrent aussitôt. De la paume de son autre main, elle le frappa au sternum, le poussant en arrière - dans la poubelle dont le Drômon laissa claquer le couvercle. L'ensemble de l'action n'avait pas duré plus de quelques secondes. Anudar eut un sourire." Allez, reprit Okhrana en rangeant dans sa poche les deux morceaux de l'ampoule de somnifère brisée, qui quelques instants plus tôt avait mimé une capsule-message. Les fanatiques rassemblés sur la pelouse ne leur portèrent aucune attention cependant qu'ils contournaient un bâtiment et se soustrayaient à leur vue. Quelques instants plus tard, cependant qu'ils sortaient du campus, Okhrana les conduisit dans la cour d'un immeuble abandonné où un ornithoptère au rameau d'olivier de l'ULTE les attendait. Deux Drômons le surveillaient, armés de fouets neuroniques, et un pilote était visible dans le cockpit. Les moteurs de l'appareil vombrissaient déjà." Tout le monde dedans, ordonna Okhrana. Nous sommes trop vulnérables ici. " Quelques instants plus tard, lorsqu'ils furent tous montés à bord, l'appareil 'morpha quatre ailes souples qui se mirent à battre, l'arrachant au sol à la verticale. Anudar regarda par le hublot blindé, observant le campus de Stirling... se disant soudain qu'il ne passerait les examens finaux... comprenant qu'un pan de sa vie prenait fin ici... Dans le claquement de ses ailes, l'ornithoptère prit son élan vers le Dôme de Stirling, et vers le sas qui le conduirait à l'air libre de Trantor. Anudar s'adossa contre son siège et ferma les yeux : l'heure de prendre un peu de repos était venue pour lui.
Anudar rouvrit les yeux et perçut aussitôt quelque chose d'anormal. Le ciel, au-dessus de sa tête, était libre comme il ne pouvait pas l'être sur Trantor - où les Secteurs s'ensevelissaient sous des Dômes de métal. Il se souvint alors de l'ornithoptère et de leur fuite éperdue... Et se rendit compte alors qu'il n'était plus assis dans l'ornithoptère. Autour de lui, serpentait une rue étroite, bordée de maisons basses aux tons de jaune pâle et d'ocre... Le ciel était d'un bleu inconnu pour lui. Une foule se pressait contre lui, des gens - femmes et hommes - vêtus de chitons blancs ou colorés, chaussés de sandales ou pieds nus. A quelques mètres de là, une fontaine libérait des jets d'eaux murmurants par des orifices ouvragés en têtes humaines ou animales, et des enfants y remplissaient des cruches. L'air était rempli d'une étrange saveur... Il régnait ici une atmosphère de fébrilité, de joie, de simplicité ainsi que d'insouciance... Un sentiment qu'il n'avait jamais perçu ailleurs que sur Théra. Il ferma les yeux, secoua la tête et se frotta le visage, puis contempla de nouveau le spectacle. Odeurs de terre humide et d'aromates... Il s'avança jusqu'à la fontaine et mit sous un jet d'eau ses mains creusées en coupe afin d'y boire. Elle était douce et fraîche. Un petit garçon se mit à sa hauteur et le poussa d'un coup d'épaule afin d'élever sa cruche sous le jet d'eau... Un geste de contact physique si naturel pour lui, et qui aurait été considéré sur Trantor comme hostile au point que nul n'aurait osé l'accomplir. "Nul sur Trantor..., fit Anudar. L'enfant le regarda en fronçant les sourcils, sembla sur le point de l'interpeler, puis haussa les épaules et partit au petit trot vers la porte grande ouverte d'une maison, emportant sa cruche remplie. Anudar le regarda détaler en souriant avant d'observer de nouveau la rue... Elle semblait grimper sur sa gauche, aussi choisit-il de prendre ce chemin - espérant ainsi avoir l'occasion de gagner une éminence et de voir un peu mieux sa nouvelle situation. Il marcha ainsi plusieurs minutes avant d'arriver sur une petite place, où deux choses le figèrent sur place. Dans le lointain, vers l'horizon dans son dos, il y avait une rade portuaire, reliée à la ville en elle-même par deux grandes murailles - longues ainsi qu'élevées. Et face à lui, au sommet de la Cité, s'élevait un temple dorique de marbre blanc - à la silhouette bien familière pour lui... Des échaffaudages entouraient le temple en construction. "Hâte-toi, lui dit un homme. La Pnyx ne nous attendra pas." _La Pnyx, fit Anudar incrédule. Il ressentit soudain une émotion inconnue de lui : celle de la terreur sacrée. Car l'homme lui avait parlé en elladique archaïque.
[HRP]Voici la suite des événements... ainsi que celle de vos commentaires, je l'espère  . L'image d'illustration est celle de la conception d'un ornithoptère, véhicule aérien capable de "battre des ailes" ainsi qu'un oiseau - ce qui explique par ailleurs son nom. Après plusieurs passages riches en action, je vais m'accorder un peu de repos en revenant à une narration qui me permet de faire avancer la réflexion d'Anudar. Cela explique la suite immédiate des événements, qui n'a rien à voir avec Asimov - encore que, le Bon Docteur a lui aussi parlé de voyages dans le temps  .[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
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|  | | Essaim Vivant Basileus


Nombre de messages: 1207 Age: 58 Date d'inscription: 16/11/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 8 Mai - 17:28 | |
| GG  Je continue à adorer ^__^ Continue  _________________  |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 14 Mai - 8:58 | |
| Anudar se laissa entraîner vers le sommet de la colline qui faisait face au temple en construction. Elle semblait assez vaste pour rassembler plusieurs dizaines de milliers de citoyens, mais il n'y avait, et de loin, pas autant de citoyens en cet instant : sans doute n'y en avait-il pas plus de mille." L'absentéisme, marmonna l'homme qui l'avait conduit ici. Au centre, sur une estrade, se tenait un homme barbu au crâne déformé ; Anudar fronça les sourcils et fit à voix basse : "Qui est-ce ?" Son compagnon, un homme d'un certain âge, le contempla non sans une certaine surprise. "Qui donc es-tu pour ne pas connaître le visage du stratège Périclès ?" Le silence s'établit entre eux, et Anudar chercha ses mots, partagé entre son incertitude face à une situation incompréhensible - et son émotion à se trouver en présence de l'un des êtres les plus célèbres de l'antique Ellada... "J'ai connu beaucoup de Périclès, dit-il enfin, mais je n'avais pas encore rencontré le Périclès." L'autre éclata de rire. "Le Périclès, tu dis ? Tu es un citoyen hors les murs, pas vrai ? Est-ce donc là ta première Ecclesia ? _La première sur la Pnyx, répondit Anudar. A cet instant, l'orateur sur son estrade éleva les mains, signifiant ainsi le début de la séance ; et aussitôt, quelqu'un d'autre l'interpella dans la foule : "Périclès ! On a rapporté aux marchands que je représente ici tes intentions de puiser encore dans le trésor de la Ligue... Ta libéralité avec l'argent des autres nous inquiète tous... Ne te suffit-il pas d'avoir confié à ton cher Phidias la construction de ce Parthénon si ruineux ? Fallait-il encore prévoir ces Propylées si orgueilleuses ? _Oui ! Dans quelles dépenses somptuaires passe donc l'or de la Ligue ? reprirent d'autres voix. _La Ligue est dirigée contre le Mède, répondit Périclès. N'est-il pas juste qu'Athènes, dont les lieux saints payèrent le prix fort de l'invasion, soit privilégiée parmi ses membres pour en tirer parti ?" Un tumulte au sein de la foule conduisit Anudar à comprendre que l'auditoire était en grande partie acquis à Périclès. La mémoire de l'invasion perse restait encore vivace dans les esprits des présents... "Pharos, continuait l'orateur, tu critiques le Parthénon conçu par Phidias : nos fils devront-ils donc penser qu'il nous aura suffi de quarante années pour oublier Salamine et Platées ? Et le penseront-ils lorsqu'ils auront à payer tribut au Grand Roi de l'Orient ?" Cette fois-ci, la foule poussa un véritable rugissement, et le voisin d'Anudar beugla : "Pharos, à Ecbatane !" Des éclats de rire s'élevèrent, mais autour du contradicteur de Périclès, Anudar remarqua des bâtons tirés - comme si ses amis se tenaient prêts à le protéger contre la foule surexcitée par la mention de l'une des capitales du royaume perse. "Ces marchands, entendit Anudar. Ils appartiennent déjà au Mède. _A Ecbatane ! hurlait le gros de la foule. Mais Périclès éleva de nouveau les bras et le tumulte s'apaisa. "Citoyens d'Athènes ! dit-il d'une voix forte. Il est juste que Pharos m'apporte la contradiction afin d'avoir l'opportunité de convaincre, s'il le peut." Puis, se tournant vers Pharos : "Je sais que les clans de marchands que tu représentes souhaiteraient tirer loyer du trésor de la Ligue. Cependant, la volonté de l'Ecclesia, en la matière, s'est exprimée déjà maintes fois. L'or de Délos n'ira pas ailleurs qu'à la gloire d'Athènes. _A la gloire d'Athènes, tu dis ? s'écria Pharos. Nous sommes nombreux à penser que cet or, rassemblé pour la défense de toute l'Ellada, s'en va plutôt à la gloire de Périclès !" Des cris scandalisés se firent entendre aussitôt. "Comment osent-ils ? Viens par là, Pharos, et répète-le, je n'ai pas bien entendu ! _Là, ce sont les derniers rameurs de Salamine qui parlent, lui expliqua le voisin d'Anudar. _Tous ces monuments que tu fais construire, poursuivait Pharos, à l'avenir, on dira qu'ils l'ont été par Périclès ! C'est donc bien ta propre gloire que tu achètes avec l'or des autres !" Et Périclès baissa la tête, l'air soudain désarçonné, ce qui répandit aussitôt un étrange silence au-dessus de la Pnyx. Anudar fronça les sourcils, de plus en plus intrigué. "Soit, dit-il. Si Ahènes me reproche de dépenser l'argent de la Ligue pour qu'elle soit embellie, alors, je tirerai sur mes propres fonds pour rendre sa beauté ainsi que sa gloire à cette Cité que j'aime... Cependant, ces monuments ne proclameront plus 'élevé par la volonté du peuple d'Athènes', mais bien 'élevé par la volonté de Périclès'..." Soudain, sa voix se fit plus forte : "Car la beauté d'Athènes m'importe plus que ma propre richesse, et pourtant, je n'en suis pas moins homme : si je dois financer l'embellissement de notre chère Cité, alors, que la Cité s'en souvienne dans les temps futurs ! _Oh, bravo, fit Anudar à voix basse, très impressionné. Perplexe, son voisin le regarda, mais Anudar n'eut pas le temps d'expliquer sa pensée car déjà éclatait une énorme ovation. L'habileté de Périclès lui avait permis de neutraliser l'argument le plus dangereux de Pharos, qui avait tenté de le faire apparaître comme un homme politique plus préoccupé de sa gloire que du bien de la Cité, un défaut des plus graves aux yeux des Athéniens. Anudar eut un sourire. Pharos n'avait eu aucune chance : il y avait quelqu'un, sur cette colline de la Pnyx, à savoir que Périclès avait déjà remporté sa victoire, ainsi que le prouva le vote à main levée qui suivit - renouvelant au stratège la confiance du corps civique. "Mon nom est Kadmès, fit le voisin d'Anudar cependant que la foule se dispersait. _Le mien, Bruséis, répondit-il d'un ton distrait : son prénom aurait sans nul doute étonné son interlocuteur, et mieux valait lui présenter son nom patrilinéaire. Il regardait l'estrade de laquelle Périclès descendait, cependant que des fidèles lui apportaient une coupe de boisson. "Tu aimerais parler à Périclès ? voulut savoir Kadmès. Anudar lui jeta un coup d'oeil aigu avant d'en revenir au stratège approché à présent d'un grand nombre de citoyens. "Pourrais-tu me le faire rencontrer ? _J'ai demandé à un poète de venir à ma maison réciter ce soir pour mes amis et moi quelques passages de l'Iliade... répondit Kadmès. Périclès y sera, ainsi que d'autres personnalités d'Athènes. Pourquoi ne te joindrais-tu pas à nous, Bruséis ?" Les yeux d'Anudar battirent. "Kadmès, je me joindrai à tes amis - avec bonheur." _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
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|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 14 Mai - 8:58 | |
| La réception de Kadmès fut en réalité un véritable banquet nocturne. Le poète déclamait des vers de l'Iliade, accompagné de la musique d'une lyre dont il jouait lui-même. Ainsi, pour le bonheur de l'assistance, furent rejouées les scènes de la bouderie d'Achille... celle de la mort de Patrocle... et celle de Hector... et celle de l'invasion de Troie. Les larmes perlaient aux yeux d'Anudar. Au matin, il avait un temps cru être pris dans un rêve trop réaliste ; mais avec l'écoulement de la journée, des faits troublants l'avaient conduit à douter de cette interprétation. La réalité de cet environnement ancien était trop constante, là où celle des rêves s'altère si vite. La langue ancienne de ces gens était archaïque au point que lui-même avait besoin de réflexion pour la comprendre et s'exprimer sur le même mode. Le poète déclamait des vers qu'il connaissait lui-même par coeur, mais en déclamait d'autres qu'il n'avait jamais entendus, car ils avaient été perdus par le passage du temps. Et enfin, à chaque instant il se demandait s'il ne vivait pas un rêve - une question que nul ne se pose pendant le temps du rêve. Ce n'était pas un rêve qu'il vivait. Il était assis pour de bon dans la nuit calme d'Athènes, un demi-siècle après la bataille de Marathon, en compagnie d'êtres dont les noms immortels avaient traversé le temps jusqu'au lointain futur de l'Empire Galactique. Car ici, à ses côtés, se tenaient Périclès, mais aussi Socrate... et Phidias... et Alcibiade, encore un garçon d'une dizaine d'années que Périclès gardait à son côté... ainsi qu'Aristophane, le fils de son hôte, lui aussi tout jeune homme encore. "Es-tu malade, Bruséis ? lui demanda Kadmès en s'approchant. _Malade, non, répondit-il, par contre, je suis très ému. _Socrate ! appela Kadmès. Il prit Anudar par l'épaule, et Socrate les regarda s'approcher. Anudar contempla son visage laid et eut un sourire cependant que Kadmès le faisait s'asseoir à proximité du philosophe. "Celui-ci porte le nom de Bruséis, fit Kadmès. Il parle peu, mais lorsqu'il le fait, c'est presque toujours pour laisser échapper quelque bon mot. Je pense que tu pourrais apprécier sa conversation..." Socrate garda le silence en observant Anudar. "Que sais-tu ? finit-il par lui demander. C'était bouleversant. Anudar parvint à faire venir un nouveau sourire à ses lèvres et déclara en toute sincérité : "Rien de ce que je sais n'est utile ici. _Peu d'hommes admettent aussi vite qu'en fin de compte, le savoir ne fait pas l'intelligence, fit Socrate. Qui furent tes maîtres ?" Anudar hésita. Il aurait été facile de mentir, et d'inventer le nom d'un maître en prétextant qu'il venait de trop loin pour que sa renommée soit venue jusqu'à Socrate. Et cependant, c'était une solution de facilité qui le répugnait. Aussi choisit-il d'éluder la question par une autre question : "Qui seront tes élèves ?" Et sa propre habileté le surprit lui-même... Socrate ne pouvait pas le savoir, bien entendu, mais les deux questions possédaient d'une certaine façon la même réponse. Socrate eut l'air étonné. Il appela cependant Alcibiade à ses côtés : "Regarde, Alcibiade, lui dit-il en le prenant par les épaules, regarde bien cet homme : il prétend que tu seras son maître. _Moi ? s'écria le garçon d'une voix flûtée. Comment pourrais-je enseigner à un homme plus âgé ? _Il se pourrait qu'un jour, tu en saches plus que moi-même, dit Anudar. _Es-tu l'un de ces anachorètes que l'on croise en Argolide ? voulut savoir Alcibiade. L'un de ces fous qui vont nus, boivent peu, mangent encore moins, et ne s'expriment que par questions dépourvues de sens ?" Anudar passa la main sur son manteau, saisit une coupe de vin et la vida jusqu'à la dernière goutte. "Je mangerai plus tard, dit-il. Dérouté, Alcibiade échangea un regard avec Socrate, puis reporta ses yeux sur Anudar... "J'ai mal à la tête, fit ce dernier en se levant. Il s'en voulut d'avoir fait la sottise de boire toute la coupe de vin pour impressionner un enfant. La boisson n'était pas très forte mais il n'y était guère habitué ; le sol sous ses pieds semblait vibrer... Il appuya sa tête contre le mur frais et ferma les yeux, cherchant à rassembler ses pensées. Un son lointain s'élevait dans l'air, un claquement aussi léger que rythmique... celui des ailes d'un ornithoptère. L'espace d'un absurde instant, Anudar pensa que quelqu'un venait le chercher avant qu'il ne réalise que ce rêve réel qu'il faisait s'approchait de son terme. L'urgence le saisit et il se retourna vers l'assemblée, cherchant à ignorer le son des ailes de l'ornithoptère ; et le vertige dans sa tête s'amplifia, masquant la vibration du sol. "Périclès ! appela-t-il soudain d'une voix plus forte qu'il ne l'aurait voulu. Les conversations s'arrêtèrent tout soudain, et toutes les têtes se tournèrent vers lui dans la lueur des lampes à huile. "Périclès ! cria-t-il encore. L'homme au crâne déformé se leva, l'air perplexe, et Anudar s'approcha de lui d'un pas lent mais assuré. "Quel est ton nom ? Que me veux-tu ? _Un certain Bruséis, fit Kadmès qui s'était porté aux côtés du stratège. Un citoyen hors les murs. _Périclès, fit Anudar à voix basse. Je suis venu t'avertir." Son interlocuteur échangea un regard avec Kadmès avant de dire : "De quoi veux-tu m'avertir, Bruséis ? _Je suis venu avertir Athènes toute entière, répondit Anudar. Il fit volte face et regarda toute l'assistance, avant d'en revenir à Périclès. "L'étranger ne supporte pas ton vin, Kadmès ! s'écria quelqu'un, et des rires s'élevèrent. _Regardez, écoutez ! fit Anudar d'une voix forte et sûre. Le silence s'établit à nouveau... "Ce monde va disparaître, dit-il. Vous tous, vous riez ce soir, vous buvez, vous mangez, vous êtes heureux sans penser à l'avenir de l'Ellada... _Nous y pensons, répondit Périclès. A chaque jour qui passe, nous y pensons. _Vous y pensez sans y penser..." Il se redressa et déclara encore : "Votre monde va disparaître, et de ses ruines viendra un autre monde, puis un autre, et encore un autre, et ainsi de suite jusqu'au mien, jusqu'à celui où j'ai ma place. Tel est ce que le destin prévoit pour l'Ellada... Mais vous tous, vous serez emportés en vain, et vos oeuvres resteront inachevées avant d'être perdues..." Socrate et Alcibiade s'étaient approchés du tumulte. "Pour toi, fit Anudar en tendant le doigt vers Socrate, la ciguë offerte par des ingrats ; et pour toi Phidias, l'exil ; et Alcibiade, le malheur de voir la défaite de ce que tu chéris..." Les trois qu'il avait désignés s'étaient figés, comme horrifiés par ces prophéties, mais il tourna enfin son doigt vers Périclès, et proclama, les yeux baignés de larmes : "Et pour toi, Périclès au nom immortel, l'exil suivi de la mort après ton retour... _Tu es fou, murmura le stratège. _Qui combattra le destin ? continuait Anudar d'une voix qui s'enflait encore. Qui donc ici refusera la dictature des médiocres, celle des majorités incultes ? Qui donc combattra l'avenir que certains créent pour tous ?" Stupéfaits, les autres le regardaient. Il tituba puis sortit en courant dans la rue. L'air était frais et, dans sa tête, le vertige de l'alcool se changea en ronronnement. Cette fois-ci, le rêve si réel touchait à sa fin.
"Anudar ! Anudar ! lui disait quelqu'un. Une main s'était glissée sous sa tête et il ouvrit les yeux - découvrant le visage inquiet de Tanaka. "Il se réveille ! fit le jeune homme. Nom de Trantor, Anudar, depuis dix minutes ton sommeil inquiète tout le monde ici... _Combien de temps ai-je dormi ?" Il se redressa dans son fauteuil. Okhrana, qui était assise à côté du pilote, lui adressa un bref regard. "Tu dors depuis Stirling, répondit Tanaka. Deux heures de sommeil. Mais depuis quelques instants tu t'agites... tu laisses échapper des mots sans suite... et là, tu t'es mis soudain à trembler comme si quelqu'un t'attaquait..." Une main passa un gobelet d'eau fraiche sous les yeux d'Anudar, et il y but avec reconnaissance, prenant conscience de la sécheresse dans sa bouche. "J'ai rêvé, dit-il enfin. J'ai fait un rêve bouleversant." Okhrana le regarda de nouveau et il soutint son regard. "Nous arrivons au Secteur des Ambassades, dit-elle enfin. Isumi, je compte sur vous pour lui expliquer pourquoi il ferait mieux d'accrocher sa ceinture avant le passage du sas..."
[HRP]Bonne lecture  ! Merci à tous ceux qui me communiquent leurs commentaires par MP  ! Attention : passage en deux morceaux.[/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 22 Mai - 19:37 | |
| L'ornithoptère traversa le sas - et se trouva aussitôt plongé dans un univers de ténèbres et de fureur. Une embardée de l'appareil fit valser Anudar dans son fauteuil et il se félicita d'avoir bouclé sa ceinture ainsi qu'Okhrana le lui avait recommandé. " Que se passe-t-il encore ? demanda-t-il à Tanaka. _D'après ce qu'ils m'ont dit, répondit-il, c'est la guerre civile ici... Sur les dix grandes guildes, deux se sont aussitôt rangées aux côtés des miliciens du PED lorsqu'ils ont attaqué le Secteur des Ambassades. Au début, le conflit semblait plutôt équilibré... mais... le PED a reçu des renforts, et selon certains rapports, des soldats de la Garde Impériale combattraient en nombre sous l'uniforme des miliciens. " Il secoua la tête, écoeuré : " Il y a quatre heures de cela, le Maréchal Cobol a décidé d'envoyer la Garde Impériale dans le Secteur des Ambassades... Officiellement, afin de rétablir l'ordre. Mais en fait, la propagande de l'Empire présente en ce moment les grandes guildes combattantes comme parties prenantes d'un complot contre l'Impératrice. Des Hauts d'Anacréon auraient selon eux tenté de payer des assassins pour éliminer la famille impériale... et certaines des guildes auraient fourni un soutien à cette entreprise. _L'affaire est donc entendue, dit Anudar. _Hélas oui, soupira Tanaka. Dans l'heure qui a suivi ces annonces, trois des guildes combattantes ont choisi la soumission... et juste après notre départ de Stirling, les mercenaires de deux autres ont été vaincus. " L'ornithoptère fit une nouvelle embardée. A présent, l'environnement semblait moins sombre et Anudar distinguait des étincelles au sol, dans les rues, ainsi que des langues de flammes et des scintillements pourpres de lasers. Le bruit, à l'extérieur, semblait assourdissant. Dans le lointain, des tours incendiées projetaient des ombres mouvantes sur le dôme obscurci. " Rectification, Isumi, intervint Okhrana. La guilde Vixxen a pris la fuite vers l'espace. Il ne reste plus que l'ULTE, ainsi que les McNaughts, nos alliés. _Coptères à sept heures ! s'écria l'un des Drômons. Anudar regarda vers l'arrière et compta les feux de signalisation qui les avaient pris en chasse : un... deux... trois engins. " Ce sont des coptères de la Garde Impériale, dit Tanaka qui s'était lui aussi retourné. J'ai reconnu l'emblème de l'étoile et de l'astronef. _Notre ornithoptère est plus rapide et plus maniable, fit Okhrana, mais leurs propres aéronefs sont plus stables et mieux armés... A quelle durée sommes-nous de notre territoire ? _Dix minutes, répondit le pilote. Mais ils nous auront abattus d'ici là. _Pouvons-nous rallier le territoire McNaughts en moins de dix minutes ? " Le Drômon responsable de la cartographie étudia son écran avant de déclarer : " A six minutes de vol, il y a la tour Patalipoutra, une guilde mineure filiale des McNaughts ; elle tient toujours. _Alons, on y va, ordonna Okhrana. Puis, se tournant vers le responsable des communications : " Contactez la tour McNaughts ainsi que la tour Patalipoutra, dit-elle. Invoquez les termes de notre traité d'assistance. Signalez-leur que nous sommes pourchassés. " L'ornithoptère se mit à tanguer. " Radars d'acquisition détectés ! signala le pilote. Je louvoie mais ça ne suffira pas longtemps ! _Les McNaughts acceptent de descendre les coptères pour nous, intervint le Drômon des communications, mais ils réclament une assistance à la frontière de nos territoires, les assauts de la Garde Impériale saignent leurs mercenaires à blanc. " Okhrana sortit son médaillon gravitronique à casque de hoplite et y prononça : " Serment Elladique. Ici Saïfaé Okhrana pour les Forces du Serment Elladique. Ordre d'envoyer au plus vite une phalange de Hoplites soulager les mercenaires McNaughts dans le quartier Sud-Est. Confirmez. " Elle porta le médaillon à son oreille, hocha la tête et le rangea dans sa poche. Anudar la regarda, soudain très attentif : il n'y avait sans doute pas beaucoup d'êtres, au sein de la hiérarchie du Serment Elladique, qui aient été capables de faire ce qu'elle venait d'accomplir. Ce qui ne pouvait signifier qu'une seule chose : elle agissait à des niveaux d'influence très élevés, comparables à ceux auquels il agissait lui-même. " Engagement détecté ! cria le pilote. Des torp... " Au même instant, une secousse propulsa l'ornithoptère sur le côté, accompagnée d'un bruit terrifiant ainsi que d'une atroce sensation de chute. " La tour ! La tour ! hurla Tanaka. Anudar écarquilla les yeux lorsqu'il vit la paroi sombre d'une tour se rapprocher d'eux - Au dernier instant, l'ornithoptère exécuta une pirouette et ne fit que frôler la masse d'acier vitré... La gauche devint le bas pour les occupants de l'appareil, cependant que son pilote luttait avec les commandes et que les moteurs rugissaient sous l'effort. Une deuxième explosion se fit entendre, plus intense encore que la première, et l'ornithoptère sembla soulevé par l'onde sonore, jaillissant au-dessus du sommet de la tour où il se trouva un court instant immergé dans un calme surnaturel - permettant au pilote de redresser l'appareil frémissant. "Makhaon ! s'écria Okhrana en défaisant sa ceinture et se ruant à l'arrière. Anudar et Tanaka tournèrent la tête : au poste de tir au fond de l'ornithoptère, l'un des Drômons gisait, la tête inclinée, son bras pendant, retenu au coude par sa barre de commandes ; et devant lui, des orifices dans la paroi de métal laissaient s'échapper la fumée grise qui s'élevait de sa chair meurtrie. Deux autres Drômons se précipitèrent pour retenir Okhrana, mais elle dégagea néanmoins le corps et s'assit à la place qu'il avait occupée. "Ce n'est pas votre rôle, Pol... commença l'un d'entre eux. _Silence, siffla-t-elle. Tous à vos postes de tir !" Ils avaient parlé en elladique, si bien qu'Anudar saisit tout de suite quel titre le Drômon avait eu l'intention d'employer : Okhrana était Polémarkhos, un grade équivalent à celui de Maréchal dans les forces armées impériales. "Bruséis, vous êtes mathématicien, je crois ? lui dit-elle en criant. Vous allez prendre ma place au calculateur tactique. Je n'ai pas le temps de m'en occuper pour le moment." Il défit sa ceinture, eut un sourire pour Tanaka et gagna le fauteuil d'Okhrana où il s'arrima. Devant lui, des hologrammes matérialisèrent les mouvements de leur ornithoptère et de leurs poursuivants, en rouge vif pour le premier, bleu roi pour les seconds. Les tours du Secteur des Ambassades apparaissaient en gris foncé ; le pilote maintenait une course acharnée entre les grands immeubles, tentant d'exploiter sa plus grande maniabilité pour maintenir les poursuivants à distance. "Quatre minutes avant la tour Patalipoutra ! signala le cartographe. _J'en ai perdu un, mentionna le pilote. _Il a dû contourner cette tour par l'autre côté, comprit Anudar. Son talent s'éveilla sans sollicitations et le problème tactique devint un problème d'optimisation. L'aile gauche de l'ornithoptère était endommagée, tendant à rendre leur trajectoire moins rectiligne ; un passage en coordonnées cylindriques rendit la position bien plus claire à l'affichage. "Le voilà ! dit-il lorsque le coptère ennemi apparut au carrefour, au moment précis où son estimation pourtant grossière l'avait prévu. _Reserre sur lui, ordonna Okhrana de son poste de tir. Le pilote obéit en donnant un coup de poussée de propulsion, et soudain l'ornithoptère se trouva juste à côté du gros coptère impérial. Okhrana ouvrit le feu sur le rotor, le faisant partir en vrille. "Ah-houm ! crièrent à l'unisson sept voix dans l'ornithoptère. _Accélérez un peu, fit Anudar au pilote. _Les ailes sont en piteux état, répondit-il. _Fais ce qu'il dit, intervint Okhrana. Ces ailes tiendront bien quelques minutes de plus." La cadence du battement d'ailes s'accéléra, et l'ornithoptère distança un peu plus les deux coptères qui les pourchassaient encore. "Contact avec les McNaughts ! signala le radio. _Engagement détecté ! cria de nouveau le pilote. _Delta-V thêta, cent dix sur cent ! fit Anudar. A sa requête, le pilote exécuta la manoeuvre et la rotation de l'ornithoptère sur son axe s'accéléra, juste à l'instant où... ... une tour portant l'emblème McNaughts, d'un lion or sur sang, apparaissait à distance, dans la pénombre sous le Dôme... ... les traînées de propulsion des torpilles se rapprochaient de l'arrière de l'appareil... ... un étroit passage se dégageait entre la pointe double d'une tour bifide en flammes... "Vitesse orthogonale nulle ! conclut Anudar. Une secousse ébranla l'ornithoptère, mais elle était d'une nature différente de celles qui l'avaient meurtri plus tôt : cette fois-ci, c'était la vibration intense du métal sollicité jusqu'à son ultime résistance. L'appareil était désormais incliné sur le côté, la face gauche vers le haut, et s'était glissé entre les deux moitiés de pointe. "Tenu, fit le pilote éberlué. Les ailes ont tenu... Les boucliers ont tenu !" Deux explosions se firent entendre loin derrière eux : les torpilles déviées par les boucliers, puis trompées par la manoeuvre, avaient frappé la tour en flammes. "Ils se rapprochent à nouveau ! dit le pilote. _Mais à présent, cela n'a plus d'importance, sourit Okhrana. Des puissants tirs de fusées se produisirent au sol, dans un fracas de tonnerre. L'un des deux coptères fut pulvérisé sous le choc et l'autre, déstabilisé, se mit à tanguer, peinant à regagner son assiette avant de faire demi-tour. Des cris de joie éclatèrent dans l'ornithoptère. "Très bien, gagnons à présent au plus vite la frontière entre le territoire McNaughts et le nôtre, fit Okhrana.
L'ornithoptère se posa au beau milieu de l'espace dégagé par les mercenaires McNaughts et les fuyards en sortirent. Anudar remarqua que le pilote s'arrêtait un instant pour regarder son appareil meurtri avec une certaine tristesse. Il s'ébroua et tira sur l'uniforme noir de Drômon qu'Okhrana lui avait fait revêtir, à Tanaka et lui. Ils l'avaient complété d'un casque de hoplite 'morphable, rétracté pour le moment. Au pas de course, Okhrana les conduisit jusqu'à un accès de la tour au lion or et sang. Ils furent pris en charge par des gardes en livrée rouge sang. "On ne dirait pas des mercenaires, fit Anudar à Tanaka. _Je crois que les McNaughts entretiennent une garde d'élite recrutée sur leur monde ancestral." Anudar hocha la tête cependant qu'ils entraient dans un ascenseur, suivant toujours Okhrana. Les McNaughts étaient issus d'une aristocratie plus ancienne que celle de l'Empire ; ils n'avaient pas voulu devenir Hauts de l'Empire. Lorsque leur pouvoir politique avait été remplacé par celui des Empereurs, ils avaient fondé leur guilde de transport dans laquelle ils avaient investi leur colossale fortune. La porte de l'ascenseur s'ouvrit sur un quartier général en proie au tumulte. Okhrana s'approcha d'un homme d'une grande taille qui tourna la tête à son approche : "Polémarkhos Okhrana, je suis ravi de vous voir saine et sauve ! _Prince William, dit-elle, les miens m'ont averti que la phalange de Hoplites qu'ils vous envoient en soutien est toute proche à présent. _Parfait, fit le Prince McNaught en se dirigeant vers un grand écran. Ils le suivirent et virent une grande place au sein du Secteur des Ambassades - changée en champ de bataille. D'un côté, les mercenaires McNaughts s'étaient retranchés, tentant de tenir à distance les soldats de la Garde Impériale qui, de l'autre côté, s'avançaient toujours en nombre plus grand. "Cobol ne cherche même plus à maintenir la fiction du maintien de l'ordre pour nous forcer à fuir ou à plier, cracha Okhrana. _Effectivement, approuva William McNaught. Okhrana, ma décision est prise, je vais donner..." Il s'interrompit, car sur l'écran, une troupe de Hoplites apparut par une rue qui donnait sur la place, tombant sur le flanc des Gardes Impériaux. "Voilà qui devrait dégager les lieux pour un moment, commenta Okhrana. Les Hoplites lancèrent leur cri de guerre, puis chargèrent, brandissant des fusils d'assaut ainsi que des piques neuroniques et des boucliers frappés d'emblèmes elladiques, se frayant un passage à travers la masse stupéfaite des Gardes Impériaux. Alors, les mercenaires McNaughts se reprirent et passèrent au tir de précision, éliminant les soldats de l'Empire désemparés. En quelques minutes, ce fut la débandade parmi les rangs des Impériaux. "Très bien, fit Okhrana. Nous avons tenu notre engagement, Prince William. _Je vous permettrai de rejoindre votre tour, approuva l'autre. Cependant, ce que je m'apprêtais à vous dire reste vrai : je vais donner l'ordre aux forces McNaughts de se rassembler puis de prendre l'espace tant que nous tenons certains des sas du Dôme des Ambassades. Et si vous souhaitez survivre sans vous soumettre au Maréchal Cobol, je pense que l'ULTE ferait mieux d'en faire autant."[HRP]Ô Lecteurs, donnez-moi vos précieux avis  ![/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


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 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 12 Juin - 17:59 | |
| CONTINUITE - Monde du Secteur de Clair-Obscur (anciennement : Eta Cumminga), frappé d'interdit par l'Empire à la chute définitive de la République Cummingienne (voir Clair-Obscur). Continuité possède un énorme continent unique. Les terres viables se trouvent sur les côtes (climat tropical), le centre du continent étant occupé par un immense désert encerclé de hautes montagnes (le " Bout du Monde "). Monde majeur de la République Cummingienne (dont il fut la capitale pendant les deux années qui s'intercalèrent entre la prise d'Eta Cumminga (aujourd'hui : Clair-Obscur) par les forces de l'Empire et la fin de la République), Continuité a beaucoup souffert de la guerre entre l'Empire et la République sécessionniste. L'Empire détruisit toutes les installations liées au voyage spatial sur Continuité, avant de maintenir un blocus définitif sur son système stellaire - condamnant ainsi sa population à une lente agonie. La Flotte Impériale n'avait cependant pas la ressource nécessaire pour empêcher toute activité spatiale dans le système de Continuité, et tout au long des millénaires qui séparèrent la chute de la République de celle de l'Empire, des astronefs visitèrent Continuité pour diverses raisons. En particulier, l'Arkhonte Anudar Bruséis, avant que son peuple ne le désigne pour en faire son dirigeant, ...
Trantor, de l'autre côté de la baie vitrée de la frégate McNaughts, était un disque de métal gris noir qui tranchait sur la splendeur du noyau galactique. La flotte McNaughts, vers laquelle se dirigeaient à présent les vaisseaux de l'ULTE, s'était rassemblée à quelques UA de la capitale impériale - désormais interdite aux membres des guildes rénégates. " On ne décrochera jamais notre diplôme de fin d'études, marmonna Tanaka. Anudar haussa les épaules. " Cela vaut mieux que d'être morts, dit-il. Sa main se porta sur sa manche, là où était dissimulée la gaine de son couteau galba. " Est-ce que tu as porté cette chose tout au long de tes années trantoriennes ? voulut savoir Tanaka. _Oui, répondit Anudar en le regardant. Le bois galba ne pousse que sur Théra, et de ce fait, c'est l'un des emblèmes de la nouvelle Ellada. On en fait des objets plus durs que le métal. " Il tira le couteau de sa gaine et le tendit par sa lame à son ami : " A tous ceux qui atteignent l'âge où l'enfant cesse d'être un enfant, on offre un couteau semblable à celui-ci, qu'il faut porter dissimulé dans sa manche. _Pour parer à toute éventualité, fit Tanaka en contemplant l'objet sous tous ses angles. _C'est aussi une façon de nous témoigner notre confiance envers les uns et les autres, dit Anudar. Notre costume traditionnel est dépourvu de manches. Rien qu'à voir les avant-bras d'un interlocuteur, je peux savoir s'il porte ou non un couteau, et donc quelle confiance il m'accorde. _Ton peuple est un peuple terrifiant, murmura Tanaka en lui rendant l'arme. Anudar rangea le couteau dans sa gaine et tira sur sa manche, le rendant de nouveau invisible. " Est-ce que je te terrifie ? lui demanda-t-il. _Non. Je me suis habitué à tes façons, répondit Tanaka. Ce qui n'a jamais cessé de me surprendre, cependant, c'est la vitesse à laquelle toi et les tiens, vous êtes capables de vous changer en machines à tuer... Je n'aurais certainement pas imaginé, il y a deux jours, voir tout ce que j'ai vu depuis. _Nous avons été en grande partie contraints à devenir ce que nous sommes devenus, fit Anudar. Cela fait cent siècles et plus que nous résistons à l'Empire. Pour sauvegarder nos façons, nous avons dû payer un prix élevé... Tu as bien vu, ces derniers jours, de quoi l'Empire est capable. _Oui, je l'ai vu, soupira Tanaka. Et je pense que si l'Empire est au mains d'êtres tels que le Maréchal Cobol, alors, je ne peux plus continuer à le servir. " Anudar se tourna vers lui et détailla son expression. Il le savait, les habitants d'Oshanko, la planète d'origine de Tanaka, avaient été aussi fidèles à l'Empire que ce que ceux de l'Ellada en avaient été des opposants. " Que va penser Oshanko de ce qu'il s'est produit sur Trantor ? voulut-il savoir. _Une partie des miens vont sans doute nier l'évidence, marmonna Tanaka. Ils voudront soutenir l'Impératrice et le Maréchal, envers et contre tout, parce que le danger potentiel de Seychelle prime devant toute autre considération à leurs yeux. D'autres s'indigneront sans doute... Je ne sais pas ce qui va se passer, en fait. " Anudar posa sa main sur l'épaule de Tanaka et lui sourit. " Au moins, maintenant, certains d'entre vous y verront clair dans les desseins de l'Empire... " Il regarda de nouveau à travers la baie vitrée avant de s'exclamer : " Là-bas ! Une frégate de l'ULTE, qui s'approche de nous en rendez-vous ! "
Le Prince William hocha la tête. " C'est entendu, fit-il à Okhrana. Oshanko n'est pas très éloignée de la route entre Trantor et Balmoral. L'une de nos frégates de voyageurs fera un détour pour y déposer Isumi. _Merci, Prince William, répondit Tanaka. Anudar inclina la tête pour remercier le chef de famille McNaughts " Il n'y a plus d'ULTE désormais, reprit Okhrana. Cependant, le Serment Elladique reconnaît que notre alliance a toujours été sans sous-entendus et souhaite encore l'honorer - dans la mesure où, bien entendu, la guilde McNaughts désire elle-même conserver des liens d'amitié avec des ennemis déclarés de l'Empire. " Le Prince William éclata de rire. " J'ai toujours apprécié votre langage diplomatique, s'esclaffa-t-il. Nous sommes nous-mêmes des parias de l'Empire et nous allons passer ouvertement à la rébellion ! Balmoral, le monde de nos ancêtres, sera prochainement libéré des Hauts de l'Empire. " Okhrana lui adressa l'un de ses courts sourires et lui tendit la main, qu'il serra en souriant à son tour. " Au plaisir de vous revoir, Saïfaé Okhrana, dit-il. _Que le destin soit favorable à vos désirs ainsi qu'à vous-même, William McNaughts, répondit-elle. A leur tour, Anudar et Tanaka se serrèrent la main. " Adieu, mon ami, fit Anudar, car j'ignore si le destin nous réunira une fois de plus. _Puissent tes dieux et les miens nous rassembler au plus vite, murmura Tanaka. Okhrana lui fit un signe, et Anudar vint vers elle, de l'autre côté du sas souple qui unissait la frégate McNaughts à celle de l'Ellada. " Anudar ! l'appela Tanaka. Il se retourna, jetant un regard interrogateur à son ami resté aux côtés du Prince William. " Est-ce que tu vas vivre mille ans ? lui demanda-t-il. Okhrana eut un sourire, qu'Anudar tout d'abord surpris mit un certain temps avant d'en arborer un identique. " Si mon destin en décide ainsi, répondit-il lorsque Tanaka lui adressa un clin d'œil. Le sas se referma, et il fut seul avec Okhrana dans le conduit souple qui se rétractait peu à peu à l'intérieur de la frégate de l'Ellada. " Venez, Bruséis, dit-elle en le conduisant dans la frégate. Il la suivit jusqu'à un salon d'observation percé d'ouvertures vitrées. Elle s'assit sur un fauteuil à proximité d'une ouverture, et lui fit signe de l'imiter : il s'assit en face d'elle, jetant aussitôt un regard dans l'espace. " La flotte McNaughts s'éloigne en direction de Balmoral, dit-il en désignant les vaisseaux marqués du lion or sur sang, cependant, je ne comprends pas les mouvements de la nôtre... _Les vaisseaux de l'Ellada se divisent en plusieurs groupes, répondit Okhrana. Ainsi que je l'ai signalé au Prince William, la fiction de l'ULTE n'a plus lieu d'exister, aussi, notre personnel et notre matériel sont désormais mis à la disposition de la cause supérieure de la libération de l'Ellada. " Elle se racla la gorge et précisa : " En tant que Polémarkhos en charge de notre cellule trantorienne, j'ai donné certains ordres à nos vaisseaux... Nous devons donner l'impression d'une dispersion des nôtres afin d'écarter les soupçons de l'Empire. Nos vaisseaux vont donc rentrer sur Théra en ordre dispersé... " Elle désigna certains vaisseaux frappés du rameau d'olivier : " Ceux-ci feront partie de l'avant-garde, dit-elle. Ils amèneront sur Théra l'histoire mensongère d'un conflit aux plus hautes sphères de l'ULTE, qui trompera les agents de l'Empire, mais n'égarera pas les nôtres - le Serment Elladique y veillera. Ces autres se disperseront dans la vaste Galaxie, afin d'y récupérer les quelques uns des nôtres qui constituent encore des groupes de taille importante en dehors de Théra... Lorsque ce mouvement aura été fait, il ne restera plus en arrière que ceux dont le Serment pourrait avoir besoin pour exercer notre influence. _Et nous-mêmes ? voulut savoir Anudar. Allons-nous rentrer sur Théra par la route la plus directe ? _Non, répondit Okhrana. Nous-mêmes, suivis par une flotille de nos pilotes les plus expérimentés, nous allons faire un détour par Continuité. " Anudar fronça les sourcils, car il n'avait jamais entendu parler d'un monde appelé Continuité ; il s'apprêtait à poser une question lorsqu'Okhrana leva sa main, paume vers lui : " Je sais ce que vous comptez demander, dit-elle, mais je dois couper court à votre interrogation, faute de connaissance à votre sujet... Vous êtes une énigme pour moi, depuis que je vous ai sauvé du campus de Stirling. " Ella agita la main en direction de son sac à dos, qu'il avait déposé à côté de son fauteuil : " Le fait que vous soyez en possession d'un médaillon gravitronique me laisse à penser que votre statut au sein du Serment est élevé ; cependant, je reste méfiante. On ne peut pas atteindre le rang que j'ai atteint sans l'être. _Je comprends, fit Anudar. Vous m'intriguez moi aussi, à vrai dire. Peut-être pourrions-nous parler en toute confiance, l'un et l'autre ? " Et dans un geste plus éloquent qu'un long discours, il retira son manteau, exposant ainsi ses bras nus, avant de détacher la gaine de son couteau galba pour la ranger dans son sac à dos. " Nous pourrons parler en toute confiance, murmura Okhrana. Et à son tour, elle enleva son manteau ainsi que son propre couteau. " Il existe un moyen pour que chacun de nous connaisse le statut de l'autre, reprit-elle. Anudar comprit. Fermant les yeux, il prit une longue inspiration, puis la regardant bien en face, il proposa : " Souhaitez-vous jouer au jeu des bonnes questions ? _Je le souhaite, approuva-t-elle.
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|  | | Anudar Orateur


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 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 12 Juin - 18:00 | |
| Il eut un sourire : ainsi que le voulait à présent la coutume, il devait prendre la parole en premier." Qui a prêté ici le Serment Elladique ? _Saïf Saïfaé Krysis Okhrana, répondit Okhrana. _Anud Anudar Raïma Bruséis, fit Anudar, répondant ainsi à sa propre question. La première des bonnes questions n'était rien d'autre qu'une simple vérification, car seuls les Initiés du Serment savaient que le questionneur attendait de connaître les quatre noms du questionné : son premier nom, c'est-à-dire le nom d'enfance diminutif du second nom, le nom d'adulte, le troisième nom, à savoir le nom patrilinéaire pour une femme ou matrilinéaire pour un homme, et le quatrième nom, le matrilinéaire pour une femme et le patrilinéaire pour un homme. Ceux de l'Ellada, hors de la compagnie des leurs, n'utilisaient jamais que leurs second et quatrième nom. Les noms matrilinéaires et patrilinéaires n'étaient pas si nombreux qu'une invention à ce stade du jeu des bonnes questions ne soit pas aussitôt détectée par tous les participants - leur permettant ainsi de repérer les imposteurs. Cette question avait par ailleurs un autre intérêt : les noms de lignée remontaient aux temps de l'Ellada Galactique, celle d'avant l'Empire. Ils permettaient donc de savoir à laquelle des nations de l'ancien temps se rattachaient les ancêtres de leurs porteurs. En l'occurrence, les troisième et quatrième noms d'Anudar proclamaient son ascendance athénienne. Quant à Okhrana, si son quatrième nom était d'origine pharsalite, le troisième révélait qu'elle était issue de la descendance de Krysis, le dernier roi de Sparte. Le jeu des bonnes questions ne répondait pas à un simple besoin d'identification et de reconnaissance entre membres du Serment. Il permettait aussi d'évaluer le statut d'influence de chacun des participants : celui qui n'avait plus de questions à poser, ou de réponses à donner, révélait son statut aux autres, qui pouvaient dès lors lui demander de sortir afin que l'identification se poursuive. Il avait aussi pour fonction de présenter les participants les uns aux autres. " Et qui a conçu ce Serment, nous a désigné notre tâche et nous a montré le pouvoir de la connaissance ? demanda Okhrana. _Aristophane, fit Anudar. _Socrate, confirma-t-elle. _Et Périclès, conclut-il. Il eut en sourire en énonçant ce dernier nom. N'était-il pas étrange d'avoir rêvé de ces trois individus, ceux que le Serment Elladique considérait comme la Triade de ses fondateurs, quelques heures avant de jouer à ce jeu ? Les questions et les réponses furent échangées entre eux deux pendant une longue période. Ensemble, ils déroulèrent par le jeu des questions l'histoire du Serment prêté dix mille ans plus tôt sur un monde à présent déserté... Ils revécurent ainsi les premiers siècles de dissimulation sous le joug des rois hellénistiques, puis des empereurs romains ; une époque dangereuse et pourtant faste pendant laquelle le Serment, suivant les phalanges de Megas Alexandros, s'était répandu jusqu'en Bactriane et en Inde, là où s'établissaient les colonies des anciens Ellènes. Ils connurent les décennies de reflux du culte olympien, favorisé par un schisme au sein du Serment entre ceux qui souhaitaient conserver intactes l'ensemble des traditions de l'Ellada contre ceux qui voulaient s'appuyer sur le nouveau monothéisme qui se répandait dans tout l'Empire afin de rétablir le pouvoir au plus tôt : les seconds l'avaient emporté, permettant le remplacement - quelques temps après la chute de la Rome si détestée - de l'Empire d'Orient par un Empire Elladique et monothéiste. Ils décrivirent la lente agonie du dernier foyer de pouvoir elladique, cependant que les orthodoxes et les monothéistes s'affrontaient en une lutte fratricide au sein du Serment, cependant que des redressements parfois spectaculaires contenaient les ennemis de l'Ellada hors de ses frontières, jusqu'à ce qu'un millénaire ne soit passé sur le monde et que les Ellènes ne soient à nouveau soumis à un roi étranger. Ils se racontèrent les longs siècles où le Serment, revenu à la clandestinité, toujours déchiré par la querelle culturelle, cherchait à rétablir l'unité ainsi que la liberté de l'Ellada, objectif atteint enfin au bout de quatre cents ans. Ils évoquèrent les longues années de doute où le Serment avait pu avoir l'impression d'avoir accompli sa tâche. Ils détaillèrent les luttes d'influence qui avaient en définitive conduit les orthodoxes à reprendre le pouvoir perdu pendant deux mille cinq cents ans, lorsque les astronefs avaient commencé à fuir la Terre meurtrie par la contamination radioactive, et à s'établir sur les sept premières planètes du Secteur de Persée. Ils expliquèrent les siècles de gloire de l'Ellada Galactique, cependant que son pouvoir défiait jusqu'à celui de l'Empire, puis les millénaires de clandestinité lorsque Trantor avait soumis une par une les sept nations, jusqu'aux dernières décennies où la décadence de l'Empire avait rendu possible à nouveau le vieux rêve d'union. Ainsi, Anudar et Okhrana échangèrent-ils leur savoir, analysant les conséquences des événements dont la mémoire s'était transmise par la longue hiérarchie du Serment depuis cent siècles, et ainsi se rendirent-ils compte peu à peu, cependant que les questions succédaient aux questions et les réponses aux réponses, qu'ils évoluaient tout deux à des niveaux d'influence très élevés. " A quoi est consacré ce Serment, depuis des millénaires ? fit Anudar. _A la survie, répondit Okhrana. Et quel est le lien qui nous rassemble tous au sein du Serment ? " Anudar prit une inspiration : cette bonne question était pour lui l'ultime. " Les lois de l'Ellada, dit-il. Tous deux se regardèrent un moment, dans un silence absolu. " Je n'ai pas d'autre bonne réponse, fit Okhrana. _Je n'ai pas d'autre bonne question, répondit Anudar. _Je suis Mésiarche, dit-elle, et j'en déduis que vous êtes au moins au même niveau que moi dans la hiérarchie... _A vrai dire, je n'ai connaissance d'aucun rang plus élevé, fit-il. Elle hocha la tête. " Il en existe pourtant un, ajouta-t-elle. J'ai appris, lorsque je suis devenue Mésiarche, qu'un Arkhonte est censé superviser l'ensemble des opérations du Serment Elladique. Toutefois, je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer un tel personnage... et je n'ai jamais eu aucune preuve qu'il en existe un quelque part. _Ceux du Serment évoquent souvent des histoires étranges, reprit Anudar après l'avoir écoutée. Je ne crois pas à un gouvernement centralisé du Serment. Notre organisation a toujours trouvé toute sa force dans le secret et sa capacité à réagir sans devoir recourir à une volonté unique. L'existence de rangs supérieurs cachés est fantasmée à tous les niveaux que j'ai pu traverser... _Ce qui signifie, dans tous les cas, que nous pouvons parler entre pairs, conclut Okhrana. _Et ce qui nous ramène à cette Continuité que vous évoquiez plus tôt, sourit-il._________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 12 Juin - 18:02 | |
| Elle sourit à son tour. "[/i] Avant cela, je souhaiterais vous poser une autre question..." Anudar inclina la tête pour l'inviter à s'exécuter. "Vous avez rêvé de l'Ellada primitive lorsque nous étions dans l'ornithoptère, pas vrai ? _Comment pouvez-vous le savoir ? dit-il sans chercher à dissimuler sa surprise. _Votre rêve n'en était pas un, répondit Okhrana. _Une vision ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Une hallucination ? C'était si réel. J'avais une sensation de réalisme très élevée... et dans le même temps, je percevais aussi dans une certaine mesure ce qui se passait dans l'ornithoptère..." Okhrana l'écoutait, puis elle hocha la tête, portant la main à son cou et retirant d'en dessous de sa bubê un pendentif en verre au motif familier... "Un sablier ? fit Anudar lorsqu'elle le lui remit. Les grains de sable à l'intérieur de l'objet fragile étaient blancs et scintillants. Il renversa le sablier pour en observer l'écoulement. "Où êtes-vous allé... pendant votre rêve ? demanda encore Okhrana. _J'ai rencontré la Triade des fondateurs, répondit Anudar. J'ai mangé, j'ai bu avec eux. J'ai évoqué les destins tragiques de Périclès et de Socrate... J'ai couru dans les rues de l'Athènes antique... après leur avoir révélé la nature de leur erreur, à savoir, ne pas combattre la dictature des médiocres... _Vous seriez donc allé au-delà de la fondation du Serment, murmura Okhrana. Il déglutit, lui rendit le sablier avant de s'exclamer : "Ce n'était qu'un rêve ! Quel est le rapport entre un rêve construit autour d'interprétations contemporaines et notre situation bien réelle ? _C'était plus qu'un rêve, lui dit-elle, et il existe un rapport très étroit entre ce qu'il vous a été donné de vivre et notre destination actuelle... _Qu'est-ce que vous m'avez fait ? voulut savoir Anudar qui commençait à perdre patience. Quelle drogue m'avez-vous... _Je ne vous ai rien fait, l'interrompit-elle. En revanche, le Bout du Monde a touché votre esprit et vous a conduit... là où vous aviez un rôle à jouer." Elle leva la main pour couper court à ses questions et déclara : "Ainsi que vous le savez peut-être, la très longue résistance de la nation spartiate face à l'Empire lui a valu un traitement particulier parmi l'Ellada... Les Spartiates furent à l'instar des autres nations, soumis à la pénalité du déplacement contraint, si bien qu'il ne leur était pas permis de s'établir sur un monde plus de quelques générations - à ceci près que les Spartiates ne purent rester plus de dix générations sur chacun de leurs foyers temporaires, tandis que les autres nations pouvaient s'établir jusqu'à vingt générations sur le même monde. L'Empire ne voulait pas que la puissance spartiate ne renaisse trop vite de ses cendres - d'autant plus que Krysis, le dernier roi de Sparte, avait refusé de déposer les armes après l'invasion impériale, et que ses pentacontres avaient harcelé convois marchands et coloniaux dans le Secteur de Persée pendant plusieurs décennies... "Continuité fut l'un des mondes visités par les Spartiates au cours de leurs millénaires de voyages dans la Galaxie. Ils s'y trouvèrent avant la sécession de la République Cummingienne et avaient pu y laisser certains des leurs lorsque Eta Cumminga se sépara de l'Empire. Les citoyens de Continuité avaient colonisé les rivages de l'énorme continent baigné par l'océan mondial, ne laissant aucune place pour les Spartiates amenés ici par la volonté de l'Empire. Les nouveaux venus durent donc s'installer dans les terres les moins fertiles, les moins hospitalières, celles que ceux de Continuité appelaient 'Bout du Monde' : une région presque désertique, remplie de sable blanc, qui occupe tout le coeur du continent. Le Bout du Monde était presque inexploré à l'époque, mais d'après les rares voyageurs à s'y être aventurés, on pouvait y observer des phénomènes étonnants... "Les Spartiates ne furent pas longs à découvrir que le sable blanc du Bout du Monde, bien loin d'être inerte, est en fait une forme de vie rudimentaire. Imaginez des grains de sable capables de pousser sous la lumière du soleil en incorporant du silicium, et de se diviser en grains de sables plus petits eux-mêmes capables de pousser : il s'agit d'une forme de vie minérale, embryonnaire, certes, et cependant bien réelle, et redoutable au point qu'une fois la vérité connue à son sujet, les hommes de science ont chargé le Serment Elladique d'empêcher l'exportation du moindre grain de sable - afin que le Bout du Monde ne puisse pas contaminer d'autres mondes. "Le sable blanc vit, rongeant peu à peu le socle de Continuité. Il ne forme pas un désert ordinaire. J'ignore quelle aberration a pu engendrer un tel monstre inconscient de sa puissance - et pourtant, le sable blanc existe, éclairé par le soleil, dévorant peu à peu la planète. Et cependant, ce n'est pas là sa seule particularité... Car le sable blanc de Continuité, d'une certaine façon, établit des circuits neuronaux, tel le cerveau d'un foetus qui envoie ses nerfs coloniser le reste du corps. Et sa force la plus terrifiante n'est en fait pas celle par laquelle il dévore Continuité grain par grain, car en réalité, la volonté endormie de ce géant lui permet dans une certaine mesure de contredire certaines lois de la physique." Elle marqua une pause et rangea le sablier sous sa bubê. "En particulier, le sable blanc semble détester l'irréversibilité du temps... qu'il contredit en certains points du Bout du Monde. Ceux qui s'y aventurent peuvent alors être entraînés un moment vers le passé, où ils prennent part à des événements de l'ancien temps. Nous ignorons comment le sable blanc s'y prend pour accomplir cette absurdité. Nous ne savons pas pourquoi... et pourtant, nous avons utilisé son talent depuis, lors de certains rituels d'initiation spartiates. Le fait que Continuité soit désormais inhabitée du fait de l'interdiction impériale nous a permis de conserver le secret du Bout du Monde à l'usage du seul Serment. _Fascinant, fit Anudar en un murmure. Ce sable que vous portez avec vous... serait donc la raison pour laquelle j'ai été envoyé vers l'Athènes de l'Antiquité ? _Le Bout du Monde vous a emmené là où vous deviez vous trouver, dit-elle. Et en l'occurrence, si j'en crois ce que vous m'avez dit, vous avez conduit la Triade des fondateurs à concevoir le Serment. Ainsi que vous devez le savoir, le Serment fut prêté par des Athéniens au départ, et ce n'est qu'après qu'il s'est étendu aux autres nations de l'Ellada primitive - Sparte, la dernière à s'y rallier, ne l'ayant fait qu'après l'épopée de Megas Alexandros, lorsqu'il devint évident que le monde avait changé, qu'il s'était agrandi autour de l'ancienne Ellada." Anudar, bouleversé, entendait à peine ce qu'Okhrana lui disait. Le caprice d'une forme de vie minérale l'avait conduit là-bas, dans le dernier siècle d'un monde qui allait disparaître : cela suffisait à son émerveillement. "Je soupçonnais que vous étiez allé loin, continuait Okhrana. Je ne pensais cependant pas que vous étiez allé aussi loin. _A présent, je comprends, reprit Anudar au bout d'un moment. Je vois pourquoi Continuité reste chère à votre coeur de spartiate. _J'ai vu la Cité construite sans remparts sur le sol de Laconie, sourit Okhrana, et certains des miens ont vu de leurs yeux la bataille des Thermopyles, lorsque la multitude eut recours à la traîtrise pour en vaincre quelques uns. Voilà pourquoi Continuité, malgré le danger mortel qu'elle porte en elle, est de tous les mondes visités par les Spartiates depuis cent siècles celui qui restera toujours notre point fixe, et pourquoi chacun d'entre nous porte avec lui quelques mesures de ce sable vivant... Et c'est pour cette raison que nous avons dissimulé en son système, et depuis des millénaires, le don que nous allons faire à l'Ellada, pour qu'il ne soit plus jamais dit que Sparte ne pense encore qu'à Sparte quand Athènes pense désormais à l'Ellada."
[HRP] L'histoire d'Anudar est donc de retour ! Suite à quelques contretemps, je vous ai apporté ici un passage plus long qu'à l'accoutumée, qui sera donc en plusieurs morceaux. Deux précisions d'importance : 1°) Le "jeu des bonnes questions" qui précise les rituels du Serment Elladique est inspiré d'un rituel décrit dans le roman "La Reine de l'Eté" de Joan D. Vinge, où une organisation appelée "Survey" influence les luttes de pouvoir entre les mondes d'un empire galactique disparu. Je n'appartiens à aucune société secrète et je serai donc bien incapable de décrire des rituels secrets sans m'inspirer d'un support de fiction. 2°) L'Histoire de la Grèce, de l'Antiquité à l'époque contemporaine, est ici interprétée à travers la tradition du Serment. Il s'agit donc d'une relecture de fiction. Bonne lecture et n'hésitez pas à me communiquer vos avis  ! [/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Burzmali Duc


Nombre de messages: 3458 Age: 37 Localisation: Sad Hill Date d'inscription: 21/02/2006
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 12 Juin - 23:34 | |
| Anudar tu vas me couter cher en papier. Il va falloir que j'imprime tout ça pour le lire tranquillement ailleurs que sur l'écran de l'ordi. PS: tu en es où avec ton roman? _________________  |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 2 Juil - 13:10 | |
| Anudar devait considérer, bien des années plus tard, que Grenville-Akawater était l'un des mondes les plus étranges qu'il lui ait été donné de visiter. Le fait qu'il y ait risqué sa vie, et qu'il y ait trouvé l'un de ses alliés les plus précieux, n'avait pas été pour rien dans cette considération. "Quel nom étrange, dit-il à Okhrana. _Comme pour de nombreux mondes anciens, Grenville-Akawater a connu sa propre histoire avant l'Empire, expliqua Okhrana. Le nom de Grenville a été donné par les premiers colons - il est probable que ce fut celui du découvreur de la planète. Quant à celui d'Akawater, il correspond au nom impérial. _Comme pour Baleyworld-Comporellon, comprit Anudar. Revenant à la fenêtre de la suite d'hôtel où ils avaient installé leurs quartiers, il contempla l'énorme soleil qui sombrait peu à peu vers l'horizon aquatique. Grenville-Akawater était l'un des rares mondes océaniques de la Galaxie. L'être humain était pourtant parvenu à s'y installer, non sans peine, construisant des villes sur pilotis sur les plateaux continentaux submergés à la suite d'une catastrophe vieille d'un million d'années. La population, assez peu nombreuse, vivait de l'aquaculture ainsi que des récoltes d'algues et de plancton. Quelques îles très rares étaient placées sous le contrôle direct de l'Empire : les Hauts avaient pour but de maintenir en ces lieux le statu quo, et en particulier de dissuader les indigènes de rechercher une adaptation biologique trop étroite à leur habitat - ce que la science biomathématique des Thérakiens aurait pu leur offrir, se dit soudain Anudar ; et à cette seule pensée, son talent s'éveilla, envisageant les paramètres génétiques dont l'altération permettrait aux Grenvilliens de mener une vie amphibie, voire même aquatique. "Vous ne m'écoutez plus, lui reprocha Okhrana. _Pardonnez-moi, lui répondit-il en se retournant vers elle. Les derniers jours ont été riches en événements inhabituels." Elle inclina la tête. "Je disais, reprit-elle, que nous allons à présent devoir rechercher en ces lieux les représentants du Serment laissés ici par ceux de Corinthe lorsqu'ils purent rejoindre Théra. _Qui sont ces gens ? _Une lignée patrilinéaire est restée sur Grenville-Akawater, expliqua Okhrana. Il s'agit des Arthénos, dont le Serment n'a pas eu de nouvelles depuis cinq ans. _Cela fait beaucoup, fit Anudar en haussant les sourcils. _Certes, mais ce n'est pas inhabituel, dans la mesure où les Arthénos étaient dirigés ici par un Mésiarche. Leur autonomie était donc très étendue. _Trouvons donc un Arthénos, faisons-nous reconnaître de lui, et il nous conduira au Mésiarche, comprit Anudar. Okhrana hocha la tête. "Mes hommes ont commencé leur enquête, dit-elle, et celle-ci ne devrait pas durer très longtemps. Les Arthénos étaient aux dernières nouvelles des riches négociants au sein de cette agglomération. Leur trace sera facile à retrouver." Anudar regarda de nouveau par la fenêtre. "Avec notre voyage à Continuité, reprit-il, cela fait des jours et des jours que je n'ai pas mis le pied sur un monde... _Je comprends, fit Okhrana en souriant. Cependant, vous ne pourrez pas poser le pied sur le sol de Grenville-Akawater... Si vous souhaitez vous promener un peu, je peux vous adjoindre un Drômon en tant que garde du corps." Il haussa les épaules. "Je sais me défendre, dit-il en s'éloignant vers sa chambre. Il s'y changea, revêtant une simple bubê et se chaussant de sandales ordinaires - la température externe étant torride. Son couteau galba fut passé dans l'étui de sa sandale droite, son médaillon gravitronique accroché à son cou et dissimulé sous le tissu de sa tunique. Enfin, il glissa dans sa poche quelques crédits impériaux - émis par la Banque de Trantor et non par celle de l'ULTE, tous les avoirs de l'ancienne guilde ayant été gelés par l'Empire suite aux combats dans le Secteur des Ambassades. "Vous devriez emporter ceci avec vous, l'interpella Okhrana lorsqu'il passa devant elle pour sortir de la suite. Il s'arrêta et contempla l'objet qu'elle avait fait glisser sur le bureau où elle s'était assise. "Un lance-graines, murmura-t-il. _La graine de menthise est une arme redoutable et très méconnue hors de Théra, dit Okhrana. Ainsi que vous le savez, le règlement de l'Empire autorise ses sujets à porter des armes non létales telles que le fouet neuronique. Le lance-graine est répertorié dans les banques de données impériales comme une arme non létale. Son aspect inhabituel devrait tenir loin de vous les empêcheurs de tourner en rond... sans pour autant vous faire courir le risque d'une arrestation." Anudar hocha la tête et attacha le holster à sa ceinture. Puis il sortit de la pièce cependant qu'Okhrana revenait à l'étude des rapports qu'elle avait étalés sur le bureau.
Les passerelles qui flottaient sur l'eau étaient faites non de bois mais d'une matière gélatineuse et translucide qui s'enfonçait sous les pas d'Anudar. Le matériau était vivant. Il s'agissait d'un polype domestiqué par ceux de Grenville-Akawater - sans doute avait-il même subi des modifications génétiques afin d'être façonné de la sorte. Anudar avait lu la documentation présente sur les ordinateurs de l'hôtel. Les passerelles formaient le stade larvaire de la créature, réalisant des colonies à la surface de l'océan, émettant les adultes sexués sous forme de méduses géantes au niveau des colonnes d'ancrage du polype, mille mètres plus au fond. Anudar s'arrêta au niveau d'un carrefour et s'accroupit, posant la main sur le matériau humide et souple. Du bout du doigt, il parvint à en détacher un fragment qu'il approcha de ses yeux. Il put observer des myriades de bouches qui pulsaient sur sa peau, en absorbant les moindres impuretés. Si le polype vivait si bien en symbiose avec l'être humain, c'était parce que les déchets corporels de ce dernier lui apportaient les nutriments inaccessibles dans l'eau de mer. C'était fascinant. Il donna une pichenette à son doigt pour se débarrasser du morceau de polype et reprit sa marche, ses pieds dans ses sandales peu à peu mouillés sans qu'il n'en ait cure. Le talent dans sa tête venait de s'éveiller, lui apportant une intuition aussi frappante qu'un battement de coeur arythmique. Car il eut soudain la vision d'élégants cosmonefs vivants comme le polype, doués d'une certaine forme de conscience, grâce auxquels les forces de l'Ellada pourraient enfin reproduire les exploits de leurs ancêtres... Et à l'évocation des batailles des jours anciens, Anudar se souvint de leur bref séjour dans l'espace de Continuité.
"Continuité, avait dit Okhrana en montrant la planète tellurique à travers le téléscope embarqué. L'unique continent de Continuité, perdu au milieu de l'immense océan planétaire, était dévoré par une tache blanche qu'Anudar identifia aussitôt comme le Bout du Monde. "J'ai l'impression que son étendue est supérieure à celle qui apparaissait sur les images que vous m'avez montrées, avait-il dit en désignant la masse claire. Okhrana avait eu un long soupir. "Ces images sont anciennes de cinq décennies, avait-elle dit. La croissance du phénomène semble s'être accélérée... _Peut-on envisager de se poser dans ces conditions ? _Non. Personne ne s'est posé sur Continuité depuis mille ans. Le Serment a pris soin de rayer les coordonnées stellaires de ce monde pour qu'il ne soit plus visité... Nous exerçons par ailleurs une garde étroite pour garantir qu'il n'y aura pas d'explorateurs. _Et cet échantillon que vous portez en sautoir ? avait demandé Anudar. _Il a été prélevé avant la mise en quarantaine de Continuité. Le flacon est en plastique organique incassable. L'ensemble est inerte." Anudar s'était dirigé vers le radar d'astrogation, dont le responsable lui avait adressé un regard attentif. Se penchant sur les données holographiques, Anudar avait réalisé quelques calculs de tête... avant de sourire. "Nous ne nous dirigeons pas vers Continuité, avait-il dit à Okhrana. Nous semblons aller plutôt vers cette géante gazeuse..." Il ne s'était pas trompé. Deux jours plus tard, le cosmonef du Serment s'était mis en orbite basse autour de l'énorme planète, à une altitude inaccessible aux vaisseaux de l'Empire. "Il fut un temps où la technologie de l'Empire lui permettait d'explorer les couches externes des planètes géantes, avait marmonné Okhrana. Ce que nous avons caché ici ne s'y trouve que depuis quelques siècles... _Peut-être allez-vous me dire enfin ce que nous sommes venus chercher ici ?" Pour toute réponse, Okhrana lui avait fait un clin d'oeil, avant de réclamer l'ouverture d'un canal de communication au personnel responsable : "Ouvrez la fréquence 57-210, avait-elle dit. Pas de cryptage. Lorsque le canal est ouvert, je veux que le silence soit fait dans le cosmonef." Un bip avait résonné lorsque la fréquence avait été sélectionnée. "Code : seize, zéro, quarante, trois cents, trois cent mille, avait-elle dit à voix haute. Il y avait eu un silence. Et puis, le canal avait transmis trois chocs profonds et sourds. "Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois ! avait déclaré Okhrana en elladique archaïque. _Reçu... reçu... reçu... reçu... avait fait une voix métallique dans le canal. _Manoeuvre, avait-elle enfin ordonné. _Manoeuvre en cours, avait confirmé la voix. Okhrana s'était rejetée dans son fauteuil en coupant le canal, puis elle avait fermé les yeux. "Qu'est-ce que cela signifie ? avait voulu savoir Anudar. _Regardez, avait répondu Okhrana en montrant l'image holographique de l'espace voisin. Anudar, se concentrant sur l'atmosphère de la géante gazeuse, avait vu peu à peu des choses qui venaient des profondeurs en leur direction, d'innombrables masses de métal, fines ainsi qu'élancées, à l'aspect mortel - frappées d'un lambda rouge sang. "Voici ce que Sparte offre à l'Ellada, lui avait dit Okhrana en se portant à ses côtés. La flotte des pentacontres de Krysis le Dernier." Plus tard, lorsque la flotte de Krysis avait été dirigée loin de la géante gazeuse, des équipages avaient été transférés des cosmonefs du Serment vers ceux qui étaient restés cachés là depuis des siècles. Ils n'avaient pas trouvé les pentacontres en parfait état, pas plus qu'ils n'étaient à même de rivaliser avec les vaisseaux de l'Empire, et pourtant, d'après le personnel d'Okhrana, peu de travail serait nécessaire à leur réfection et à leur remise à niveau. "Lorsque Krysis refusa l'asservissement de la nation spartiate, et qu'il se révolta contre les éphores qui choisirent l'abdication, ces pentacontres étaient les seuls cosmonefs capables d'égaler ceux de l'Empire, avait dit Okhrana. Cette flotte put même, pendant les quelques siècles où elle put trouver des ports francs qui acceptaient de l'accueillir, soumettre certaines flottes de l'Empire - et saisir des croiseurs tels que ce x27, par exemple." Elle avait désigné un vaisseau bien plus gros que les pentacontres, dont les courbes évoquaient en effet l'Empire plus que l'Ellada. "Par la suite, la domination impériale s'accentuant, les ports francs furent fermés l'un après l'autre et la flotte des Spartiates devenus pirates, considérée comme hors-la-loi dans tous les secteurs de l'Empire, fut contrainte à l'inaction. Il devenait impossible de réparer les dommages - et l'armée impériale devenait trop puissante. Les héritiers de Krysis choisirent alors de dissimuler cette flotte pour le jour où l'Empire s'affaiblirait. _Et à présent, vous allez en remettre les clés au Serment, avait dit Anudar. _Ce n'est pas tout à fait mon intention, avait répondu Okhrana. A cet instant, une communication de la part d'un des hommes d'équipage avait distrait leur conversation : "Polémarkhos, avait dit l'autre au bout de la connexion, les cosmonefs de la flotte sont à même de réaliser les sauts hyperspatiaux jusqu'à Théra. _Parfait, avait répondu Okhrana. Que tous les capitaines nous rejoignent ici. J'ai des instructions à vous communiquer." Quelques heures plus tard, le salon de conférences du cosmonef avait été rempli d'un très grand nombre de membres d'équipage. Anudar, assis à côté d'Okhrana au pupitre des conférenciers, avait écouté avec soin le discours de l'autre Mésiarche. "Nous sommes ici à Continuité, ce qui nous donne une excellente raison de voyager, avait-elle dit. Nombre des nôtres ont rallié les Secteurs les plus lointains pour battre le rappel de ceux du Serment en dehors de Théra : les troubles dans l'Empire montrent qu'il n'est plus temps pour nous d'entretenir des cellules hors du Sol et des mondes du Secteur trantorien. Le Mésiarche Bruséis des Athéniens, au nom de ceux du Serment sur Théra, m'a confié avoir approuvé cette stratégie. _C'est exact, avait dit Anudar. _La flotte de Krysis va rallier le Secteur de Persée par la route la plus rapide, avait poursuivi Okhrana. Elle gagnera le point de ralliement 256-712-46 et s'y tiendra prête à obéir aux ordres du Serment tout en exécutant les travaux de réparation et de remise à niveau nécessaires... Dans le même temps, les anciens cosmonefs de l'ULTE se disperseront et transiteront par Iskkar, Grenville-Akawater et Tazenda. C'est là que nous trouverons les représentants des branches thébaines, corinthiennes et mycéniennes du Serment." C'était alors qu'Anudar avait compris l'intention d'Okhrana. En rassemblant l'ensemble des dirigeants du Serment sur Théra, et en apportant de surcroît la puissance de la flotte de Krysis, elle attirerait sur elle un prestige immense - ainsi qu'une influence démesurée. "Belle manoeuvre, avait-il dit en souriant. Elle l'avait regardé un instant avant de sourire à son tour. "Merci, avait-elle répondu. Cependant, je ne doute pas que vous avez vous aussi prévu quelque chose pour augmenter l'influence des vôtres au sein du Serment..." Il avait haussé les épaules sans rien laisser paraître... Car en fait, il n'avait rien prévu du tout, n'ayant pas un seul instant imaginé depuis qu'il était devenu Mésiarche qu'il pourrait un jour se trouver pris au sein d'une lutte de pouvoir.
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|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 2 Juil - 13:10 | |
| La nuit était tombée sur Grenville-Akawater, et avec elle, la fraîcheur de l'océan se répandait sur les piliers et les passerelles de polype. Assis en tailleur face à l'horizon obscurci, Anudar s'exerçait à penser selon les critères de la Discipline. Il avait commencé par compter à voix basse. Arrivé à vingt, il avait réalisé une division euclidienne toutes les décades, sans perdre le fil du comptage. Ainsi, peu à peu, avait-il dissocié les différents composants de son intellect, les laissant l'un après l'autre s'intéresser à des problèmes d'ordre mineur, cependant que son noyau se concentrait sans distraction sur la question véritable. C'était la Discipline qui lui avait permis, avant ses années trantoriennes, de révéler au jour son talent - dégagé strate après strate des autres aspects de sa pensée. Pourtant, elle lui avait apporté d'autres bienfaits, car même son talent n'était que l'une des manifestations mineures de son intellect. Aristote n'avait pu savoir que l'esprit de l'homme résultait de phénomènes électrochimiques déclenchés à la membrane des cellules nerveuses ; les monothéistes avaient accepté sa conception dichotomique corps/esprit et l'avaient même compliquée en lui adjoignant un troisième terme, celui de l'âme. Les biomathématiques n'admettaient pas ces distingos et, de la sorte, avaient permis à ceux de l'Ellada de découvrir le moyen de séparer les composants de leur réflexion. Les nombres qui s'égrenaient à travers les lèvres d'Anudar dépassaient à présent le millier. Dans sa tête, le noyau d'intellect primordial - celui qui permet d'interpréter les émotions d'un interlocuteur à partir de son expression, de son attitude, du ton de sa voix ainsi que du choix de ses mots - évaluait les intentions de Saïfaé Okhrana. Anudar se rendait compte, peu à peu, que la Mésiarche était liée au passé glorieux des Spartiates par des liens d'une puissance préoccupante - à même d'affaiblir sa perception des intérêts supérieurs de l'Ellada. Ses plans étaient désormais clairs aux yeux d'Anudar : Okhrana souhaitait prendre l'ascendant sur les autres Mésiarches pour que Théra défie l'Empire au plus vite. Le moment semblait bienvenu, en effet : la situation dans le Secteur Anacréonien, mais aussi sur Trantor, indiquait qu'une rébellion dans le Secteur de Persée aurait de bonnes chances de réussir. Et pourtant, Anudar voyait que même avec la flotte de Krysis, Théra serait condamnée à moyen terme. Le Secteur de Persée, après tout, n'était pas assez périphérique pour que l'Empire puisse accepter de le voir lui échapper de sitôt... Et par ailleurs, Théra y restait un monde isolé - unique en son genre. L'idée d'Okhrana était séduisante, et pourtant, mal calculée. Anudar percevait le danger qu'il y avait à laisser Okhrana prendre une position dominante au sein du Serment ; ce qui lui restait à faire, désormais, c'était identifier le moyen de contrebalancer son influence. "Tu parles d'une gageure, marmonna-t-il. _Eh, ça parle ! lança une voix toute proche. Surpris, Anudar sentit la Discipline s'effriter puis se disperser ; quelque peu groggy, quelques secondes lui furent nécessaires pour identifier la forme d'un hydroglisseur posé sur l'eau à quelque distance de lui ; sur la plate-forme de l'appareil, une petite dizaine d'individus rigolards le regardaient en agitant des boîtes métalliques remplies de boisson - alcoolisée, sans doute. "Alors étranger, tu as pris racine ?" Anudar se leva, découvrant avec un certain désagrément que sa tunique avait été mouillée au contact du polype. Les taches humides lui attirèrent de nouveaux rires. "D'où viens-tu ? lui demanda une nouvelle voix. Les autres s'écartèrent, laissant voir un homme jeune, assis sur un fauteuil de cuir trantorien. Ses traits fermes et allongés conduisirent Anudar à l'identifier comme un Haut, sans doute l'être le plus influent de cette petite bande. Il tenait à la main une chaîne attachée à l'autre bout au collier porté par un jeune homme accroupi, au teint gris et aux yeux creusés. Une moue de dégoût apparut sur le visage d'Anudar. "Je t'ai posé une question, lança le Haut qui semblait s'impatienter. Tu n'es pas de ce monde, d'où viens-tu ? _Je n'ai rien à dire à ceux qui retiennent des esclaves soumis à la désespérance, répondit Anudar. Nouveaux rires sur la plate-forme. Anudar haussa les épaules et tourna bride. L'hydroglisseur démarra pour le suivre. "Où crois-tu aller comme ça ? lui demanda l'autre dans son fauteuil. Tu m'insultes et tu penses que je vais te laisser partir ?" Anudar ne s'arrêta pas. Il ne répondit pas non plus. Il n'adressa pas même un regard aux autres. Sur un ordre du Haut, quatre des convives sautèrent devant lui sur la passerelle de polype, lui barrant le passage. Anudar s'arrêta, regardant autour de lui : l'endroit était désert et la pluie glacée qui commençait à tomber lui laissait peu d'espoir que quelqu'un passe dans les parages.
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|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Lun 2 Juil - 13:11 | |
| "Haut Zzaarr t'a posé une question, lui dit l'un des quatre sur un mauvais ton. _Les règlements de l'Empire interdisent l'emploi de drogues psychotropes, fit-il. _Allons, allons, gloussa Haut Zzaarr qui était resté à bord de son hydroglisseur. Tu devrais le savoir, la vie serait bien trop ennuyeuse s'il fallait se fatiguer à suivre tous les règlements à la lettre." Anudar rétorqua : "Demandez à votre esclave s'il est heureux." Puis, se tournant vers les quatre qui lui bloquaient le passage : "Vous autres, laissez-moi passer : je ne suis pas d'humeur à négocier ce soir. _Voyez-vous ça ! s'esclaffa Haut Zzaarr. Saisissez-le !" Deux bras s'abattirent sur les épaules d'Anudar qui se bascula en arrière, entraînant dans sa roulade deux des imbéciles, qui furent projetés en arrière, et qu'il frappa au plexus avant de se redresser, tirant son couteau galba de son étui. D'une diagonale il marqua le visage d'un troisième. Le quatrième sembla hésiter lorsqu'il vit la tournure prise par ce qu'il avait cru être une mauvaise blague faite à un touriste. "Pour la dernière fois, laissez-moi passer, dit Anudar. _Etranger, regarde, intervint Haut Zzaarr. Anudar tourna la tête, et dans le même mouvement il fit un bond par-dessus la passerelle de polype. Sa tête creva la surface sombre de l'eau salée ; il fit aussi vite que possible les mouvements de nage nécessaires pour s'éloigner. La chaleur qui se mit soudain à irradier dans son dos l'informa qu'il avait bien fait. Le Haut lui avait tiré dessus avec l'éclateur qu'il lui avait vu brandir. Il ne devait sa survie qu'à la rapidité de ses réflexes. Se retournant, il s'avança sous la passerelle, nagea en dessous d'elle aussi longtemps qu'il le put puis risqua la tête hors de l'eau. A quelques dizaines de mètres de là, les autres secouraient les blessés tout en éclairant l'eau avec des torches à faisceau. "Où est ce salopard ? hurlait Haut Zzaarr. Retrouvez-le moi ! _On dirait qu'il a coulé à pic, répondait l'un de ses compagnons. Vous l'avez certainement touché ! _Alors, ramenez son corps ! exigeait l'autre en tirant sur la chaîne de son esclave. Anudar s'éloigna encore un peu et s'avisa qu'il n'allait pas pouvoir se déplacer très loin comme cela. Les autres finiraient par le repérer, or, il n'était pas assez bon nageur pour avoir une chance acceptable de l'emporter s'il restait dans l'océan. Il se contorsionna pour ranger son couteau galba dans l'étui de sa sandale puis se décida : il lui fallait, une nouvelle fois, recourir à l'aide d'Okhrana. Portant la main à son médaillon gravitronique, il amena l'objet arrondi à sa bouche en actionnant ses contacts. L'instrument n'émit aucun déclic. Il l'éloigna de son visage, et fronça les sourcils en le regardant. Ses voyants n'émettaient aucune lueur. De nouvelles impulsions sur les commandes ne changèrent rien : au contraire, au bout d'un certain nombre de vaines sollicitations, le médaillon émit quelques étincelles et dégagea une odeur de plastique chauffé. Anudar ferma les yeux et remisa sa commande d'urgence à présent inutile sous le tissu de sa bubê, se jurant d'avoir une petite conversation avec les diagnostes qui n'avaient pas pensé à étanchéifier un objet d'une telle importance. Puis, cependant que les autres se rapprochaient de sa position, il prit son inspiration et nagea de nouveau sous la passerelle, évitant ainsi pour un instant les faisceaux inquisiteurs. "... démon de l'espace l'a escamoté, disait quelqu'un lorsqu'il émergea de l'autre côté. Il saisit son lance-graines. Au moins, la simplicité redoutable de sa conception en faisait une arme utilisable en presque toutes les circonstances. Une idée lui était venue et il risqua un oeil au-dessus du bord de la passerelle, guettant le moment où l'un des poursuivants se retournerait, se préparant à l'ajuster. Ce qui ne tarda pas. L'autre l'entrevit et ouvrit la bouche pour émettre un cri d'alerte, mais Anudar avait déjà déclenché le tir de son lance-graines. Le ressort se détendit dans le plus grand silence - et seul un "tug" étouffé se fit entendre lorsque la graine de menthise perça le vêtement mince de l'autre, s'implantant dans son thorax. Anudar plongea de nouveau, guettant les bruits qui se transmettaient sous la passerelle cependant qu'il s'éloignait... Un choc sourd l'informa que sa victime s'était effondrée. La neurotoxine avait donc fait son effet, paralysant l'homme cependant que la plantule commençait sa germination. Un frottement sec à l'intérieur du lance-graines - "frr" - lui fit comprendre que le ressort s'était bien tendu à nouveau. Il émergea quelques mètres plus loin. "Oorrii ! criait quelqu'un. Par les seins de l'Impératrice, qu'est-ce qui lui arrive ? _Il est raide, mentionna un autre. Anudar visa de nouveau : "tug", "frr", "tug". Puis il plongea. Trois adversaires hors combat, et qui le resteraient jusqu'à ce que leurs amis aient l'idée de les faire voir par un médic. Qu'il en paralyse encore quelques uns... et il pourrait... Sa tête déchira la surface de l'eau, et il fit face au canon d'un éclateur. Haut Zzaarr, debout sur son hydroglisseur, lui adressa un sourire ironique. "Bien tenté, lui dit-il. Remonte sur la passerelle, à présent." Anudar évalua ses chances de plonger assez vite pour échapper encore au tir d'éclateur... se rendant compte bien vite qu'il n'en avait aucune. Alors, il se hissa sur la passerelle de polype. "Tu leur as fait quoi ? demanda le Haut, le gardant toujours en joue. _Graine de menthise, répondit Anudar. La graine germe en absorbant leur azote et leur phosphore, et les paralyse pour éviter qu'ils ne la retirent eux-mêmes. Si elle n'est pas enlevée d'ici une semaine, ils mourront. _Intéressant, commenta l'autre. J'ai bien envie de voir quel effet cela ferait sur toi. _Je suis immunisé, fit Anudar. _Vraiment ? Dommage !" Il éclata de rire. Sur un geste qu'il fit, l'un de ses amis arracha le lance-graines des mains d'Anudar et sauta sur la plate-forme de l'hydroglisseur pour le lui remettre. "Belle arme, qui sera du plus bel effet dans ma collection, commenta-t-il. Tu te demandes ce que je vais faire de toi, étranger ?" Des rires éclatèrent autour d'Anudar, qui garda le silence, se contentant de fixer le Haut. Celui-ci eut un sourire et défit le collier de son esclave malingre. "J'ai envie de m'amuser un peu, continuait Haut Zzaarr. Si tu l'emportes sur Lyor, tu es libre. _Et si c'est lui qui l'emporte ? voulut savoir Anudar que les autres forcèrent à reculer sur la passerelle cependant que le Haut poussait son esclave à sauter. _Alors, il aura droit à sa dose de désespérance... s'il te tue." L'esclave chancelant tourna la tête vers son maître, puis orienta ses yeux cernés vers Anudar. Une étrange expression de haine et d'envie passa dans ses yeux. "Mais je préfère te prévenir, étranger, reprit le Haut, tu ne l'emporteras pas. Son besoin pour la désespérance lui confère une force peu commune..." Sceptique, Anudar regarda l'un des compagnons du maître donner à l'esclave un couteau de métal gris : il fallut lui refermer les doigts autour du manche tant ils tremblaient. "Je ne veux pas me battre contre lui, déclara-t-il en conséquence. Il est en trop mauvais état et, s'il est dépendant au point que vous l'affirmez, il faudra que je le tue pour mettre fin à ce combat..." Haut Zzaarr éclata de rire et sauta de son hydroglisseur sur la passerelle à son tour. "Envoyez plutôt l'un de vos... _Suffit, l'interrompit l'autre. Lyor, tu sais ce que tu dois faire." D'un pas chaloupé, brandissant son couteau, le jeune esclave s'avança vers Anudar. Celui-ci, pris de pitié, ne dégaina pas l'arme dans son étui de sandale. Ce qui faillit le perdre. A une vitesse effrayante, Lyor se jeta sur lui, frappant de son couteau en diagonale. Anudar se rejeta en arrière et, déséquilibré, ne put éviter le coup de pied qui le cueillit à l'estomac ; tout juste parvint-il à tomber du côté où Lyor ne tenait pas son couteau, ce qui lui donna la seconde nécessaire pour rouler sur le flanc, évitant ainsi le coup de couteau qui ponctua le polype où il était allongé un intant plus tôt. Il roula encore et, luttant pour reprendre son souffle, parvint à dégainer son couteau galba, duquel il dévia juste à temps la frappe qui devait l'éventrer, déséquilibrant ainsi l'esclave affaibli, qui bascula vers l'avant. Essouflé, Anudar se releva et recula en position accroupie, le couteau galba pointé sur son adversaire. Celui-ci revenait déjà sur lui, le couteau à nouveau brandi, le regard fou. Anudar fit plusieurs pas en arrière devant sa violence. Lyor se battait des deux mains, faisant passer son arme de la droite à la gauche aux moments les plus inattendus, rigidifiant les doigts de sa main libre pour les envoyer en direction du visage d'Anudar à une vitesse dangereuse ; à plusieurs reprises, il dut soustraire ses yeux aux doigts raidis en crochets de son adversaire. Anudar eut peur soudain. L'autre, bien qu'épuisé, n'économisait pas ses forces, car il savait que la réussite lui vaudrait une dose de sa drogue. Il fallait le rendre moins dangereux - le priver de son couteau, afin de pouvoir faire durer le combat. En l'état présent des choses, il n'était pas possible de frapper - l'esquive permanente était la seule option d'Anudar. Il feint d'être lui aussi fatigué, ce qui n'était guère difficile vu l'intensité ainsi que la violence des coups de Lyor. Au bout d'un moment, l'autre choisit de frapper de gauche à droite : Anudar s'arrangea pour saisir le couteau de métal dans la garde de son arme. Les deux lames s'entrechoquèrent et le métal lança des étincelles contre le bois dur comme le diamant, et alors Anudar tourna le poignet vers le bas, tordant ainsi celui de Lyor qui lâcha son arme. D'un coup de pied, Anudar parvint à envoyer le couteau de métal dans l'eau où il coula. Lyor n'hésita qu'une fraction de seconde. Anudar dut se décaler à une vitesse qui rendit son équilibre précaire pour éviter une manchette à la tempe à même d'assommer un lutteur. Il dut reprendre son mouvement de recul incessant, élevant lorsqu'il le fallait son couteau galba pour ralentir les coups de l'autre? Avec angoisse, il se rendait compte qu'il ne pouvait se résoudre à tuer Lyor, qui n'était somme toute qu'une victime broyée dans cette histoire ; et cependant, son adversaire lui-même ne pouvait envisager de le laisser partir et de survivre - assuré qu'il était, en cas d'échec, d'être privé de sa drogue. Lyor le surprit soudain. D'un coup de poing, il parvint à le déséquilibrer. Le contournant, il le prit par le bras gauche ; en vain Anudar voulut-il se dégager en cherchant son adversaire de son couteau galba et à l'aveuglette : l'arme lui fut soudain arrachée, son bras droit à son tour bloqué dans le dos d'une clé serrée. Le souffle haché de Lyor envahissait son audition. Anudar se rendit compte que le bras droit de l'autre s'élevait, armé du couteau galba, et qu'il allait avoir la gorge ouverte sans qu'il parvienne à se dégager. "Par mon propre couteau galba, marmonna-t-il en elladique, étranglé par l'angoisse et la douleur. Quelle ironie !" L'étreinte dans son dos cessa de s'accentuer. "Tu parles la langue, entendit-il souffler à son oreille. Les mots elladiques firent s'arrondirent les yeux d'Anudar. En un suprême effort, il parvint à envoyer son coude dans l'estomac de Lyor qui le lâcha et recula en se courbant et en titubant. Anudar se retourna et le cueillit sous le menton du bout de son pied, l'envoyant dos contre le polype. Il ramassa le couteau galba tombé en même temps et attendit que Lyor se relève, indécis quant à la conduite à tenir : il le savait, les coups qu'il venait d'infliger à son adversaire étaient en mesure de l'immobiliser pour un moment, mais l'état de l'autre n'était pas normal - et lui-même aurait pu se porter mieux. Lyor se releva peu à peu, avec peine. Son regard était empli de douleur et Anudar serra son couteau, se souvenant du début de leur affrontement, mais l'autre semblait désormais atteint au-delà des capacités d'anesthésie de la désespérance. Il chancela et retomba sur un genou, les deux mains appuyées au sol, sa bouche aspirant l'air frais à une cadence rapide. "Par le démon de l'espace, Lyor, qu'est-ce que tu fabriques ? s'insurgea Haut Zzaarr en s'approchant de lui.Debout ! Debout, à moins que tu ne veuilles être privé de désespérance pendant un mois !_ Maître, gémit Lyor, donnez-moi une dose maintenant, maintenant..._ Tue-le d'abord ! exigea le Haut._ Je ne... peux pas, souffla Lyor. Haut Zzaarr s'approcha de lui et lui donna un coup de pied." Arrêtez ! fit Anudar. Il a besoin de soins !_ On va le soigner à notre façon ! s'écria le Haut en levant de nouveau le pied. Il n'atteignit jamais sa cible. Lyor reproduisit une figure d'andaque bien connue d'Anudar pour éviter le coup, saisir la cheville, la tordre - et faire tomber le Haut face contre le polype." Pas un mot, dit-il en lui redressant la tête d'un coup sec. L'assistance émit un cri de surprise, et Anudar vérifia que personne ne s'approchait d'eux en brandissant son couteau." J'attends cet instant depuis quatre ans, cracha Lyor à l'oreille de Haut Zzaarr._ Tue-moi, et ils te découperont en morceaux, gargouilla le Haut. Un sourire dément apparut sur le visage de Lyor, qui se mit à forcer la tête de son tortionnaire vers l'arrière - à la recherche du point où sa colonne vertébrale cèderait." Lyor, ne fait pas ça ! lui dit Anudar en elladique. Ils te tueront si..._ Je suis déjà mort, l'interrompit Lyor sur le même ton, mais cessant sa traction sur la tête du Haut._ Nous te soignerons ! Le Serment Elladique est ici. Tu es l'un des Arthénos, pas vrai ? Nous sommes venus pour te chercher. Lyor, je t'en prie, laisse-nous t'aider !" Le regard embrumé de fièvre, l'autre sembla hésiter. Puis il relâcha un peu sa prise sur l'homme qu'il maintenait toujours à terre." Oui, répondit-il enfin. Je suis le dernier des Arthénos." [HRP]Passage en trois messages. Bonne lecture  ! [/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
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|  | | arbitres ionah Technokrates


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 | |  | | Anudar Orateur


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 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Ven 27 Juil - 17:56 | |
| Assis sur la couchette de sa cabine, dans la frégate du Serment, Anudar contemplait le visage inexpressif de la petite idole kykladique posée sur sa table de travail, s'abandonnant à la rigoureuse Discipline. Okhrana ne lui avait pas dissimulé, pendant que les médecins ximmaques soumettaient Lyor Arthénos aux cycles de soins nécessaires à sa désintoxication, qu'il avait mieux valu que ce soit lui plutôt qu'elle qui découvre le dernier des Corinthiens du Serment. "A votre place, je n'aurais pas eu autant de scrupules, avait-elle tranché. Je l'aurais tué dès la première minute. _Et nous n'aurons jamais rien su du devenir des Arthénos, avait complété Anudar. _Heureuse chose, avait-elle souri, que vous n'ayez pu tenir en place, l'autre soir." A peine les deux jeunes hommes s'étaient-ils présentés à la porte de l'hôtel où le Serment avait établi ses quartiers, à bord de l'hydroglisseur de Haut Zzaarr qu'ils retenaient en otage, que la Mésiarche avait compris que leur mission sur Grenville-Akawater était achevée. Ils n'avaient qu'un seul Corinthien du Serment à ramener sur Théra - les autres avaient été massacrés au début de la dictature mise en place par les Hauts sur ce monde. En examinant Grenville-Akawater depuis le hublot de sa cabine, Anudar s'était dit que les changements de l'Empire avaient été rapides et spectaculaires depuis quelques années... La concurrence entre le pouvoir des Empereurs, celui des Hauts et celui des peuples de l'Empire soumettait l'ensemble de l'édifice à des contraintes grandissantes - qui se résolvaient par des crises, des conflits comme celui de Grenville-Akawater où une dictature d'aristocrates avait évincé un régime démocratique, et qui culminaient en ce moment dans la Périphérie et sur Trantor. L'impérialisation et le durcissement du régime impérial étaient à la fois causes et conséquences du mouvement de sécession amorcé sur Anacréon. "L'Histoire est en marche, fit Anudar pour lui-même. Le Destin est à l'oeuvre." La marche à suivre pour l'Ellada ne lui apparaissait cependant pas encore assez nette. Son peuple avait connu trop longtemps la soumission à l'Empire pour ne pas vouloir saisir sa chance d'en secouer le joug, à présent que, pour la première fois depuis des millénaires, toutes les circonstances semblaient rassemblées pour qu'une insurrection réussisse. Et pourtant, le Secteur de Persée, berceau ancestral de l'Ellada Galactique, n'était pas un Secteur de la Périphérie Lointaine, là où les insurgés parvenaient à tenir l'Empire en échec. Théra se trouvait au coeur d'une région trop proche du Centre pour que l'Empire puisse y tolérer la propagation de l'insurrection. Quelques coups furent frappés à la porte de la cabine, et Anudar secoua la tête, dissipant sa rêverie contrôlée pour inviter l'arrivant à entrer. Lyor ouvrit la porte et la referma sur lui avant de venir s'asseoir à côté d'Anudar. "Comment vas-tu ? lui demanda ce dernier. _Bien mieux, répondit l'autre. Les ximmaques disent que je suis tiré d'affaire." Anudar hocha la tête. Lyor pinça les lèvres, regarda de côté, puis sembla prendre sa décision. "Je voulais te dire merci, dit-il. Je n'en ai pas encore eu l'occasion. _Je sais maintenant que tu en aurais fait autant à ma place, fit Anudar. _Ce n'était pas toi, là-bas, qui étais aux ordres de Zzaarr, cracha Lyor. Les sbires des Hauts, lors du coup d'état, ont éliminé tous les foyers potentiels de contestation." Il eut un long soupir. "Mon grand-père était le chef de notre clan, dit-il encore. Notre maison était l'une des plus belles du quartier commerçant... Toute notre famille y vivait. Mon arrière-grand-père avait choisi de rester sur Grenville lorsque Théra fut ouverte à la colonisation. Il était le Mésiarche des Corinthiens. La charge est revenue à mon grand-père, elle devait passer à mon père avant de me revenir... Maintenant, je suis le dernier, parce que je n'avais que seize ans lorsque les Hauts ont pris le pouvoir là-bas, et que Zzaarr appréciait de me tenir en laisse comme une bête." Il se tut, comme s'il attendait un commentaire de la part d'Anudar. Celui-ci, cependant, ne dit rien. Il connaissait déjà l'histoire de Lyor, car les ximmaques lui avaient fait le même compte-rendu qu'à Okhrana. "Tu te demandes si je suis digne d'être Mésiarche ? demanda Lyor au bout d'un moment. Mon grand-père m'a tout enseigné lorsque notre maison était assiégée... Je connais les bonnes réponses aux bonnes questions... _Je le sais, répondit Anudar. Je sais aussi que les tiens t'avaient éduqué en ce but... Je ne doute pas de toi, Lyor." Celui-ci lui adressa un bref sourire avant de reporter son regard sur l'idole kykladique. "Je n'avais vu que des images ou des reproductions de ces objets, dit-il. Celle-ci est-elle véritable ? _Oui, fit Anudar. Il se leva et prit l'idole dans ses mains avant de la tendre à Lyor. "Il s'agit sans nul doute de l'un des objets les plus anciens de cette Galaxie, dit-il. Elle est assez âgée pour provenir de la Vieille Terre - de l'Ellada première, celle des Ioniens. Celle-ci est un souvenir de famille. _Nous n'avions rien de tel sur Grenville, marmonna Lyor en lui rendant l'idole. Enfin, toutes ces vieilleries ne sont pas non plus ce qui compte le plus... Ce qui est important, après tout, c'est l'avenir de l'Ellada." Ses lèvres se retroussèrent, exposant ses dents et ses gencives. "Ce qui compte, conclut-il, c'est de précipiter la chute de cet Empire maudit." Anudar remit l'idole à sa place et revint s'asseoir aux côtés de Lyor. "Regarde, lui dit-il en lui montrant soudain l'espace, de l'autre côté de son hublot. Nous sommes enfin arrivés en vue de Théra !" Une étoile au scintillement chlorophyllien était apparue dans le lointain : Théra, le joyau vert du Secteur de Persée.
"Okhrana s'est trompée, fit Anudar en se penchant vers Lyor. Elle a choisi le cosmoport impérial de Néa-Antipolis - et non celui de Lyon. _Cela veut dire qu'il y a peu d'égaux du Serment ici, comprit l'autre. Les négociations pour les droits d'entrée de notre frégate risquent d'être longues et compliquées..." Anudar approuva en regardant les gardes du cosmoport qui encadraient la Mésiarche des Spartiates et la conduisaient dans le bureau de l'autorité de régulation. L'ULTE étant devenue renégate au service de l'Empire, le gouverneur impérial avait sans nul doute passé des ordres spécifiques pour perturber l'entrée sur Théra de ses personnels. "Elle a commis une erreur, dit-il à voix basse. C'est l'occasion rêvée de lui fausser compagnie. _Quel intérêt ? voulut savoir Lyor. Et comment, surtout ? _Même si ceux du Serment sont rares ici, nous sommes malgré tout en terre elladique... Nous pouvons gagner Lyon, la capitale planétaire, plusieurs heures avant elle. Cela nous permettra d'éviter qu'elle arrive sur place avec tous ses gens, sans que les autres soient prévenus de ses intentions... _Soit, fit l'autre, toujours à voix basse. Tu n'as toujours pas dit comment... _Regarde, l'interrompit Anudar. Il fit un signe avec son menton, indiquant les gardes à l'aster et à l'astronef qui les surveillaient. Ils étaient quatre. Leur chef avait le teint pâle et la haute taille des natifs de Trantor. Les autres, moins grands, avaient les traits d'individus exposés aux rigueurs d'un univers biologique - et Anudar avait reconnu, au revers de leurs cols d'uniforme, le symbole presque indiscernable du casque de hoplite. Posant sa main gauche dos contre sa cuisse, il appuya son index, son majeur et son annulaire comme s'il dessinait le signe de la Triade dans une paume amie. Puis il adressa un regard à l'un des gardes qui proclamait ses origines elladiques - aux yeux qui se donnaient la peine de voir. Il recommença quelques instants plus tard, jusqu'à ce qu'il soit certain que les trois gardes au casque de hoplite brodé aient remarqué son manège. Alors, il tourna la tête, cherchant quelque chose qu'il ne tarda pas à trouver, se levant alors pour se diriger vers la double porte marquée des symboles habituels - personnages masculin et féminin stylisés. Un garde lui emboîta le pas. "On ne doit pas vous laisser sans surveillance, monsieur, murmura-t-il dans un standard parfait. _Pas de problème, fit Anudar en franchissant la bonne porte. Ils dépassèrent des lavabos, à côté desquels se trouvait un long alignement de niches arrondies fixées au mur. "Serment elladique, émit Anudar en s'installant à l'une d'entre elles. _Serment elladique, confirma le garde en surveillant la porte qu'il avait refermée derrière lui. Nous ne sommes pas assez nombreux pour accélérer la sortie de tout l'équipage de la frégate." Anudar eut un soupir teinté de rêverie. C'était agréable d'entendre à nouveau l'elladique parlé avec l'accent de Théra. "Je m'en doute, dit-il. Il faudrait que je puisse rejoindre Lyon au plus vite, accompagné du jeune homme à côté duquel je suis assis dans le salon d'attente... _Ce serait possible, mais en l'absence d'ordre exprès... fit le garde. Anudar referma ses vêtements et s'écarta du mur, tirant de la poche de son manteau le médaillon gravitronique endommagé. "Ceci vous aide-t-il à prendre votre décision ? demanda-t-il. Le garde regarda les motifs ornementaux du médaillon et regarda son interlocuteur dans les yeux. "Vous êtes le Mésiarche Bruséis, dit-il. Et sur l'approbation d'Anudar, il ajouta : "Nous pouvons faire passer un ordre par le réseau de la police du cosmoport pour vous séparer du reste de l'équipage. _Et pour gagner Lyon ? voulut encore savoir Anudar tout en se lavant les mains. _Je sais qu'un ornithoptère du Serment doit partir dans quelques minutes... Le nécessaire sera fait pour le retarder. _Bien, conclut Anudar. Il sortit de l'endroit, toujours suivi par le garde, revenant s'asseoir aux côtés de Lyor. "Où étais-tu allé ? lui demanda ce dernier. _Aux toilettes, répondit-il. Et, devant l'air interloqué de son compagnon, il précisa : "J'avais besoin de pisser." Quelques instants plus tard, un nouveau groupe de gardes se présentait dans le salon, muni d'ordres officiels réclamant la convocation d'Anudar et de Lyor dans un bureau situé à l'autre bout du cosmoport. Docile, Anudar se leva et saisit son sac à dos, faisant signe à Lyor de le prendre lui aussi. "A plus tard, dit-il aux gens d'Okhrana qui les regardaient s'éloigner avec perplexité. Les gardes étaient tous nés sur Théra. Tous portaient le discret emblème au casque de hoplite au col de leur uniforme. Aussitôt eurent-ils passé une porte qui les dissimulait aux gens d'Okhrana que leur chef échangea le signe de la Triade avec Anudar et Lyor : "Nous allons passer par un couloir dérobé, leur dit-il lorsque cette formalité fut réalisée. Dans deux minutes, nous serons à proximité de la piste où va partir l'ornithoptère pour la Cité de Lyon..." Ainsi se déroulèrent les événements, jusqu'à ce qu'ils soient montés à bord d'un ornithoptère chargé de marchandises. L'appareil s'arracha peu après de la piste d'aéronefs et ses ailes se mirent à battre lorsqu'il fut orienté vers le Sud. "Pardon, fit Anudar à la femme du Serment qui les avait pris en charge, je voudrais faire passer un message personnel à ma famille... _Ce sera fait, Mésiarche Bruséis, répondit-elle. _Annoncez-leur que je suis de retour. Que j'ai un invité venu de Corinthe. Et que d'autres invités, de Sparte ceux-ci, vont arriver peu après nous." Lyor eut un sourire, imité aussitôt par leur interlocutrice. "Bien manoeuvré, commenta Lyor quand ils furent seuls. Nous voilà maintenant hors de portée d'Okhrana et tes amis sont prévenus de notre arrivée. Nous avons une chance de les préparer aux arguments des Spartiates... _Nous allons surtout avoir l'occasion de nous reposer un peu, dit Anudar. Cela fait des semaines que je rêve de retrouver ma demeure familiale."_________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
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|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Ven 27 Juil - 17:56 | |
| L'amphithéâtre aux éléments taillés dans le marbre était comble. Il accueillait en effet les mille représentants les plus influents de tout le Serment. Assis à la tête des Athéniens, Anudar observait tour à tour la scène du rhéteur où sept fauteuils vides attendaient leurs occupants - chacun était destiné au Mésiarche de l'une des sept nations de l'Ellada - ainsi que l'assemblée si bavarde. "Anudar, lui dit sa mère, Phérane Raïma, nous les avons identifiés. _Mycènes ? lui demanda-t-il. _Une jeune femme du nom de Lanaka Téthys, répondit-elle. Certains de ses ancêtres sont devenus Hauts - mais sa lignée matrilinéaire n'a jamais utilisé le nom de 'Haut Téthys'. _Thèbes ? fit encore Anudar. _Le Mésiarche des Thébains est un homme, un certain Tekhor Alcinias. Un Drômon redoutable. Il a été dans l'armée impériale, dont il est sorti en tant que Colonel." Lyor, assis à droite d'Anudar, eut un rire étouffé. "L'Empire recruterait n'importe qui, dit-il. _Pharsale ? _Pour le moment, nous ne savons pas. _Et Knossos ? demanda enfin Anudar. _Une femme, fit Raïma. Son nom est Vara Idasora... Elle dissimule des dards empoisonnés dans le tissu de son manteau. _Charmant, commenta Lyor. Cependant que Raïma s'écartait d'eux, il se pencha vers Anudar et lui dit à voix basse : "Ecoute, Anudar, je te remercie beaucoup pour avoir demandé à tes parents de m'accueillir comme leur fils... mais tu dois bien être conscient que je ne pourrai t'être d'aucune aide dans ce qui s'annonce à présent..." Anudar approuva en soupirant. "Je n'ai personne qui me suive, continuait Lyor. Les Corinthiens du Serment, hors de Théra, ont été massacrés sur Grenville-Akawater. Qu'as-tu prévu au juste pour éviter ce que tu sembles vouloir éviter à tout prix, à savoir... _La prise de contrôle totale du Serment par Saïfaé Okhrana, dont le prestige pèsera lorsque les Mésiarches seront rassemblés sur la scène du rhéteur ? dit Anudar, complétant ainsi la phrase de Lyor. J'ai averti les Athéniens du Serment. Je les ai convaincus. Ils m'appuieront lorsque les votes auront lieu. _C'est bien la moindre des choses, lui dit l'autre. Après tout, tu es leur Mésiarche. Mais, as-tu convaincu les autres ? _Non. Je n'ai pas encore pu les approcher. _Okhrana va faire valoir les difficultés actuelles de l'Empire pour réclamer le commandement... Elle apporte avec elle la nouvelle qui rend souhaitable le dernier grand rassemblement de l'Ellada - et elle apporte aussi la flotte de Krysis, qui rend possible une rébellion victorieuse. _Victorieuse pour un temps, fit Anudar dans un murmure. Pas pour toujours. Les Spartiates sont d'excellents stratèges mais vient toujours un moment où les données stratégiques ne permettent qu'un combat d'arrière-garde, or, je ne pense pas qu'Okhrana s'en rende bien compte..." Lyor allait ajouter quelque chose, mais des tambours furent frappés cependant qu'une bannière s'élevait sur le mur qui refermait la scène du rhéteur, face à eux. Sur le vert chlorophyllien qui représente les forêts primordiales de Théra, deux symboles en or, la lettre alpha - emblème de la culture et de la langue anciennes - et le trident - formalisant la Sainte Triade - proclament l'union retrouvée des sept nations : telles sont les couleurs de la nouvelle Ellada. "Que les Mésiarches prennent place ! s'exclama l'assemblée, d'une seule voix. Anudar et Lyor se levèrent au même moment. Ils gravirent les marches qui menaient à la scène du rhéteur et s'avancèrent vers les fauteuils, imités par les quatre autres Mésiarches. "Moi, Anud Anudar Raïma Bruséis, je parle pour Athènes ! fit Anudar de sa voix la plus sûre au moment de s'asseoir. Les autres Mésiarches l'imitèrent, jusqu'à ce qu'Okhrana, la dernière à parler, déclare : "Moi, Saïf Saïfaé Krysis Okhrana, je parle pour Sparte, ainsi que pour Pharsale !" Des murmures s'élevèrent dans l'assemblée. "La voix de la Spartiate ne pourra compter pour deux, proclama aussitôt Lanaka Téthys de son propre fauteuil. Où est le Mésiarche de Pharsale ? Quelle est cette trahison ? _Sparte et Pharsale ont uni leurs destins depuis bien des années, répliqua Okhrana. Ceux de Pharsale comme ceux de Sparte me reconnaissent pour leur Mésiarche. Ma voix devra donc compter pour deux." Des approbations se firent entendre parmi les rangs des Spartiates comme parmi ceux des Pharsaliens. "Voilà qui tombe mal, marmonna Lyor. Mais Tekhor Alcinias prit la parole : "Les voix ici se rattachent au siège, et non à l'individu, dit-il. Si la Spartiate souhaite que sa voix soit aussi celle de Pharsale, qu'elle administre la preuve qu'elle peut s'asseoir en même temps sur les deux fauteuils." Des rires s'élevèrent, plus nombreux que les précédentes approbations, et Okhrana elle-même eut un sourire avant de rétorquer : "L'Arkhonte en décidera ! _Encore faudrait-il qu'il y en ait un, s'écria Lyor. _Alors, qu'il vienne et qu'il s'identifie ! dit Okhrana. Le silence pesa un bref instant avant d'être coupé par Vara Idasora. "Il n'y a pas d'Arkhonte, dit-elle. L'Arkhonte n'est désigné qu'en temps de crise. Le dernier fut élu parmi ceux de Knossos lorsque l'Empire et la République Cummingienne s'affrontèrent. C'est ainsi que les Knossites du Serment savent, et possèdent les documents grâce auxquels un Arkhonte peut être intronisé." Elle sortit de la poche de son manteau un tube étanche qu'elle brandit. "Ces documents réclament un vote de la Boulê du Serment ! dit-elle. Si celle-ci peut se mettre d'accord sur le nom d'un Mésiarche présent ici, alors celui-ci deviendra l'Arkhonte, et son autorité transcendera celle des autres Mésiarches. Ainsi, sera réglée cette controverse." Okhrana hocha la tête, et Anudar comprit que cette solution lui semblait plus favorable encore que celle qu'elle avait voulu imposer quelques instants plus tôt... Et pourtant, il vit qu'elle prenait là un risque stratégique. La précédente éventualité lui aurait valu deux voix, il lui aurait suffi d'en gagner encore deux pour diriger le conseil des Mésiarches ; à présent, elle allait devoir convaincre un corps civique bien plus étendu. Il fut décidé que chaque Mésiarche pourrait s'exprimer devant la Boulê avant que celle-ci ne vote. Ils tirèrent au sort l'ordre de passage, et Anudar vit qu'il serait le dernier à prendre la parole. "D'une certaine façon, ce n'est pas plus mal, dit Lyor. Tu pourras réfuter les arguments des autres." Anudar hocha la tête et se mit à écouter ce que déclarait Alcinias, le premier à prendre la parole. Il fit de même pour tous les autres, et il analysa leurs discours, se rendant compte peu à peu de deux points de la plus haute importance. Tous les Mésiarches, Lyor y compris, souhaitaient que la révolte éclate au plus vite. Okhrana, comme il s'y attendait, avait rencontré un franc succès en offrant les services de la flotte de Krysis, et à cette occasion, il avait saisi que les Mésiarches n'étaient pas les seuls à vouloir défier l'Empire. C'était tout le Serment qui le souhaitait, imprégné par sa longue tradition, et en fait, sans doute l'Ellada toute entière le désirait-elle - après tout, lui-même attendait l'éclatement d'un conflit ouvert. Le Serment n'écouterait donc pas un discours de prudence - même le plus sensé. Ce qui impliquait alors le second point : il fallait qu'il devienne Arkhonte, non pas pour empêcher la révolte, mais pour négocier avec l'Empire lorsqu'elle aurait eu lieu, afin de trouver des compromis là où les autres ne voudraient entendre parler que d'intransigeance. "La parole est au Mésiarche Bruséis, déclara Idasora. Anudar hocha la tête une fois et il se leva, gagnant le milieu de la scène du rhéteur, se trouvant ainsi entre l'assemblée d'une part et les Mésiarches d'autre part. "Nous avons entendu là des discours du plus haut intérêt, dit-il. Tous, nous souhaitons pour l'Ellada un avenir de liberté, hors de la contrainte des règlements impériaux - sans les innombrables tracasseries des gouverneurs de l'Empire. "Que puis-je ajouter à ce qui vient d'être dit ? Bien peu de choses... A présent, l'Ellada est rassemblée sur ce monde nouveau, le Serment contrôle une flotte - et nous ne manquons pas de talents pour exploiter ces atouts que nous possédons. Oui, l'avenir semble assuré bien que rude. "Et pourtant ! "Tous ceux qui ont parlé avant moi n'ont parlé que de l'avenir. Ils n'ont rien évoqué d'autre que le Destin, celui de notre chère Ellada, dont l'origine se perd dans les âges... Nul n'a parlé de la Mémoire. Tous pensent à notre responsabilité devant ceux qui nous suivront, et aucun ne pense à notre responsabilité devant ceux qui nous ont précédé. Qui a pensé à notre langue, à notre culture, à nos façons, à nos souvenirs ? A ces possessions si fragiles que nous conservons en nous ? Qui donc ici souhaite qu'un jour, peut-être, nos fils et nos filles parlent une langue qui n'est pas la nôtre ? "Oui, tous ceux qui ont parlé avant moi ont parlé de notre force, mais aucun n'a parlé de nos faiblesses. Oui, nous pouvons expulser le gouverneur impérial, nous pouvons conquérir les mondes impériaux proches de Théra, mais nous ne pouvons pas remporter une guerre sur le long terme contre l'Empire ! Car, pour la première fois depuis bien des millénaires, le Destin de l'Ellada peut basculer entre deux avenirs - et je crois que mon rôle, ici, devra être de parler de celui qui m'effraie, afin que nul ne puisse le laisser advenir. "Car j'ai envisagé, comme Okhrana, comme Téthys, comme Arthénos, comme Idasora et comme Alcinias, un avenir radieux où nos pentacontres garantissent la paix dans tout le Secteur de Persée, ainsi qu'au-delà, et où la bannière protectrice de l'Ellada flotte sur d'innombrables mondes de la Galaxie, et peut-être même sur Trantor ! Mais ce que j'ai aussi envisagé devrait vous terrifier tout comme moi... Car dans notre avenir, j'ai observé une ombre, et j'ai écouté un murmure : l'ombre est celle portée par nos temples effondrés, projetés en ruine, et le murmure est celui de nos ancêtres perdus, dont les noms immortels ne sont plus prononcés. "Chacun de ceux qui ont parlé avant moi peut accomplir l'avenir radieux que nous souhaitons tous - mais aucun, je le crains, ne peut garantir que l'avenir sombre que je redoute soit évité. Nos stratèges peuvent réaliser cet avenir que nous espérons - mais seuls des diplomates peuvent interdire à l'autre de s'établir. "Et parmi ceux qui ont parlé de révolte et de conquête avant moi, aucun n'a parlé de compromis[color=Black].[/color] " Il s'interrompit, regarda l'assemblée silencieuse, et conclut : "Pourtant, l'Histoire de l'Ellada fut toujours constituée de compromis." Des applaudissements éclatèrent cependant qu'il regagnait sa place. Il les trouva plus nourris que ceux qui avaient salué les paroles des autres Mésiarches ; les gestes d'approbation de Lyor, ainsi que l'inclinaison de tête adressée par Okhrana, lui confirmèrent qu'il avait frappé juste. "Le Serment Elladique possède désormais un Arkhonte ! déclara Idasora lorsque les résultats des votes furent connus. Le Mésiarche des Athéniens dirige désormais le Serment !" Anudar eut un sourire cependant que de nouveaux applaudissements saluaient son élection. "Merci pour la leçon, Périclès, dit-il à voix basse.
[HRP] Voici l'avant-dernier épisode de l'histoire des années de jeunesse d'Anudar. En raison de sa taille, il est en deux morceaux. Les deux images ont été faites par Ionah, que je remercie beaucoup pour le travail réalisé. La première représente l'idole kykladique. La deuxième représente le couteau galba d'Anudar. Merci de lire cette histoire ! [/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Aetius Jael Basileus


Nombre de messages: 1270 Age: 16 Localisation: En Croisade Date d'inscription: 12/12/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Mar 31 Juil - 18:07 | |
| Bon, je suis modo de cette section, et en tant que bibliothécaire je me dois de donner des conseils aux RôlePlayeurs, mais là...Rien à redire, ce serait plutôt moi qui devrait demander conseil ^^ 10/10, toujours un plaisir de te lire  _________________  |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 5 Aoû - 13:48 | |
| "L'heure décisive est là, maintenant, fit Saïfaé Okhrana sur la fréquence générale. Contemplant les étoiles pourpres qui restaient immobiles dans le lointain, sur l'affichage tactique du croiseur Enosos qu'il avait choisi pour son quartier général, Anudar opina. "Il y a là l'ensemble du mur de bataille impérial du Secteur de Persée, commenta Tekhor Alcinias lorsqu'il eut étudié les données des éclaireurs. _Une technologie dépassée, là où nos vaisseaux sont refaits à neuf, émit Okhrana. _Leur force demeure écrasante, fit Alcinias. Les pentacontres de la Flotte de Krysis, que les ximmaques et les diagnostes du Serment avaient revus en cale sèche pendant des mois, étaient en mesure - selon les estimations des stratèges - de défier les astronefs impériaux à un contre cinq. Toutefois, la force présente pour le moment dans le système stellaire de Théra dépassait celle de l'Ellada à raison de un pour vingt. "Leur force est supérieure, intervint Anudar, mais nous avons de bonnes raisons de penser que leur stratégie sera inférieure. _La présence du Maréchal Cobol est-elle confirmée ? voulut savoir Okhrana. _Elle l'est, répondit Alcinias. Ce croiseur Porte-Nefs est le sien. Il est venu cueillir ici une victoire qu'il espère facile..." Il y eut un silence. "Arkhonte Bruséis, reprit Alcinias, votre machinerie est-elle prête ? _Elle l'a toujours été, dit Anudar. Je vais m'adresser aux équipages. Après quoi, nous pourrons commencer la bataille." Sur sa requête, des canaux de communication furent ouverts entre l'Enosos et tous les pentacontres de la flotte elladique. "Chers homoïoï, regardez, écoutez ! s'exclama-t-il. Nous faisons face en ce moment au mur de bataille de l'Empire... C'est le seul obstacle qui subsiste entre le nouvel Âge d'Or de notre chère Ellada et nos volontés. Il s'agit d'un ennemi faiblissant bien qu'encore redoutable. La confrontation entre lui et nous est pourtant inévitable. Nous avons expulsé les Hauts de notre chère Théra. Nous avons chassé les aristocrates et les possédants des planètes Impériales proches, là où leur incurie condamnait les populations à la faim et au désespoir. Nous avons secoué le joug dans le Secteur de Persée. "De cela, les Hauts et Trantor ne veulent pas. Rien ne leur fait peur plus qu'un peuple instruit de la possibilité d'une vie meilleure - et chargé de l'espoir d'un autre monde. L'Empire aux abois dans la Périphérie va tenter de briser ici les espoirs qui animent d'innombrables foyers. Il veut faire de Théra un exemple. "Nous n'avons pas vocation à servir d'exemple. "Nous avons toujours refusé d'être des esclaves dès lors que nous avons eu les moyens de résister à ceux qui auraient voulu être nos maîtres : nous effrayons ceux de cette engeance. Ils nous craignent, car ils savent que seul l'exemple d'un homme libre peut conduire un esclave à briser ses chaînes ; mais si nous les méprisons, ils ne nous inspirent aucune crainte. Car, malgré cent siècles de lutte, nul n'a jamais pu soumettre bien longtemps le moindre des nôtres ! "L'Empire est fort, alors, nous le serons plus encore. Le Maréchal Nas Cobol, boucher des Exos sur Trantor, devenu il y a peu le Consort de l'Impératrice, espère conforter sa position dynastique par une victoire. Nous lui enseignerons l'art du compromis - et pour cela, nous devons lui faire comprendre que l'Empire ne pourra tenir toujours. "Chers homoïoï, je pense que nous sommes prêts à conduire cette bataille. N'oublions jamais ce que l'Histoire enseigne quant aux succès de nos ancêtres... Hoplites à Marathon, rameurs à Salamine : ils l'ont toujours emporté face à un ennemi plus fort mais moins sûr de lui." Sur la fréquence générale, s'élevèrent des appels : "Pentacontre Argolide, pour obéir aux lois, Arkhonte Bruséis ! _Bien parlé, Arkhonte ! Que cela soit ! _Trirèmes Tyrésias et Malia, nous sommes prêts... _Nous attendons nos ordres !" Anudar eut un sourire. "Polémarkhos Okhrana, dit-il sur son canal de communication privé, le moment est venu." Et dans le même instant, il donna un ordre à l'Enosos, qui s'élança vers le mur de bataille impérial. La flotte de l'Ellada, rassemblée dans une formation en anneau, fit le même mouvement, unifiant l'ensemble de ses boucliers. Tous purent voir, en face, que le mur impérial s'était mis à scintiller lui aussi. L'ennemi avait activé ses propres boucliers. "Okhrana et Alcinias, fit Anudar, tenez-vous prêts à rompre la formation..." Ses deux Mésiarches, devenus Polémarkhoï d'un tiers chacun de la flotte, disposaient de leurs propres machines mnémotechnique - développant ainsi une puissance de calcul considérable - et cependant, Anudar le savait, il était le seul à pouvoir utiliser la machinerie informatique au maximum de ses possibilités. Ce n'était pas pour rien qu'il était présent sur place malgré les risques - et qu'il l'était à bord d'un croiseur acheté sur Terminus et amélioré par les ximmaques thérakiens... Les boucliers de l'Ellada essuyèrent des tirs, d'abord peu nombreux puis de plus en plus nourris, au fur et à mesure qu'ils s'approchaient du mur de bataille ennemi. Anudar jeta un coup d'oeil vers l'arrière, vers la planète aux gigantesques continents vert émeraude : la flotte elladique se trouvait ainsi entre Théra et les forces de l'Empire. Un symbole aussi puissant qu'utile. "Attention, prévint-il sur la bande générale. Dans vingt-cinq secondes..." Le temps s'égrena cependant que les boucliers de l'Ellada résistaient aux tirs acharnés de l'Empire. "Maintenant ! s'exclama enfin Anudar. Et au même instant, alors que les boucliers de la flotte elladique percutaient à pleine vitesse ceux du mur impérial, les forçant à fusionner pour céder le passage aux vaisseaux défenseurs, l'anneau se rompit en trois secteurs qui s'écartèrent à l'intérieur de la formation ennemie. Sur l'écran stratégique d'Anudar, les étoiles vertes des vaisseaux de l'Ellada, perdues dans la masse pourpre de ceux de l'Empire, prirent ainsi qu'il s'y attendait des positions aléatoires. Et la situation devint pour lui un problème d'optimisation. Pour les commandants de la flotte impériale, c'était soudain un combat au corps à corps, sans plus de boucliers pour atténuer le choc des missiles et des lasers ; mais pour son talent, c'était un problème original - et la puissance de calcul mise à sa disposition en garantissait l'élucidation. Les vaisseaux de l'Ellada, dispersés dans le mur de bataille devenu inopérant, entamèrent une toute autre bataille que celle attendue par les commandants impériaux. Anudar observait leurs positions, les maintenant de ses ordres aux meilleurs emplacements, lorsque les calculs de sa machine mnémotechnique révélaient une variation du flux et du reflux des forces impériales. Les astronefs de l'Empire, désemparés, tombèrent par dizaines, puis par centaines, leurs coques percées déversant leur atmosphère dans le vide spatial, libérant des gerbes de flammes, cependant que leurs capitaines voyaient leur perplexité se changer en inquiétude, puis en panique. "Là ! Un groupe de fuyards !" Le mur de bataille impérial commençait à se rompre. Anudar jeta un coup d'oeil à ses diagrammes et modifia les données entrantes en fonction, resserrant le dispositif de l'Ellada, découvrant ainsi le point de rupture - au centre duquel volait le croiseur du Maréchal Cobol. "Enosos, en avant, ordonna-t-il. Les moteurs donnèrent une nouvelle poussée, portant le croiseur elladique vers le point de rupture, aussitôt suivi par son escorte de pentacontres - et chargé par une meute d'astronefs impériaux. "Les fidèles de Cobol, comprit Anudar. Feu à volonté ! Le passage doit être dégagé !" L'Enosos était le fer d'une lance qui se frayait son passage à travers le mur impérial, pressée sur ses flancs par les astronefs de Cobol... Sur l'écran d'Anudar, les vagues de vaisseaux ennemis se suivaient et refluaient devant son avancée, jusqu'à ce que le croiseur du Maréchal se trouve exposé, ses boucliers abaissés du fait de la proximité de son escorte. "Arkhonte, si nous ouvrons le feu, nous pouvons sans doute détruire son croiseur ! annonça le capitaine de l'Enosos. _Non ! fit Anudar. Regardez !" Le croiseur de Cobol actionna ses boucliers, repoussant de lui ses défenseurs ; au même instant, des pans énormes du mur de bataille impérial s'effondrèrent, leur commandement rompant la discipline que leur maître ne respectait plus. "Formez les murs ! put ordonner Anudar. Les trois tiers de la flotte elladique s'arrangèrent en disques, cependant que les positions impériales se désorganisaient encore, et actionnèrent leurs boucliers qui fusionnèrent. Ainsi, trois murs se mirent à progresser parmi les vaisseaux de l'Empire dont un nombre croissant partait en débandade. Anudar se rejeta en arrière dans son fauteuil et découvrit que le combat durait depuis plus d'une heure. Il n'y avait plus d'issue possible pour le Maréchal Cobol. Chaque instant qui passait le privait d'une marge de manoeuvre plus grande, cependant que les forces de l'Ellada gagnaient en force et en discipline. "Arkhonte Bruséis, annonça l'un des hommes d'équipage, nous recevons une communication impériale !" Et, sur une fréquence ouverte, Anudar écouta les mots qu'il avait attendus depuis le début de la bataille : "Aux forces indépendantes du système thérakien, de la part de Son Altesse le Maréchal-Consort Nas Cobol : le cessez-le-feu est sollicité." Anudar eut un soupir. Puis il répondit : "Les forces de l'Ellada reconnaissent l'existence d'un cessez-le-feu avec celles de l'Empire. L'Arkhonte de l'Ellada réclame l'ouverture de négociations immédiates afin de clarifier le statut de Théra - et garantit la sûreté du Maréchal-Consort sur son sol."_________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation Dim 5 Aoû - 13:49 | |
| La navette du Maréchal s'était posée sur un terrain dégagé à quelque distance de la Cité de Lyon, et à présent, Anudar encadré de sa garde de Drômons attendait que s'approche le véhicule terrestre mis au sol par les Impériaux. Dans l'espace, la situation était devenue plus confuse encore pour les forces de l'Empire, cependant que de nouveaux escadrons désertaient même après le cessez-le-feu ; seuls les vaisseaux venus de Trantor avaient montré une réelle loyauté au Maréchal-Consort - et leur nombre ne suffirait pas à vaincre. Le véhicule freina et s'arrêta, quelques mètres devant le groupe d'Anudar ; en descendirent quelques soldats à l'aster et à l'astronef, suivis d'un homme en grand uniforme de Maréchal. "Arkhonte Bruséis, dit-il lorsqu'il se fut approché des Thérakiens. _Consort Cobol, répondit Anudar. Tous deux se regardèrent pendant un instant. Le Maréchal était un homme d'une très haute taille, au visage inexpressif ; il semblait se dégager de lui une angoissante aura. "Vous avez bien manoeuvré, reprit-il au bout d'un moment. C'est certainement le meilleur piège stratégique dans lequel pouvait tomber un Maréchal de l'Empire. _Nous n'avions pas le choix, fit Anudar en inclinant la tête. Nous devions vaincre de façon à vous contraindre à chercher le compromis." Le visage de Cobol se crispa de colère. "Compromis, dit-il à voix basse. Vous semez la rébellion dans tout le Secteur de Persée, vous contrôlez plusieurs dizaines de planètes impériales... Et vous osez encore parler de compromis ? _Oui, répondit Anudar. L'Ellada n'est pas expansionniste. Nous ne souhaitons qu'une seule chose : vivre enfin sans contrainte sur le sol qui est désormais le nôtre." Il ponctua sa phrase en désignant la verte prairie sur laquelle ils se tenaient ; puis, indiquant les arbres à quelque distance, il reprit : "Marchons un peu, si vous le voulez bien. Nous devons discuter seul à seul." Cobol fit un signe à ses gardes qui restèrent en arrière cependant qu'il avançait aux côtés d'Anudar, en direction de l'orée du bois. "Je pourrais faire de Théra un exemple, si je le souhaitais, reprit le Maréchal lorsqu'ils eurent dépassé la limite de la prairie. _Vous le pourriez sans doute, fit Anudar. Je pense qu'il vous faudrait un nombre d'astronefs effrayant, mais je pense que vous le pourriez, en effet. _Alors, pourquoi ne mettrais-je pas fin dès maintenant à ces négociations ? Pourquoi ne rentrerais-je pas maintenant sur Trantor afin de mettre ce plan à exécution ?" Anudar s'arrêta et le regarda bien en face. Le Maréchal montra pour la première fois un certain malaise, bien qu'il soit plus grand que son interlocuteur, et bien qu'un éclateur à pleine charge soit passé à son holster. "J'ai appris un certain nombre de choses sur vous, continua-t-il. Personne ne peut séjourner bien longtemps sur Trantor sans que l'Empire n'ait un dossier détaillé de ses tenants et aboutissants. Je sais ce que vous portez ici." Sa main désignait le bras gauche d'Anudar, là où la gaine du couteau galba était dissimulée par la manche. "Vous-même, vous êtes armé, répondit Anudar en indiquant le holster de Cobol. J'ignore si je serais capable de vous maîtriser avant que vous n'ayez utilisé votre éclateur, mais ce qui est certain, c'est que si vous parveniez à me prendre de vitesse, vous ne sortiriez pas vivant de notre monde." Le Maréchal hocha la tête et lui adressa un sourire sec. "Oui, dit-il. Vous avez bien manoeuvré. _Peut-être pourrions-nous avancer dans nos négociations ?" Ils reprirent leur marche et se trouvèrent bientôt sous les frondaisons d'arbres immenses, qui dessinaient une véritable cathédrale végétale au-dessus de leurs têtes. Il y avait là un banc de bois galba sur lequel Anudar prit place, invitant Cobol à en faire autant. "Je sais ce que vous attendez de moi, fit le Maréchal. Qu'obtiendrai-je en échange ? _Vous retournerez à Trantor, répondit Anudar. Vous serez libre d'y engendrer la prochaine dynastie d'Empereurs, bien que l'Empire soit en train de s'effilocher ; mais sans doute parviendrez-vous à freiner cette dégradation - à condition de ne plus recourir à ce qui m'a contraint à m'enfuir de Trantor. _L'Empire traverse une mauvaise époque, répliqua Cobol. Aux temps durs, doivent réagir des hommes durs. _Continuez ainsi, et l'Empire disparaîtra, le prévint Anudar. Ce qui s'est passé sur Anacréon et sur Trantor ne vous suffit donc pas ? Faites un nouvel exemple, sur Théra ou ailleurs : dix autres mondes se révolteront à leur tour. Matez-les : cent autres prendront le relais, et ainsi de suite, jusqu'à ce que vous n'ayez plus d'astronefs qui vous soient fidèles. Ce qui s'est passé là-haut devrait vous faire comprendre que l'Empire doit, désormais, composer avec des forces extérieures - ce qui n'était plus arrivé depuis des millénaires. C'est là votre future tâche, Consort Cobol. Montrez aux mondes de l'Empire, et à ceux qui s'en sont détachés, que vous acceptez de chercher avec eux un nouvel équilibre. L'édifice tiendra au moins un moment grâce à un tel geste de bonne volonté..." Cobol l'écoutait avec attention et, lorsqu'Anudar eut terminé, il hocha la tête. "Vous n'avez sans doute pas tort, dit-il. Observant les frondaisons qui masquaient le ciel, il ajouta : "Et c'est juste pour ceci que vous avez combattu ? Pour un monde de second plan ? _Un monde n'est jamais que ce que ses habitants font de lui, répondit Anudar. Son interlocuteur hocha encore la tête. "Mettons-nous bien d'accord, dit-il enfin. Trantor doit ignorer ce qui s'est passé là-haut. Une large autonomie vous sera reconnue, en contrepartie de laquelle l'Empire pourra vous appeler à son service... _Un statut de nation fédérée à l'Empire, comprit Anudar. _En tant que chef coutumier de votre peuple, vous aurez le statut de Général en charge du Secteur de Persée, approuva Cobol. C'est le seul moyen de sauvegarder les apparences aux yeux de l'opinion publique sur Trantor." Anudar étudia le Consort, et vit dans son regard l'ombre d'une angoisse : en ces temps troublés, même les maîtres de l'Empire craignaient pour leur statut. "Soit, répondit-il. _Enfin, conclut Cobol, il vous sera interdit de remettre les pieds sur Trantor." Les yeux d'Anudar battirent sous l'effet de la surprise, puis il comprit l'objectif du Consort. Toute publicité faite autour de lui risquerait d'attirer l'attention sur ce qui s'était passé dans l'espace de Théra - pourrait éveiller d'embarrassantes questions. Trantor devait tout ignorer. Et pour qu'elle ignore, Anudar devait renoncer à y revenir. "Soit, dit-il enfin.
La Table des Orateurs, sur Star's End, accueillait à présent un sixième siège, auquel était assis un nouveau personnage. "La crise Seldon s'est donc résolue ainsi que nous l'attendions, commença la Première Oratrice. Dans la Périphérie, un point d'équilibre a été atteint entre Terminus et les Quatre Royaumes, initiant un mouvement qui ira en s'intensifiant pour près de mille ans. L'ascension de la Fondation a commencé désormais. _Nous ne nous attendons pas à ce qu'elle soit irrésistible, mentionna le Second Orateur. _Personne ne s'y attend, intervint le Troisième. Notre rôle sera de vérifier que le Plan s'applique bien... Et de soutenir Terminus si celle-ci rencontre des difficultés." La Première Oratrice orienta son pointeur vers un groupe d'équations qui symbolisaient le Secteur de Persée. "C'est ici que nous avons pu observer la première déviation, dit-elle. Nous avions prévu la révolte des Thérakiens, mais nous n'avions pas envisagé qu'ils parviennent à surpasser l'Empire. _Ceci entrave-t-il sérieusement la réussite du Plan ? voulut savoir le Sixième Orateur. _Non, répondit le Second. Le Secteur de Persée, bien qu'assez central, n'a jamais été très peuplé. Il sera facile de maintenir la situation - d'autant plus que les Thérakiens ne sont pas expansionnistes. Ils maintiendront le tissu de l'Empire dans le Secteur de Persée ainsi que leur accord avec le Consort Cobol le prescrit." Il y eut un court silence au-dessus de la Table. "Et... Que prévoyons-nous au sujet de l'Arkhonte Bruséis ? demanda le Sixième Orateur. _Je pense qu'il n'y a rien à faire, répondit la Première Oratrice. Il est à présent hors de notre portée. C'est un personnage trop public pour que l'on puisse l'escamoter... Trop protégé pour que cela puisse se faire sans de graves répercussions... Et surtout, bien trop imprégné par sa propre idéologie pour s'en remettre à la nôtre. _Pourtant, il aurait été un allié de choix, murmura le Second. _Il serait mieux à ma place que moi-même, renchérit le Sixième. La Première Oratrice lui sourit. "Bruséis a peut-être les talents requis pour devenir Second Fondateur. Un jour, sans doute, nous ralliera-t-il : nous ne pouvons savoir quand. J'espère que vous le comprenez, Sixième Orateur ? _Oui, Professeur Palver, répondit en soupirant Tanaka Isumi.
Assis en tailleur au sommet du mur d'enceinte de la Cité de Lyon, Anudar contemplait le soleil qui se levait dans le lointain, cependant qu'un livre délaissé restait ouvert sur ses jambes. Les rayons de l'astre solaire se détachaient peu à peu de l'horizon végétal qui s'étirait à perte de vue. Dans son dos, la Cité s'éveillait peu à peu - remplie d'une agitation ordinaire, celle des êtres qui sortent de leurs demeures, identique à celle qu'il avait observée sur un monde et à une époque maintenant perdus. Il entendit un bruit dans son dos et, sans bouger, annonça : "J'ai perçu ta présence." Des pas plus assurés se firent alors entendre, et il se retourna, découvrant un garçon d'une douzaine d'années en bubê qui tenait à la main non pas une cruche, mais un ordinateur de poche. "Arkhonte Bruséis, lui dit le nouvel arrivant, on m'a dit que vous veniez ici à l'aube, parfois... Je voulais vous poser une question..." Il désigna son ordinateur de poche : "J'ai appris l'Histoire lointaine de l'Ellada, dit-il, et je dois dire... Je ne comprends pas ! Ces gens n'avaient que bien peu en commun avec nous... Nombre d'entre eux disposaient d'esclaves, ils n'avaient presque aucune conscience de leur appartenance à un seul peuple, leur démocratie n'avait rien à voir avec la nôtre et il existait un écart énorme entre les possédants et les travailleurs ! Comment, dans ces conditions, pouvons-nous être fiers d'être leurs descendants ? Comment pouvons-nous vouloir nous réclamer d'eux ?" Anudar posa son livre à sa gauche, déplia ses jambes qu'il laissa pendre dans le vide, et désigna la place à sa droite. Le garçon vint s'asseoir à côté de lui. "Mon garçon, lui dit-il en souriant, notre Ellada n'a pas toujours eu l'apparence qu'elle a de nos jours, c'est un fait ; et pourtant, nous n'avons pas à rejeter ce que furent nos ancêtres avant nous. Sans doute n'avaient-ils pas compris des choses qui nous sont évidentes, mais il est vrai qu'ils n'avaient pas connu tout ce que nous connaissons... _Alors, pourquoi faut-il nous souvenir d'eux ? voulut encore savoir le garçon désemparé. Pourquoi les aimez-vous ?" Anudar reporta son regard sur l'horizon. "Je pourrais répondre à ta question par une longue argumentation, dit-il, mais je ne pourrais produire meilleures paroles que celles que je viens de lire dans ce livre..." Il saisit l'objet à sa gauche. "C'est un recueil de sagesse ancienne, continuait Anudar. Les paroles que je vais te lire ne sont pas elladiques, et pourtant, elles le pourraient. Ecoute, et tu comprendras pourquoi j'aime l'Ellada de tout mon être." Ainsi, cependant que le Soleil se levait plus haut sur l'horizon, la voix d'Anudar s'éleva soudain :
"Tous les biens de ce monde passent, eux et leur mémoire, sauf la renommée et la gloire.
Le temps en emporte certains, d'autre la fortune et le sort, et à la fin arrive la mort qui ne pardonne à aucun. Tous sont des biens du hasard, laissant peu à la mémoire sauf la renommée et la gloire.
La renommée encore perdure quoique la vie de son maître s'achève, les autres biens ne sont que rêves et une certaine sépulture. Même les pus belles aventures ne restent que peu en mémoire, sauf la renommée et la gloire.
Mieux vaut la bonne renommée qui jamais ne se perd. Cet arbre qui est toujours vert le fruit sur sa branche sait garder. Tout bien restant ce qu'il est, passe, lui et sa mémoire, sauf la renommée et la gloire."Pour voir la vidéo, cliquer ici.[HRP] Voici la fin de l'histoire des années de formation d'Anudar ! Je ne sais pas insérer une vidéo en flash donc, si quelqu'un veut bien m'expliquer comment faire, je remplacerai le lien précédent par un écran  . Notez que ce qu'Anudar lit est une traduction des paroles de la musique d'accompagnement. La vidéo représente des images liées à l'Histoire de la Grèce, de l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine, suivies de quelques images liées à l'Univers d'Isaac Asimov dans lequel j'ai inscrit cette histoire. Si vous ne parvenez pas à comprendre certaines images, n'hésitez pas à me le signaler et je vous expliquerai ce qu'elles représentent. Merci à tous mes lecteurs. N'hésitez pas à donner un avis gobal sur l'ensemble de la nouvelle... Maintenant qu'elle est terminée  . Message en deux parties. [/HRP] _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | | | Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation | |
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