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| | | Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! | |
| | Auteur | Message |
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Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Ven 2 Jan - 23:10 | |
| Salut à tous ! J'ai décidé de reprendre mon RP sur Fondation... J'avais des idées qui me trottaient dans la tête depuis quelques temps. Je vais tâcher de les mettre en place. Je prévois quelque chose d'un peu différent... J'espère que vous me ferez partager vos avis  . Par avance, je vous souhaite bonne lecture ! _________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Ven 2 Jan - 23:27 | |
| [HRP] Message en plusieurs morceaux du fait de sa longueur. Bonne lecture ! [/HRP] 1. Voyageur.
THERA : Monde majeur du Secteur de Persée, dont elle devint la capitale administrative l'année même de l'insurrection anacréonienne, laquelle devait marquer les débuts visibles du déclin du Premier Empire Galactique en 50 E.F. (...) Théra était devenue le lieu d'élection des sept nations de l'Ellada galactique, dispersées depuis bien des millénaires par l'Empire. (...) Sous la direction de son Arkhonte, Anudar Bruseis, l'Ellada galactique acquit son indépendance et arracha un traité à l'Empire. Le contrôle définitif de Théra lui fut reconnu et elle reçut le statut de nation fédérée. Son chef coutumier, l'Arkhonte, obtint le titre de Général en charge du gouvernement du Secteur de Persée. Il ne s'agissait que d'un paravent légal destiné à dissimuler aux masses trantoriennes le fait que le pouvoir impérial venait d'être mis en échec bien plus près de Trantor que la lointaine Anacréon. (...) Pendant les siècles qui suivirent, les Thérakiens ne montrèrent aucune vélléité d'expansion. Leurs vies, allongées par l'hormèse qu'ils étaient les seuls à savoir produire, leur semblaient trop précieuses pour être gâchées en aventures militaires sans lendemain – ce qui ne les empêchait pas de défendre leurs possessions avec une ardeur farouche. Maints seigneurs de la guerre tentèrent de s'en prendre à leur chère Théra et aucun n'y parvint. Le Secteur de Persée connut même une très longue période de paix, protégé par les pentacontres elladiques. Tout au long des mille ans d'exécution du Plan Seldon, cette paix ne fut menacée qu'à trois reprises – un score inégalé ailleurs dans la Galaxie, alors ravagée par la barbarie. (...) Le troisième incident, et de loin le plus menaçant pour la survie de l'Ellada, fut l'ère de troubles initiée par le cycle des guerres civiles de la Fondation, au terme duquel un changement de génération prit fin à la tête du gouvernement Thérakien. En effet, ce fut alors que l'Ellada dut trouver un nouvel Arkhonte pour remplacer Anudar Bruseis, l'homme qui lui tant donné pendant plus de sept siècles...
Les rues de la Cité de Lyon n'auraient pu être confondues avec celles d'aucune autre ville de toute la grande Galaxie. Jadis, aux temps du Premier Empire, lors du premier grand rassemblement de l'Ellada sur Théra, la nation des Athéniens – la plus nombreuse, et la plus au fait de l'art du gouvernement – avait choisi une série de vallées recoupant des collines, à la frontière d'un plateau et d'une immense forêt d'arbres millénaires intouchés, pour installer la première Cité elladique de Théra. Maisons et temples avaient été bâtis puis encerclés de hauts murs sanctifiés par le sacrifice prométhéen. Il avait été alors décidé que la Cité ne s'étendrait pas en dehors de ses murs, afin de ne pas meurtrir davantage le sol qui la nourrissait. Il y avait bien assez de place pour accueillir un million d'êtres – et Théra elle-même pouvait en abriter mille fois plus. C'était suffisant. Il était resté ainsi des rues de pierre sèche entrecoupées de places rondes où murmuraient des fontaines ouvragées, et des escaliers qui grimpaient à l'assaut des pentes, et des murs de granit doré qui veillaient sur la forêt primitive où les adeptes des anciens dieux célébraient les rites dyonisiaques. Le garçon, revêtu d'une simple bubê qui s'arrêtait à mi-cuisse et lui laissait les bras nus, grimpait vers l'Acropole où claquait au vent la bannière verte à l'alpha et aux tridents d'or. Ses sandales résonnaient sur les marches creusées par le passage d'innombrables êtres. Il leva la tête et mit sa main en visière au-dessus de ses yeux pour contempler sa destination, une bâtisse de marbre blanc qui scintillait sous le soleil de l'été. Puis il passa le revers de sa main sur son front afin d'en chasser la transpiration qui s'y accumulait. Ses cheveux, qui étaient encore assez courts, étaient retenus d'une bandelette akhaïenne à tresse simple d'un blanc pur. Il n'avait sans doute pas plus de seize ans. Autour de lui, d'autres personnes vaquaient à leurs occupations, affairées à leurs vies complexes et douces, vêtus eux-mêmes de bubês ou parfois, pour les plus jeunes qui se poursuivaient ou transportaient des cruches d'eau, de simples bandes de tissus nouées à l'entrejambe. Le garçon le savait, l'archaïsme de sa Cité n'était qu'apparences. Le sol de la Cité n'était-il pas creusé de tunnels où circulaient des trains à rails magnétiques importés de Terminus ? N'y trouvait-on pas des laboratoires et des machines complexes qui faisaient l'orgueil de toute l'Ellada ? Et chacune de ces maisons anciennes et basses n'abritait-elle pas une famille où chacun disposait d'une somme de connaissances inconnue de bien des êtres venus de l'Extérieur ? L'escalier prit fin et le garçon s'accorda un instant pour souffler. Face à lui, à quelques dizaines de mètres, il y avait l'entrée du bâtiment vers lequel il se dirigeait. C'était une maison à deux étages, ornée de colonnades simplifiées – images en plus petit des colonnes monumentales des vieux temples. La porte en était ouverte mais gardée par deux Drômons en costume antique. Le garçon reprit sa marche et les Drômons – un homme, une femme - croisèrent leurs piques pour lui interdire le passage. « Halte ! fit la femme. Qui donc es-tu ? Que viens-tu faire ici ? » Il inclina la tête. La question du Drômon n'était que pure rhétorique. Même s'ils ignoraient son visage, ils savaient que la personne dont ils gardaient le seuil attendait un invité. Du reste, même si leurs piques étaient en fait des tridents amphibolites capables d'occasionner à distance des brûlures mortelles, l'intérieur de la demeure était sans nul doute protégé par d'autres sûretés bien supérieures aux deux gardes. « Mon nom est Khor Khoris Darakhé Bruseis, dit-il. L'Arkhonte mon ancêtre a requis ma présence. » Les Drômons lui adressèrent un signe de tête, et ils décroisèrent leurs tridents inactivés pour lui céder le passage. Il les remercia et s'avança, passant le seuil. L'endroit était plongé dans la pénombre. C'était un hall ancien, décoré de fresques de style antique. Le garçon reconnut des éléments de décoration de style mycénien. Il eut un sourire et s'avança : les goûts de son arrière-arrière-grand-père lui étaient bien connus. Traversant le hall, il parvint devant une grande porte de bronze, pour l'heure fermée : l'accès au laboratoire personnel de l'Arkhonte. C'était en quelque sorte l'instant de vérité, comprit-il en remarquant les projecteurs qui équipaient le plafond au-dessus du pas de la porte en bronze. Il frappa contre le battant de métal et, aussitôt, les projecteurs s'illuminèrent, le nimbant de leur lumière solide, lui donnant l'impression d'être immergé dans une eau profonde. Il tâcha de se détendre, sachant que l'examen ne durerait pas longtemps. La machine mnémotechnique qui pilotait les projecteurs n'aurait pas besoin de beaucoup de temps pour découvrir ce qu'elle recherchait. La lumière ralentie remplissait deux rôles. Elle permettait à l'intelligence artificielle de lire l'information génétique de son ADN et donc de l'identifier sans laisser de place pour le moindre doute. Elle avait aussi pour but de détruire tout contaminant nanotechnologique qu'il aurait pu transporter avec lui. L'Ellada protégeait avec un soin jaloux l'homme qui la dirigeait depuis si longtemps, et se montrait plus jalouse encore des travaux qu'il conduisait. N'avait-elle pas failli le perdre, et se retrouver elle-même perdue, à deux reprises auparavant ? Le garçon savait à quel point les jours contemporains étaient incertains – malgré toute la puissance de l'Ellada, il était d'autres forces dans la Galaxie – dont certaines en mesure, peut-être, de la subvertir puis de la détruire. Les rayons s'éteignirent et la porte s'ouvrit avec un déclic retentissant. « Viens, mon garçon, lui fit la voix familière qu'il n'avait pourtant jamais entendue ailleurs que dans les hauts-parleurs d'une holovision. L'Arkhonte lui tournait le dos, assis dans un fauteuil de matière végétale. Sa tête était entourée de représentations mathématiques holographiques qui défilaient sous sa commande. Le garçon s'avança et la porte se referma sur lui ; alors, l'Arkhonte dissipa les équations et se leva en se tournant vers lui. « Approche-toi, lui dit-il. Khoris fit les quelques pas qui le séparaient de l'Arkhonte. Avec quelque étonnement, il constata que l'homme ne semblait en effet pas plus âgé qu'à l'holovision. Il avait toujours cru que quelque artifice informatique le rajeunissait – alors qu'il n'en était rien. Ses traits semblaient aussi lisses que les siens, ses mains, ses bras et ses jambes apparaissaient aussi fermes que les siens, il était aussi grand que lui. Seuls deux éléments permettaient de se rendre compte de son grand âge. L'Arkhonte avait une coiffure très longue de cheveux attachés en tresses complexes tombant à ses hanches, retenus par une bandelette akhaïenne quadruple ; et par ailleurs, son regard exprimait la distance de l'expérience. Le garçon lui adressa un signe de tête respectueux. « Bonjour, Arkhonte Bruseis, dit-il. L'autre eut un sourire. « Tu pourras bien m'appeler par mon nom de jeunesse, lui répondit-il. Je suis content de te rencontrer, Khoris. De tous mes arrière-arrière-petits-enfants, tu es le seul qui me semble capable d'accomplir la tâche qui m'apparaît nécessaire depuis plusieurs décennies... _Merci, Anudar, fit Khoris en inclinant de nouveau la tête. Mais... de quelle tâche parlez-vous ? _Veux-tu m'accompagner jusqu'à ma crypte ? J'aimerais te montrer quelque chose. » Le garçon intrigué acquiesça et ils prirent un ascenseur mécanique. « Ce n'est pas de la technologie de la Fondation, fit Khoris en écoutant le roulement des pièces dans le conduit. _Non, bien entendu. La technologie de la Fondation n'a pas sa place en ces lieux. Bien sûr, j'aimerais pouvoir travailler sur leurs ordinateurs si réputés pour leur facilité d'emploi ainsi que leur puissance... Mais l'Ellada ne souhaite pas être trop dépendante de la technologie de la Fondation. » Anudar lui adressa un regard acéré. « J'imagine qu'à la lumière de la situation actuelle, tu comprends pourquoi ce choix fut jadis éclairé ? » L'ascenseur s'arrêta et les portes s'ouvrirent en un soupir. « Bien sûr, Anudar, répondit Khoris. Il devient manifeste que la Fondation devient peu à peu l'ennemie de l'Ellada... _C'est un bien grand mot, fit Anudar en se dirigeant dans la nouvelle pièce qui venait de se découvrir devant eux. La Fondation gouverne la moitié de cette Galaxie. Son ingénierie surpasse la nôtre en bien des domaines... D'après nos analystes, seule notre maîtrise des biomathématiques – et nos pentacontres biofabriqués – nous a conféré un avantage permettant de négocier d'égal à égal avec la Fondation. »_________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
Dernière édition par Anudar le Ven 2 Jan - 23:30, édité 1 fois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Ven 2 Jan - 23:29 | |
| La crypte était une pièce ronde, plongée dans une pénombre plus profonde encore que celle du hall. Seules quelques lumières pâles, réparties à la jonction entre les murs et le plafond, éclairaient le centre de la pièce, y nimbant d'un scintillement irréel un bloc de pierre sombre, aux arêtes perpendiculaires. « Et avec ces dissensions qui apparaissent en ce moment au sommet du pouvoir sur Terminus, continuait Anudar, il se pourrait bien que cette situation change d'ici peu. _Qu'est-ce ? voulut savoir Khoris en désignant l'étrange bloc. Ses yeux s'étaient égarés sur les parois de la pièce, y discernant des images floues et difficiles à identifier. Tout au plus avait-il pu reconnaître une scène illustrant le combat d'Héraklès contre l'Hydre. « Ceci est la dépouille de Chicxulub, répondit Anudar. Ou bien, pour être plus exact, sa sépulture. » La bouche de Khoris s'ouvrit en un « o » silencieux. Bien que les vingt ans qu'avaient duré le règne terrifiant de Chicxulub étaient maintenant lointains de plus de trois siècles, ils restaient dans toutes les mémoires. Le désastre du projet Quetzalcoatl avait failli perdre l'Ellada lorsqu'elle avait été assaillie par un monstre de sa création. Anudar lui-même avait failli perdre la vie au début du conflit. « Je viens ici, dit Anudar, lorsque je suis préoccupé par les conséquences de l'hubris humain. Concevoir Chicxulub fut une monstrueuse erreur, la pire que j'ai commise ; le prix que j'ai payé pour libérer le Secteur de Santanni où il s'était retranché n'était rien par rapport aux crimes dont je me suis rendu responsable à travers lui... » Khoris eut un instant d'hésitation. Il finit par se souvenir que Santanni était l'ancien nom de la capitale de Chicxulub, l'homme conçu de main d'homme, et qui s'était cru dieu lui-même. Chicxulub avait été un mentaliste, capable d'altérer les émotions des êtres humains et de les convertir à sa cause viciée. Sur Santanni devenue Teotihuacan, il avait fait construire d'immenses temples où d'innombrables êtres humains avaient été sacrifiés à son hubris, leurs coeurs arrachés de leurs poitrines rassemblés dans des vasques où la lumière hideuse du soleil boursouflé venait les consumer. « J'ai mis vingt ans à le vaincre, murmura le Vieil Arkhonte. Le prix à payer pour l'Ellada fut terrifiant, mais nous n'avions pas le choix. Nous étions ceux à blâmer pour avoir déchaîné ce monstre dans la Galaxie – et moi le premier. » Le garçon s'approcha du bloc mortuaire et le toucha de ses mains. Le contact en était froid et Khoris eut un frisson. « J'ai tué Chicxulub de ma main, conclut Anudar. Je lui avais donné la vie et je la lui ai reprise. _Il avait cherché à vous tuer, fit Khoris en tournant la tête vers lui. _C'est vrai, dit Anudar dans un murmure. Et les ximmaques m'ont soigné. Leur traitement m'a immunisé contre les manipulations mentales de Chicxulub. Il a aussi rendu mon corps plus réceptif à l'hormèse. De tous ceux qui ont partagé la première moitié de ma vie – Lyor Arthénos, Lanaka Téthys, Vara Idasora, Saïfaé Okhrana, Tekhor Alcinias – plus aucun n'est encore vivant. Et quant à moi, je vis encore, accablé par mes fautes. _Il reste Mérène Okhrana, dit Khoris. N'est-elle pas toujours votre Mésiarche ? _Oh... bien entendu, elle l'est, malgré son âge, sourit Anudar. Elle est aussi talentueuse en son domaine que sa défunte mère. » Khoris s'approcha de son ancêtre. L'Arkhonte était un modèle de contrôle émotionnel, pourtant, son trouble semblait à présent immense. « Qu'y a-t-il, Anudar ? murmura Khoris. Êtes-vous malade ? Souhaitez-vous que j'appelle quelqu'un ? _Non, mon garçon, ce ne sera pas nécessaire. Ne fais pas attention à la peine d'un vieil homme. _Vous n'avez pas l'air d'un vieil homme. _Vieux, je le suis devenu. Allons, Khoris, fais ce que je te dis. Regarde plutôt cette sépulture et dis-toi que c'est celle de mon hubris. » Le garçon reporta ses yeux sur le bloc de pierre sombre. « Ce jour-là, dit-il, vous avez vaincu à vous seul un être aussi terrible que le Mulet Magnifico. _Pas seul, fit Anudar. Et Santanni n'est jamais redevenue ce qu'elle était après. » Khoris hocha la tête avec dégoût. Le culte de Chicxulub avait survécu à son fondateur. Encore à l'heure actuelle, Teotihuacan était la capitale d'une théocratie minuscule qui entretenait ses temples et ses rites terrifiants. Comme aux jours de Chicxulub, les prêtres revêtus de plumes multicolores élevaient vers le soleil pourpre leurs couteaux d'obsidienne avant de les plonger dans les poitrines nues des sacrifiés. « Pourquoi donc t'ai-je amené ici, à ton avis ? _Je ne sais pas, répondit Khoris en toute honnêteté. _Essaie donc de trouver ! sourit Anudar. _Eh bien... » Il marqua un temps d'hésitation. « Vous m'avez dit que cette crypte était celle de l'hubris... de votre hubris... et que vous veniez vous y recueillir lorsque les conséquences de l'hubris humain vous préoccupent. _Continue, approuva l'Arkhonte. _Seriez-vous préoccupé par un nouvel hubris, Anudar ? » Le hochement de tête adressé par son interlocuteur était aussi bien un assentiment qu'une invitation à poursuivre. « Un hubris venu de l'Ellada... ou bien de l'Extérieur ? _Ici repose l'hubris de l'Ellada, fit Anudar en désignant la sépulture de Chicxulub. Et cet hubris encombre encore toutes les mémoires... _Alors, c'est que vous percevez un nouvel hubris en gestation dans l'extérieur. » Soudain, il comprit. « La Fondation ! s'exclama-t-il. _Oui, fit Anudar avec un sourire sans joie. Qu'est-ce que la Fondation ? Que sais-tu d'elle ? Que sais-tu de ses origines ? » Khoris prit une inspiration. C'était de l'Histoire, bien entendu, et connue de tous qui plus est. « Il y a soixante-quinze décennies, le psychohistorien Hari Seldon, prédisant la chute du Premier Empire Galactique, a proposé un plan pour réduire l'interrègne de barbarie qui séparerait la fin de la civilisation telle qu'il la connaissait de la formation d'un Seconde Empire. Le Plan Seldon fut mis en oeuvre par deux Fondations... L'une établie au vu et au su de tous, sur Terminus, dans la Périphérie, fut consacrée à la sauvegarde et à l'extension des savoirs technologiques de toute l'humanité. L'autre, dissimulée sur un monde inconnu, Star's End fut vouée à l'encadrement psychohistorique et mentaliste du Plan Seldon... _Bien, dit Anudar. Et que s'est-il passé ensuite ? _La Première Fondation, celle de Terminus, a consolidé son influence sur les Secteurs d'Anacréon et de Siwenna, défiant même avec succès le pouvoir de l'Empire... Son ascension fut interrompue un moment par un événement imprévu par le Plan Seldon, à savoir, l'épopée du Mulet Magnifico. _L'épopée de Magnifico, l'interrompit Anudar, n'en fut pas une. Le Mulet n'était qu'un homme dévoré par son propre hubris... Tout comme Chicxulub plus tard. Continue, Khoris. Je ne t'interromprai plus. » Le garçon hocha la tête. « Par la suite, la Seconde Fondation intervint pour donner un coup d'arrêt à l'extension de l'empire du Mulet... Se révélant ainsi aux yeux de la Première. Lorsque Magnifico fut mort, celle-ci reprit sa liberté. Cependant, parce que certains sur Terminus supportaient mal l'influence dissimulée de la Seconde Fondation, un complot qui devait déboucher en pleine guerre kalganienne se conclut par l'arrestation sur Terminus de tous les mentalistes de la Seconde Fondation, qui fut ainsi éliminée. Depuis, la Première Fondation, restée seule, poursuit son mouvement d'extension... » Khoris remarqua le petit sourire d'Anudar et s'interrompit. « Je crois que c'est tout, dit-il. _Oui, en effet, fit Anudar. C'est tout pour l'histoire de la Fondation. Mais tu n'as pas dit que la Fondation, cette grande puissance avec laquelle notre chère Ellada entretient depuis si longtemps des liens ambivalents, a été à l'origine d'une révolution technologique sans égale depuis le Premier Empire... _Les nanotechs, comprit Khoris. Pardonnez-moi de ne pas y avoir pensé. Je ne connais pas bien cet aspect de la civilisation de Terminus. _Bien peu le connaissent en Ellada, répliqua l'Arkhonte, tout comme bien peu dans la Fondation connaissent les arcanes de nos biomathématiques et de notre biotechnologie. Terminus a ses nanotechs qui permettent à l'esprit humain de s'interfacer avec les ordinateurs et les machines qu'ils pilotent. Les gens de la Fondation disposent d'implants informatiques qui augmentent leur vitesse de réflexion... Ils portent leurs ordinateurs dans leurs têtes... Ou du moins, c'est le cas de leurs classes dirigeantes. Quant à nous, dans l'Ellada, nous refusons de laisser les nanotechs pénétrer le refuge de nos esprits... Nos mondes sont fermés à toute forme de nanotechnologie. Nos pensées sont ainsi protégées de la subversion nanotechnologique. A la place, nous utilisons des intelligences artificielles qui trouvent leur domicile dans nos machines mnémotechniques à codage génétique. Nous ne nous augmentons pas, nous préférons coopérer avec nos intelligences artificielles, lesquelles ont besoin de nous pour concevoir de nouvelles machines mnémotechniques... _Une vie en symbiose, fit Khoris. Mieux vaut pour l'être humain être conscient de ses propres limites et les respecter plutôt que de tenter de s'en échapper... » Anudar approuva de la tête. « Je vois que tu as compris, dit-il, et j'en suis très satisfait. » Son regard se reporta sur la sépulture de Chicxulub... « Ce qui est ici, continua-t-il, devrait nous dissuader de tenter l'hubris une fois encore, et pour bien longtemps... Mais cela ne nous protègera pas de l'hubris des autres. » Khoris eut un nouveau frisson. « Viens, lui dit Anudar. Nous sommes restés en cet endroit bien assez longtemps. »_________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Ven 2 Jan - 23:29 | |
| Reconnaissant, le garçon le suivit jusque dans l'ascenseur qui prit bientôt un mouvement vers le haut. Il ne les ramena cependant pas dans le laboratoire mais plutôt dans une pièce aux larges fenêtres par lesquelles la lumière de l'après-midi entrait à flots. L'Arkhonte conduisit son invité jusqu'à un canapé qui faisait face à l'une de ces fenêtres et ils s'assirent dans le soleil, dont Khoris apprécia la chaleur après le froid de la crypte de Chicxulub. « Vous pensez donc que la Fondation est prête à succomber à l'hubris, reprit-il après un long silence. _Le pouvoir central de Terminus est d'essence démocratique, répondit Anudar, tout comme celui de notre chère Ellada. Cependant, il existe des forces qui utilisent les règles du jeu démocratique à des fins qui n'ont rien de démocratique... Terminus n'est pas à l'abri. Et le potentiel des nanotechs si répandus dans la Fondation soulève bien des questions inquiétantes... _Que se passe-t-il en ce moment sur Terminus ? voulut savoir Khoris. _Le jeu politique ordinaire d'une démocratie, sourit Anudar. Rien d'inquiétant a priori. Les gouvernements sont formés sur proposition du Maire de Terminus, ils reçoivent l'approbation des conseillers parlementaires, et tombent lorsqu'ils perdent cette confiance. » Le visage d'Anudar se ferma soudain. « Rien d'inquiétant sauf pour des yeux qui savent voir avec le regard de l'expérience, ajouta-t-il. Le Maire de Terminus est considéré comme l'homme le plus puissant de cette Galaxie, car il commande à l'armada la plus puissante de toute l'Histoire. Peu de gens le savent y compris en Extérieur, mais du fait de l'Histoire si particulière de la Fondation, si le conseil parlementaire qui siège sur Terminus est composé de conseillers provenant de chacun des mondes composant la Fondation, le Maire en revanche est élu par Terminus seule... _Tant de pouvoir aux mains de l'élu d'un seul monde ? s'étonna Khoris. _C'est pourquoi le pouvoir du Maire est contrebalancé par celui du Secrétaire Général du conseil parlementaire, ajouta l'Arkhonte. L'édifice tient depuis plus de soixante décennies... _Pourtant, vous êtes inquiet, comprit le garçon. Anudar hocha la tête. « J'ai vu le monde le plus cosmopolite de l'Histoire massacrer ceux qui n'y étaient pas nés, dit-il. J'ai vu tomber un Empire. J'ai vu piller Trantor, la capitale de toute la Galaxie ! J'ai vu les données les mieux établies être soudain niées par l'irrationnalité ainsi que par l'hubris. » Il tourna soudain sa tête vers Khoris. « Oui, mon garçon, je suis inquiet. Je redoute ce qui pourrait se produire... et je n'ai aucune certitude. J'ai besoin d'en savoir plus avant de prendre certaines décisions. Je suis à l'affût du moindre signe et pourtant, cela ne suffit pas. J'ai besoin d'yeux là où je n'en ai pas. » Il se leva et s'approcha de la fenêtre, faisant signe à Khoris de l'imiter. « Vois cette Cité, dit-il. J'y suis né il y a soixante-dix décennies. J'ai fait le serment de la protéger de tout mon être... Je crains cette fois-ci de ne pas être à la hauteur. Il s'agit rien de moins que de savoir si les nanotechs de la Fondation ne risquent pas de tomber aux mains de dirigeants arrivistes. _Comment puis-je vous aider ? voulut savoir le garçon. _Tu as seize ans, l'âge auquel ceux de notre peuple maîtrisent les talents intellectuels et physiques fondamentaux. Bien que tu ne portes pas d'implants, je sais que grâce à la pratique de la Discipline tu es capable de surpasser nombre de Fondateurs... Tu vas donc quitter notre monde pour t'aventurer hors des frontières de l'Ellada. _Je vais aller sur Terminus ? s'étonna Khoris. _Non, ou en tout cas, pas tout de suite... Dans un premier temps, tu iras sur Trantor. Des indices montrent que depuis quelques mois, les Fondateurs sont de plus en plus nombreux sur le sol de l'ancienne capitale galactique. » Khoris haussa les sourcils. C'était surprenant, d'une part, d'entendre l'Arkhonte se référer par son ancien nom à un monde que ses habitants actuels appelaient désormais « Hame ». Et d'autre part, pourquoi donc Anudar envisageait-il de l'envoyer lui plutôt que des hommes de mains aguerris ? « Je sais à quoi tu penses, reprit l'Arkhonte. Bien des espions s'acquitteraient de cette tâche mieux que toi. Nous avons tenté d'en envoyer sur Trantor et aucun n'est revenu. _Ils ont été... tués ? voulut savoir Khoris. _Oh ! Non. Ils ont été subvertis. » Un long frisson parcourut le garçon. « Ne t'inquiète pas, sourit Anudar. Si je t'ai choisi toi plutôt qu'un autre, c'est parce que tu es l'un de mes seuls descendants dont le patrimoine génétique inclut l'atout grâce auquel j'ai pu être confronté à Chicxulub, là-bas sur Teotihuacan, sans qu'il puisse me tuer ni même me convertir. Tu disposes d'une véritable immunité qui te protègera aussi contre les nanotechs de subversion. Et ta vivacité d'esprit te permettra d'apprendre beaucoup sur place. _Mais... A quel titre serais-je envoyé là-bas ? _Au titre de ton agogê, répondit Anudar. Cette fois-ci, Khoris fit un pas en arrière. L'agogê ! Voilà un terme qui faisait trembler pendant leur enfance les fils et les filles de l'Ellada. Jadis une épreuve de subsistance destinée à éprouver les jeunes spartiates, l'agogê s'était changée en rites de passage à l'âge adulte pour tous les adolescents de Théra. Passé l'âge de quinze ans, ils recevaient comme devoir d'accomplir une série de travaux héracléens qui permettaient à l'Ellada de reconnaître leur dévotion aux lois. Khoris, pour son agogê, avait choisi de mettre les talents de son intellect au service d'un laboratoire de recherches en biomathématiques. Jour par jour il s'acquittait du fastidieux travail de relecture des équations remises par les chercheurs aux intelligences artificielles. « J'ai déjà commencé mon agogê, dit-il. Je peux m'absenter du laboratoire pour un temps mais pas renoncer à mon travail là-bas, car si je le fais... _Oui, je sais, tu seras considéré comme un fainéant et un paresseux, et tu seras considéré comme tel pendant toute ta vie adulte. _Et si ma tâche sur Trantor dure trop longtemps, cela serait comme si j'étais défaillant au laboratoire. Je dois refuser, Anudar. » L'Arkhonte hocha la tête, et Khoris comprit que son objection serait écartée. « Tu es en droit de renoncer à ton agogê, reprit Anudar, si tu dois remplir une mission d'utilité publique au nom de l'Ellada. Cette mission devient alors ton agogê... Je sais où tu accomplis ton agogê, Khoris. C'est une agogê sérieuse dont je reconnais l'utilité. Nombre d'adolescents choisissent, épouvantés dans leur enfance par les ragots des plus grands, d'aller grossir les rangs des animateurs culturels, croyant ainsi honorer la mémoire du Serment Elladique ! Quant à toi, tu as choisi un service bien plus difficile, à la hauteur de ton potentiel, et qui pourrait t'apporter beaucoup si tu le menais à bien, chose dont tu es plus que capable. Oui, ton agogê te vaudrait un certain prestige, et t'ouvrirait nombre de portes... » Khoris ferma les yeux et soupira, sachant ce qui allait suivre. « Mais tu peux chercher plus difficile encore, et plus exaltant. Et après cela, le chemin vers de plus hautes fonctions te serait ouvert. Ne l'oublie pas, Khoris. _Suis-je capable de remplir cette mission que vous souhaitez me confier ? demanda-t-il en gardant les yeux fermés. _J'en suis certain, répondit Anudar. Ton esprit est brillant. Si tu accomplis cette mission, ton prestige sera inégalé parmi tous les agogêoï de ta génération. _Et si j'échoue ? _Alors, il se pourrait bien qu'il n'y ait plus d'Ellada pour te couvrir de honte, fit l'Arkhonte non sans tristesse. Khoris regarda par la fenêtre et contempla les toits de la Cité de Lyon. Le soleil en faisait scintiller les tuiles et les vitres. Dans le lointain, la verte canopée semblait onduler sous le ciel sans nuages. Il eut un nouveau soupir. « Comme vous le voudrez, Anudar, dit-il enfin. J'irai sur Trantor. » Et à cet instant, il comprit qu'il venait de faire bien plus que d'accepter de guerre lasse de s'en remettre à la volonté de l'Arkhonte : celui-ci l'avait convaincu... car il avait, tout comme lui, choisi de désigner la capitale du Premier Empire Galactique par son ancien nom et non par le nouveau. Anudar hocha la tête. « Je savais que je pourrais compter sur toi, lui dit-il. Il s'approcha d'un placard qu'il ouvrit pour en tirer un coffret de métal, qu'il emmena jusqu'au canapé où ils se rassirent. « Tu auras plusieurs jours pour mettre tes affaires en ordre avant ton départ, ajouta-t-il. Je t'enverrai des consignes plus détaillées dans deux jours... Je le regrette, je ne pourrai pas te revoir avant ton départ, et c'est pourquoi je veux te donner ceci maintenant. Je tiens à te remettre ces objets en personne... _Qu'est-ce ? » Anudar ouvrit le coffret et en retira une mémoire optique pas plus grande que la paume de la main. « Jadis, expliqua-t-il, j'ai couché certaines de mes impressions quant aux événements qui ont marqué ma vie... Je te remets ici les événements qui me semblent les plus importants. J'espère que cette lecture te sera éclairante... » Khoris contempla la mémoire que l'Arkhonte lui avait donnée. L'objet possédait une étrange lourdeur. Il se promit d'examiner son contenu dès le soir venu. « Quant à ceci, continuait Anudar, tu en auras plus besoin que moi désormais... » Il éleva un objet empaqueté dans un tissu de soie, et le tendit au garçon qui le mit au jour. Les yeux de Khoris s'écarquillèrent de surprise. « Un couteau de bois galba ? dit-il avant de comprendre. _Mon couteau galba, oui, fit Anudar en souriant devant son étonnement. _Je ne peux pas accepter, protesta Khoris. C'est le couteau avec lequel... _Avec lequel je me suis enfui de Trantor lorsque l'Empire décida d'en massacrer tous les Exos, l'interrompit-il. Avec lequel j'ai mis fin aux jours de Chicxulub. » Le couteau galba était plus léger que la mémoire optique, mais il possédait une véritable aura qui en rendait le contact presque électrique. Khoris le retourna pour mieux le contempler. « Tu le porteras sous les manches de ton manteau, lui dit Anudar. Il m'a sauvé la vie à maintes reprises. Peut-être te portera-t-il chance. _Merci, Anudar, bredouilla Khoris. L'Arkhonte lui sourit encore et se leva. Le garçon l'imita aussitôt. « Je ne peux pas t'accorder plus de temps, lui dit Anudar. Rentre à présent chez toi, mon garçon... et repose-toi. Les jours qui viennent promettent d'être fatigants pour toi. » Et sur ces mots, l'Arkhonte tourna bride.
Le soir même, lorsque Khoris eut informé sa famille de l'étrange conversation qu'il avait eue avec l'Arkhonte, il se replia dans ses quartiers. Allongé sur son lit d'enfance, porte et fenêtre fermée, il utilisa sa machine mnémotechnique portative pour accéder à la mémoire optique. Il découvrit un certain nombre de chapitres classés par ordre chronologique... Il décida d'ouvrir le plus ancien, celui qui portait la date 260 E.F. / 210 E.E. et commença par conséquent sa découverte des souvenirs d'Anudar par la lecture de ces mots : je me souviens de Trantor, de sa gloire, de sa splendeur, et de sa chute..._________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois |
|  | | Anudar Orateur


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 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Mar 3 Fév - 8:37 | |
| [HRP]Message en deux parties. Bonne lecture ! N'oubliez pas que vos avis seront appréciés  ![/HRP] 2. Première chronique, première partie : 210 E.E..
L'Arkhonte Anudar Bruseis, au terme des missions qu'il remplissait pour le compte de l'Empire, avait l'habitude de venir chercher lui-même la lettre de recommandation des autorités compétentes. L'accord qu'il avait conclu avec le Maréchal Nas Cobol, vingt-et-une décennies auparavant, avait fait de l'Ellada la gardienne de la paix impériale dans le Secteur de Persée. L'Arkhonte, en tant que chef coutumier de son peuple, était donc le Général en charge du commandement impérial pour ce Secteur ; ce qui signifiait que l'Empire avait le droit de l'appeler à son service dans d'autres Secteurs de la Galaxie. La chose se produisait à une fréquence de plus en plus élevée, liée à la dégradation rapide du pouvoir impérial, et si Anudar n'avait pas souvent été confronté à l'échec, il avait perçu avec une urgence de plus en plus pressante la difficulté grandissante des missions qui lui étaient confiées par l'Empire. Les bons Généraux se faisaient rares, les chefs de guerre préféraient se tailler des royaumes dans la Périphérie barbare plutôt que de servir un Empire déclinant... Anudar avait dû, plus souvent qu'à son tour, résister à leurs assauts acharnés. S'il était assez facile de défendre le Secteur de Persée, où les sujets de l'Ellada préféraient tout compte fait la suzeraineté peu intéressée d'un peuple sans visées expansionnistes à une indépendance fragile dans une Galaxie de plus en plus hostile, d'autres Secteurs révélaient une propension à la barbarie de plus en plus marquée. Même les routes stellaires du Noyau galactique devenaient moins sûres et, alors qu'un siècle plus tôt Anudar faisait ce même voyage à bord de son seul croiseur Enosos , il était devenu nécessaire à présent pour lui de voyager à la tête d'une flottille des Forces Spatiales Elladiques y compris dans le voisinage de Trantor, pourtant la capitale de l'Empire. Le flanc du croiseur Enosos était percé, à la hauteur de ses quartiers, par une baie vitrée à travers laquelle Anudar appréciait de contempler l'espace. Pour l'instant, il ne voyait que la nuit sans fin de l'hyperespace... Dont l'Enosos ne tarderait pas à sortir. Trantor était à présent toute proche. Sans transition, l'espace normal se dessina sous ses yeux, et il sourit en reconnaissant la splendeur du noyau galactique. Trantor était située au plus près du trou noir central, si bien que les étoiles semblaient se presser dans son voisinage. Anudar savait que, sur Trantor même, le ciel nocturne était aussi lumineux que le ciel diurne sur Théra. Pourtant, peu de Trantoriens l'avaient jamais contemplé – car leurs villes étaient presque toutes dissimulées sous des dômes de métal. Seul le Palais de l'Empereur était à ciel ouvert, si bien que le premier aperçu de Trantor était celui d'un disque obscur tracé par-dessus la gloire du noyau. Le sourire d'Anudar disparut lorsqu'il remarqua quelque chose d'anormal autour de Trantor. Dans le même instant, un signal fut émis par son ordinateur, et il s'éloigna de la baie vitrée pour venir réceptionner le message annoncé. « Arkhonte Bruseis, je vous écoute, dit-il. _Ici le Polémarkhos Hypsolaos, lui répondit-on. Nous avons un problème, Arkhonte Bruseis. _Je pense l'avoir remarqué. Trantor sembe assiégée ? » Une nouvelle voix intervint sur le circuit, et Anudar reconnut celle de l'un de ses Mésiarches spécialiste des questions militaires, Tekhor Alcinias, qui se trouvait pour l'heure à bord d'un croiseur jumeau de l'Enosos , l'Adroklès . Au même instant, une image relayée par le Polémarkhos Hypsolaos, prise par les télescopes de bord, apparut à l'écran d'Anudar. « Trantor n'est pas juste assiégée, disait Alcinias. Elle est encerclée. _Quelle flotte oserait s'en prendre à l'Empire en son coeur ? s'étonna une nouvelle voix, celle du Mésiarche Lyor Arthénos. _Des rebelles, de toute évidence, commenta Tekhor Alcinias. Certains des attaquants portent l'emblème à l'aster et à l'astronef. » Anudar observa un silence. Depuis plusieurs décennies, les changements dynastiques de l'Empire s'étaient faits plus fréquents et plus violents, mais dans l'ensemble Trantor n'avait plus connu d'épisodes de violence tels que ceux qui avaient ponctué la sécession anacréonienne. Les Empereurs passaient sans que Trantor n'ait à en souffrir, et la plupart des coups d'état étaient des révolutions de palais. Mais une rébellion qui viendrait attaquer Trantor elle-même ? Cela n'avait pas de sens. Au même instant, des myriades de points lumineux apparurent sur la surface grise de la capitale impériale, et les yeux d'Anudar s'écarquillèrent. « Par la Sainte Triade ! s'exclama Mérène Okhrana, le troisième Mésiarche présent dans la flottille des FSE. Ces fous pilonnent Trantor ! _Arkhonte Bruseis, intervint le Polémarkhos Hypsolaos, des radars d'acquisition se sont verrouillés sur nous à l'instant. Nous sommes repérés. Quels sont vos ordres ? _Branle-bas de combat, répondit Anudar. Nous devons nous tenir prêts à toute éventualité. » Alcinias le contacta sur un signal privé. « Anudar, lui dit-il, une rapide approximation montre que les vaisseaux attaquants sont dix fois plus nombreux que les défenseurs... et par ailleurs, ils sont cent fois plus nombreux que nous. Si tu crois que nous pourrons équilibrer le combat, je préfère t'en dissuader tout de suite... _Je n'ai pas l'intention de m'engager aux côtés de l'Empire, répondit Anudar. L'accord conclu avec Cobol jadis ne nous impose aucune dévotion, que ce soit à la personne de l'Empereur ou bien à l'Empire. Cependant, je suis préoccupé pour les habitants de Trantor qui se trouvent pris entre deux feux... _Anudar, on ne peut rien pour eux ! _Pas si j'ai mon mot à dire, conclut Anudar. Il revint à la conversation publique. « Polémarkhos Hypsolaos, dit-il,j'aimerais disposer d'un canal de communication avec le Premier Ministre Arankar si elle est encore joignable... _Bien, Arkhonte Bruseis, répondit le Polémarkhos. Le nécessaire sera fait. _Mérène, toi et l'Adaka vous allez partir pour Théra, par la route la plus rapide. Les FSE là-bas devront être mises en état d'alerte maximale. Code ambre. Une invasion globale est à redouter. Les supplétifs alliés devront être mis à contribution pour la garde des frontières du Secteur de Persée, qui devront etre fermées dans les meilleurs délais. _Entendu, Anudar ! » L'Adaka se détacha du groupe des vaisseaux des FSE pour faire marche arrière tandis que les pentacontres réorganisaient leurs positions afin d'améliorer l'escorte des deux croiseurs elladiques restants. Anudar s'adossa dans son fauteuil et contempla l'image de la bataille qui s'était engagée autour de Trantor. « Les combats sont bien plus engagés que je le pensais, fit Alcinias. Les opérations de débarquement sont déjà commencées._________________  Passant, va dire à Sparte qu'aux Thermopyles ses fils sont morts pour obéir à ses lois
Dernière édition par Anudar le Mar 3 Fév - 8:39, édité 2 fois |
|  | | Anudar Orateur


Nombre de messages: 3921 Age: 29 Localisation: Lyon Date d'inscription: 22/07/2005
 | Sujet: Re: Anudar Bruseis, Arkhonte de l'Ellada : RP sur Fondation, bis repetita ! Mar 3 Fév - 8:38 | |
| _Une invasion globale, comprit Anudar. Les attaquants, quels qu'ils soient, désirent s'emparer de Trantor... _Si toutefois il reste quelque chose de Trantor lorsqu'ils en auront fini, émit Arthénos. Les dômes trantoriens, visibles à travers les télescopes embarqués, subissaient les impacts des lasers orbitaux et des missiles tirés par les astronefs attaquants. Anudar modifia la vue sur son écran et fit apparaître le Secteur Impérial. Depuis les continents de Trantor toute entière, il n'y avait que de là que le ciel ouvert était visible. Anudar se souvenait, jadis, de s'y être rendu pour le couronnement d'une Impératrice morte à présent ; mais pour l'heure, le Palais Impérial – bien que non encore la cible des attaquants – était lui aussi assiégé. En fait, la majeure partie de la flotte impériale orbitait à son aplomb, si bien que les Secteurs voisins n'étaient pas encore soumis à l'assaut. « Pas de surprises... L'Empereur préfère sauvegarder son confort plutôt que d'assurer la sûreté des habitants de Trantor, fit Alcinias avec mépris. La vue changea encore sur l'écran d'Anudar. Des transports de troupes attaquants déferlaient sur les Secteurs dont la défense croulait sous l'assaut, se massant aux bouches d'entrée des Dômes. L'Enosos et le reste de la flotte des FSE étant parvenus à portée du réseau informatique de Trantor, des images prises au sol déferlèrent dans un flot de commentaires affolés en standard. Aux bouches d'entrée, les soldats de l'Empire débordés tentaient un baroud d'honneur cependant que les renégats s'avançaient toujours plus nombreux. L'image se scinda et un présentateur pris dans une nappe de fumée ondulante se mit à lancer un par un les noms des Secteurs tombés. « Par la Sainte Triade, fit Arthénos dans un murmure, les mutins tiennent déjà plus d'un quart des secteurs de Trantor ! _Jamais l'Empereur ne pourra rétablir la situation, dit Alcinias. Tout est perdu pour lui... Même s'il ne le sait pas encore. _Il va pourtant le tenter, comprit Anudar. Il va tenter une vaine résistance et Trantor sera meurtrie au-delà de l'imaginable... » A cet instant, le son d'une communication entrante se fit entendre et Anudar suspendit la connexion avec Alcinias et Arthénos, car sur son écran, l'emblème à l'étoile et à l'astronef venait d'apparaître. « Général Bruseis, lui dit une voix d'une personne qu'il n'avait encore jamais rencontrée. _Empereur Dagobert VII, répondit Anudar en contemplant la mine sinistre de son interlocuteur. _Vous rangerez-vous à mon côté, ou bien à celui du rebelle Gilmer ? voulut savoir l'Empereur. _Sire, fit Anudar, je ne souhaite pas conduire une guerre dans les cieux de Trantor. _Alors, pourquoi êtes-vous encore ici ? Pourquoi ne fuyez-vous pas mon service, comme tous les autres Généraux présents dans les parages l'ont fait ? » Anudar prit une inspiration. « Sire, dit-il, les FSE n'étaient pas au courant de l'assaut sur Trantor. Nous avons une nouvelle fois supervisé le gouvernement impérial dans un Secteur éloigné... Nous venions chercher notre lettre de recommandation. _Il est à craindre que mes services compétents ne puissent pas vous remettre ce document, marmonna l'Empereur. Général Bruseis, j'ai vraiment besoin de votre aide. _Cela dépend ce que vous attendez de l'Ellada, Sire... _On dit que votre peuple a retrouvé sa force légendaire... commença l'Empereur. Devant la moue d'Anudar, il s'interrompit. « L'Ellada ne se battra pas pour l'Empire, dit-il. Nous avons signé jadis un accord avec le Consort d'une Impératrice sans pouvoir. Nous accordons une aide limitée à l'Empire en contrepartie d'avantages politiques sur Théra et dans le Secteur de Persée. Il est cependant stipulé dans les termes de notre accord que nous n'avons pas le droit d'intervenir à proximité de Trantor. L'Empire souhaite-t-il dénoncer cet accord ? _Je n'ai pas le temps d'entendre vos arguments légalistes, s'emporta l'Empereur. Je suis prêt à reconnaître votre prééminence dans le Secteur de Persée si vous garantissez ma sécurité ! » Anudar entendit aussitôt le clic caractéristique d'un message envoyé en mode texte : Lyor Arthénos attirait son attention. « Anudar, c'est inespéré, lui disait son ami. Nous aurions enfin une base légale pour nous défaire de la surveillance du Légat Impérial ! _De toute façon, au vu de l'évolution de la situation, l'autorité du Légat sera bientôt du passé, répondit Anudar sur le même mode. Nous allons obtenir bien plus. » Il revint à la conversation avec l'Empereur. « Sire, dit-il, votre proposition mérite d'être débattue. Je crains cependant qu'elle ne soit pas suffisante pour convaincre mon peuple... _Vous souhaitez des richesses ? s'insurgea l'Empereur. Cela ne vous ressemble pas ! _Nous ne souhaitons rien de tel, répondit Anudar. Nous souhaitons obtenir l'autorisation d'agir sur Trantor à notre guise, sans contrôle d'aucune sorte... au cas où le pouvoir impérial serait amené à s'en absenter. » Dagobert VII le regarda sans comprendre, et Anudar soutint son regard. Un deuxième, puis un troisième clic se firent entendre alors. Tekhor Alcinias : « S'il accepte ça, il reconnaît que nous serons en droit de nous emparer de la réalité du pouvoir impérial s'il doit s'enfuir de Trantor. Quelle revanche extraordinaire sur l'Empire ! » Lyor Arthénos : « Je ne pense pas que ce soit l'idée d'Anudar. Il pense plutôt à tout ce qui risquerait d'être perdu si Trantor était laissée à l'abandon... Les archives galactiques, la machinerie environnementale... Il y a tant de choses sur Trantor qui seraient utiles à l'Ellada. » L'Empereur finit par baisser les yeux. « Soit, dit-il à voix basse. Je vais vous faire envoyer le document officiel. Vous allez garantir ma sécurité ? _L'Enosos va être mis en orbite géostationnaire au-dessus du Secteur Impérial, répondit Anudar. Nul ne pourra vous bombarder depuis l'espace. En revanche, nos effectifs sont trop limités pour que nous soyons en mesure de vous couvrir au sol. Vous serez donc à la merci des assauts terrestres des rebelles. _Cela, j'en fais mon affaire, répondit l'Empereur. J'ai battu le rappel de mes alliés sur Trantor et à l'extérieur. Des troupes viendront nous appuyer très prochainement. Gilmer sera défait, je n'en doute pas. » A sa table de commandes, Anudar ferma les yeux. L'Empereur Dagobert VII n'avait pas encore compris que son destin était maintenant scellé. Il ne comprenait pas encore à quel point son entêtement allait coûter à Trantor. L'espace d'un instant, Anudar ressentit un malaise, car son offre conditionnelle d'assistance à l'Empereur aurait pour seule conséquence de prolonger la souffrance de la planète-capitale. Puis il prit une nouvelle inspiration et rouvrit les yeux. Au fond, rien n'avait d'importance devant le service qu'il devait à l'Ellada. Son malaise s'éteignit cependant qu'il songeait à la douce Théra où l'attendaient les siens. « Sire, reprit-il, je souhaiterais obtenir des nouvelles du Premier Ministre Arankar. _Elle est retranchée dans son Secteur d'origine, le Secteur de Nevrask, répondit l'Empereur avec une certaine distraction. Elle s'y est enfermée avec le tiers des mes troupes les meilleures. Maintenant, bien entendu, tous s'y trouvent assiégés, en pure inutilité...»
Clic . Lyor Arthénos : « Nevrask, le Secteur des ordinateurs ? Et cet imbécile trouve inutile qu'Arankar cherche à sauvegarder les technologies permettant de faire fonctionner Trantor toute entière ? » « Sire, fit Anudar, avec votre permission, une partie de nos forces iront soutenir Nevrask. Perdre un point d'appui aussi important à proximité du Secteur Impérial compromettrait votre sûreté. Nous allons tâcher de prolonger la résistance du Premier Ministre. _A votre guise, approuva l'Empereur Dagobert VII. Avec votre soutien, Trantor tiendra encore. » La communication fut interrompue. « Anudar, quelle est ton idée ? demanda Tekhor Alcinias. _Protéger l'Empereur, puisque nous achetons ainsi la légitimité qui nous manque dans le Secteur de Persée, répondit Anudar. Protéger Nevrask, puisque ce Secteur est indispensable à la survie de Trantor. » Sa main s'arrêta sur la carte de la planète-capitale... « Et protéger Stirling, conclut-il à voix basse, si nous le pouvons. »
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